Crise sanitaire : la politique de gribouille du gouvernement

Dernière mise à jour : 8 mars

La conférence de presse tenue cette semaine par le Premier ministre et le ministre de la Santé avait quelque chose de surréaliste ! En effet, tous deux ont annoncé le contraire de ce qu’Olivier Véran lui-même assurait il y a moins d’une semaine à l’Assemblée nationale lors des débats sur la loi instaurant un passe-vaccinal. Ce qui était alors refusé à l’opposition devient subitement la politique gouvernementale.

Comme trop souvent depuis le début de l’épidémie, il se dégage un sentiment de politique de gribouille et de tâtonnement de LREM dans l’élaboration de sa stratégie face à la crise sanitaire.


En effet, comme ne pas s’étonner de l’annonce pour le 2 février de la levée de l’obligation de télétravail en entreprise alors que, lors des discussions parlementaires, la majorité refusait catégoriquement la suppression des sanctions pour celles qui n’auraient pas respecté cette contrainte ?


De même, après avoir rejeté toutes les demandes de l’opposition à l’Assemblée nationale, mais également des sénateurs Les Républicains, d’assouplir les jauges dans les lieux accueillant du public, le Premier ministre a déclaré, sans ciller, qu’elles seraient supprimées.


Enfin, malgré les consignes données aux préfets d’imposer le port du masque en extérieur, voici que le chef de l’exécutif a annoncé aux Français qu’il ne serait plus nécessaire d’ici une semaine.


Et « en même temps », à contrecourant de la levée des principales restrictions, le gouvernement a confirmé l’entrée en vigueur du passe-vaccinal à partir de lundi, et donc un durcissement des conditions d’exercice de nombreuses libertés pour des millions de nos concitoyens.


Ainsi, le Sénat ne s’y trompe pas face au double langage de l’exécutif en votant la création d’une commission d‘enquête parlementaire. Elle jugera ainsi de l’opportunité de maintenir le passe-vaccinal alors que presque toutes les autres restrictions seront levées dans les tout prochains jours.