Y a-t-il encore un capitaine à bord ?

C’est la question que l’on peut se poser quand on apprend que le conseil des ministres a davantage ressemblé à une foire d’empoigne qu’à une réunion où sont censées se prendre les grandes décisions pour le Pays.

En effet, les élections régionales et départementales laisseront des stigmates, créant la zizanie dans une majorité qui avait déjà perdu sa boussole depuis bien longtemps. Ainsi, Gérald Darmanin et Eric Dupond-Moretti, jamais avare d’un coup de sang, ont eu une vive explication de texte dans les salons de l’Elysée.

Cette altercation intervenant entre le ministre des policiers et le « ministre des prisonniers », il est aisé d’y voir la continuité de leurs désaccords.

Mais cet échange aurait pu n’être qu’un cas isolé si la ministre du travail n’avait pas eu à se plaindre au même moment de l’attitude de la ministre de la transition écologique. Toutes deux ont également eu des mots en marge du Conseil des ministres. Ambiance.

Le gouvernement se déchirant ouvertement, le président de la République a été contraint d’intervenir pour recadrer ses équipes en désavouant Barbara Pompili, qualifiée de déloyale. Reste toutefois un grand absent : le Premier ministre qui n’a pas su tenir ses troupes et qui est à l’origine du cafouillage électoral que l’on connaît.

Cette situation est symptomatique des fractures qui se dessinent de plus en plus au sein de la majorité LREM, tiraillée entre ses ailes droite et gauche ; situation identique au Parlement ! Le gouvernement, quant à lui, n’est à présent plus épargné.

En refusant depuis quatre ans de trancher en faveur d’une ligne politique claire, Emmanuel Macron se retrouve dans un rôle d’équilibriste de plus en plus dangereux. Cette confusion du « en même temps » contribue aussi à éloigner les Français de la politique, avec les résultats que l’on connaît sur l’abstention…