Emploi : urgence, vous avez dit urgence ?



Le Premier ministre a lancé cette fin de semaine sa première conférence sociale. L’enjeu est d’ailleurs de taille, puisque les prévisions de l’assurance chômage sont alarmantes : avec 800 000 demandeurs d’emploi supplémentaires, la rentrée économique sera noire. Et que dire des 700 000 jeunes qui arrivent sur le marché du travail et qui seront confrontés au mur du chômage ?

Il y a urgence.

On ne peut donc que se réjouir que le président de la République et le Premier ministre en aient fait leur priorité. Nous nous retrouvons d’ailleurs sur l’objectif : empêcher un désastre, « quoi qu’il en coûte » et dont les jeunes seraient les premières victimes.

Cependant, il y a lieu de s’interroger sur la décision d’attendre la fin août pour présenter un plan de relance d’urgence alors que nous aurions pu l’étudier ce mois-ci en lieu et place du projet de loi bioéthique qui pouvait attendre la rentrée. De même que nous venons d’étudier le projet de loi de finances rectificative, regrettons là aussi que toutes les propositions des Républicains pour soutenir l’activité et l’emploi aient été rejetées. Un exemple : nous avons proposé une exonération de charges pendant un an pour l’emploi de jeunes de moins de 26 ans, jusqu’à 4,5 SMIC. La majorité a voté contre avant d’annoncer elle-même un dispositif moins ambitieux, puisque n’allant que jusqu’à 1,6 SMIC. De nombreux jeunes diplômés en seront donc exclus et auront toutes les difficultés du monde à trouver un emploi.

De même, la baisse temporaire de la TVA dans l’hôtellerie-restauration, également rejetée, aurait permis d’encourager l’activité des jeunes, qui sont particulièrement représentés dans ce secteur où la moyenne d’âge est de 35 ans, tout en relançant une filière parmi les plus éprouvées par la crise.

Attendre la rentrée pour agir, avec le plan de relance du gouvernement, c’est prendre le risque pour certaines entreprises et salariés qu’il n’y ait tout simplement plus de rentrée. Les Républicains ont montré qu’ils étaient prêts à voter des mesures pour l’emploi dès maintenant. Le gouvernement nous parle de plan de relance d’urgence mais, malheureusement, il n’a d’urgence que le nom…