Intervention sur le réaménagement du parvis de Notre-Dame de Paris



Madame la Maire,

Chers collègues,

Le 16 avril 2019, vous annonciez un don de 50 millions d’euros pour la restauration de la flèche de Notre-Dame.

Vous avez depuis réorienté cet argent public pour un réaménagement de son parvis et de ses abords qui s’annonce déjà opaque et peu démocratique.

Vous actez donc ne plus faire de don pour le chantier, puisque vous allez vous contenter d’effectuer des travaux auxquels la Ville est tenue en tant que propriétaire du parvis. La charge symbolique est forte et c’est regrettable.

En tant que présidente de la mission d’information sur le suivi de la restauration de Notre Dame, j’y suis particulièrement sensible.

De plus, si l’on se fie aux déclarations du Premier Adjoint, l’appel d’offres pour le réaménagement devait être lancé avant la fin de l’automne.

Nous y sommes, et n’avons toujours pas d’informations :

· sur le contenu de son cahier des charges,

· sur la composition du jury qui se réunira en début 2021,

· ni sur les modalités de la consultation citoyenne devant être lancée en janvier et des deux tours de dialogue, annoncés dans le même entretien.

Il est préoccupant que le projet de la Mairie sur ce sujet soit encore aussi flou. L’île de la Cité est un lieu à forte charge symbolique, pour tous les Parisiens et pour tous les Français. Des propositions en vue de son réaménagement avaient déjà soulevé des inquiétudes en 2016/2017. Après l’incendie de la cathédrale, le débat sera encore plus passionnel.

Enfin, nous sommes d’autant plus soucieux de l’avenir du parvis que nous avons l’exemple désolant des récentes transformations de places parisiennes, et de concertations publiques très orientées.

Nous attendons un processus exemplaire, et nous vous demandons :

- D’associer à l’élaboration du cahier des charges, puisque celui-ci n’est pas encore paru, l’ensemble des groupes politiques en fonction de leur poids électoral ;

- D’intégrer dans le futur jury l’ensemble des groupes politiques, selon la même logique ;

- D’annoncer à l’avance, et en toute transparence, l’organisation et la composition des deux « tours de dialogue » ;

- Et d’associer à la consultation citoyenne les riverains, les architectes des bâtiments de France, les associations de protection du patrimoine, ainsi que le diocèse.