La Cour des Comptes pointe le manque de moyens des hôpitaux

Dans son dernier rapport au Parlement, la Cour des Comptes s’est intéressée particulièrement aux enseignements à tirer de la crise. Certaines critiques et inquiétudes déjà formulées par le passé sont ainsi ravivées. C’est le cas des soins intensifs et ceux de réanimation qui sont décrits comme « mal préparés à affronter la crise » : en presque dix ans, les équipements y ont moins progressé que le nombre de personnes âgées, qui représente les deux tiers des malades hospitalisés dans ce secteur. Si la France avait maintenu son ratio lit/personne de 2013, ce sont 1 000 lits supplémentaires dont nous disposerions aujourd’hui. Quand on sait que le gouvernement a échoué à porter leur nombre de 5 100 à plus de 14 000 après la première vague, c’est loin d’être négligeable... Alors que tous les efforts auraient dû porter sur le réarmement de l’hôpital et des services d’urgence, le gouvernement se retranche à présent derrière des arguties techniques. Mais on apprend également que le nombre de soignants est calculé en fonction du nombre de patients moyens plutôt que selon les lits disponibles… En plus de manquer de logique, cela prive ces services de la capacité d’adaptation nécessaire. Le constat est accablant ! Et pourtant, LREM s’est livré à son habituelle autosatisfaction. Pas un mot sur les failles que l’institution de la rue Cambon a mises en lumière dans notre système de santé. A écouter la majorité, on a l’impression de découvrir un autre rapport que celui que la Cour des Comptes a présenté. Cette attitude, à nouveau, pleine de suffisance, referme la porte à un changement d’orientation de la politique hospitalière du gouvernement. Enfin, les propos d’Emmanuel Macron à la sortie du Conseil européen renforcent encore ces inquiétudes. Estimant n’avoir aucun mea culpa à faire, la cécité touche jusqu’au sommet de l’Etat. Cela s’inscrit, presque logiquement, dans la continuité du mépris des autres institutions lorsqu’elles ne partagent pas l’avis du gouvernement. Plutôt que de prendre le tournant de la co-construction avec les collectivités territoriales et d’écouter enfin le Parlement face aux enjeux d’une crise extraordinaire, la majorité s’enferme toujours plus sur elle-même. Quitte à poursuivre dans l’erreur et à en faire payer le prix aux Français !