Couvre-feu : pourquoi ne pas privilégier une approche territoriale ?

Mis à jour : janv. 15

Si tout le monde comprend bien que la situation du gouvernement en temps de crise sanitaire est particulièrement difficile, le Premier ministre doit aussi admettre que l’on interroge certains de ses choix, voire que l’on s’inquiète parfois de sa stratégie.


L’annonce du couvre-feu généralisé à 18h est ainsi motif à questionnement. Pourquoi ne pas tenir compte de la situation sanitaire locale puisque certaines régions sont plus durement touchées que d’autres ? De plus, on ne peut que s’étonner de voir que l’on applique le couvre-feu de manière uniforme et arbitraire : ce qui a marché en Guyane est-il comparable avec la situation parisienne ? En effet, à Paris, cela va obliger les salariés à quitter prématurément leur lieu de travail et donc à se masser dans les RER, les métros ou les bus. Cela va donc de fait augmenter les risques de propagation du virus. De même la restriction des horaires d’ouverture des magasins, notamment alimentaires, va accroître ce phénomène en contraignant tout le monde à faire ses courses au même moment.


Cette stratégie est d’ailleurs en opposition avec ce que souhaitait pourtant le Premier ministre lorsqu’il affirmait vouloir « réduire les contacts sociaux en fin de journée » pour lutter contre l’épidémie…


Enfin, concernant la fermeture de tous les lieux culturels (théâtres, cinémas, musées, etc.), je m’étonne de l’obstination de la ministre de la culture qui cette semaine encore refusait de prendre en compte les exemples étrangers. Il y a là une incompréhension totale. L’Espagne, par exemple, a su les rouvrir sans qu’ils ne se révèlent être des clusters grâce à la prise de température, le port du masque, le siège de distance, voire des tests négatifs obligatoires.


Les contradictions sont nombreuses dans la stratégie du gouvernement et il est bien regrettable que les élus locaux ne soient pas plus entendus.