J’ai voté contre le projet de loi bioéthique

Examiné en dernière lecture à l’Assemblée nationale, le projet de loi bioéthique a été adopté, malgré la très large opposition des députés Les Républicains, dont la mienne, et le rejet à plusieurs reprises par le Sénat.

Bien que le président de la République ait annoncé sa volonté de dégager un consensus, il s’avère que, comme à son habitude, le gouvernement et LREM sont passés en force. Ils n’ont en effet tenu aucun compte des propositions d’amélioration des députés et des sénateurs Les Républicains.

Ainsi, ce texte soulève plus d’interrogations qu’il n’apporte de solution et il ouvre la voie à des pratiques auxquelles je reste résolument opposée. L’autoconservation des gamètes sans motif médical (cette pratique était autorisée en cas de risque d’infertilité), la modification génétique d’embryons humains ou des expériences permettant de mélanger ADN humain et animal (communément appelées chimères) ne sont que quelques exemples de ce qui va être rendu possible.

Si d’autres dispositions, comme la ROPA (technique qui permet de prélever un ovule fécondé d’une première femme pour l’implanter à une deuxième qui mènera la grossesse, leur permettant d’être toutes deux les mères), la gestation pour autrui ou la PMA post mortem ont heureusement été écartées, le risque de les voir se banaliser d’ici quelques années est réel. Certains députés n’ont d’ailleurs pas caché leur volonté de les inscrire à terme dans la loi.

Parce que certaines dispositions me paraissent résolument contraires à la dignité humaine, j’ai décidé, avec plusieurs de mes collègues, de saisir le Conseil constitutionnel pour qu’il s’exprime sur la conformité du projet de loi bioéthique avec nos textes constitutionnels.