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« Bernard Debré commet une grave faute politique »
Brigitte Kuster dénonce les propos irresponsables et déplacés de Bernard Debré qui a déclaré aujourd’hui sur BFM : « Je vais conduire une liste autonome à côté de celle de Brigitte Kuster ».
Pour la maire du 17e, vouloir mener une 2ème liste à droite dans le 17e est une grave faute politique. Bernard Debré ferait courir, par ambition personnelle et politicienne, un risque inconsidéré à la droite à Paris qui, rappelons-le, n’a conservé le 17e qu’avec 2500 voix d’avance lors des dernières municipales.
Par ailleurs, les intentions de Bernard Debré sont pour le moins incohérentes : il se dit trop âgé pour briguer la mairie de Paris à 70 ans (cf.JDD hier), mais il est candidat à la mairie du 17e ! Est-ce à dire qu’il considère la mairie du 17e comme une pension de retraite ?
Bernard Debré n’a de cesse de donner des leçons à la terre entière et il condamne à Paris « la droite la plus bête du monde », mais qu’a-t-il fait lui si ce n’est critiquer ? Bernard Debré est le meilleur exemple de ce qu’il dénonce.
Entretien de Brigitte Kuster au journal Tribune Juive
Dans le cadre de la campagne des élections législatives, Tribune Juive donne la parole à différents candidats en toute impartialité.
Nous avons rencontré Brigitte Kuster, maire du 17ème arrondissement de Paris, non investie par l’Ump et qui se présente face à Bernard Debré que Tribunejuive.info a déjà interviewé.
Tribunejuive.info : Votre candidature aux élections législatives suscite bien des vagues. Comment expliquez-vous cela ?
Brigitte Kuster : Je n’en suis pas responsable. Je crois beaucoup en l’éthique en politique. L’agressivité et la calomnie sont des comportements qui me sont parfaitement étrangers. Je mène une campagne déterminée et sereine entourée d’une formidable équipe. Je défends mon bilan en tant que maire UMP du 17e et je présente un projet qui est le fruit de mon expérience d’élue de Paris depuis 11 ans et de ma volonté de proposer un véritable choix à droite aux électeurs de la 4e circonscription.
Tjinfo : Pouvez-nous rappeler le découpage de la circonscription à laquelle vous vous présentez ?
BK : Le gouvernement a décidé en 2009 de supprimer 3 circonscriptions à Paris, dont une à l’ouest. La circonscription de Françoise de Panafieu, qui rassemble les quartiers Ternes et Monceau dans le 17e, a été élargie aux quartiers Chaillot et Dauphine dans le 16e. La nouvelle circonscription se situe pour les deux tiers dans le 17e : 48 000 électeurs dans le 17e et 23 000 dans le 16e.
Cette circonscription est acquise à la droite puisque Nicolas Sarkozy a obtenu 75% des voix. Les électeurs auront donc un véritable choix à droite puisque la gauche n’a aucune chance de l’emporter. Un choix entre l’avenir et le passé. Un choix entre deux visions radicalement différentes de l’engagement politique.
Tjinfo : Votre légitimité est-elle reconnue par les électeurs et qu’allez-vous leur apporter par rapport aux autres candidats ?
BK : Les électeurs ont compris que si nous voulions préparer l’avenir, il fallait renouveler la classe politique, et que les élections législatives étaient l’occasion rêvée pour le faire.
Je crois aussi que le rapport à la politique a changé. Les électeurs se disent : qu’est-ce que mon député peut faire concrètement pour moi ? La proximité est une dimension fondamentale. Ils veulent des élus concernés, qui partagent leur quotidien et vivent dans le territoire qu’ils représentent.
Il ne faut surtout pas négliger l’échelle locale, notamment dans une circonscription très ancrée à droite où les électeurs ont parfois le sentiment que l’on ne s’occupe pas suffisamment d’eux au quotidien.
Ma candidature est la seule à droite qui offre à la fois l’expérience de la gestion d’un grand arrondissement comme le 17e et un véritable renouvellement à droite.
Tjinfo : Vous êtes maire du 17eme arrondissement de Paris et avez succédé à Françoise de Panafieu. Quel a été votre parcours politique ?
BK : Françoise de Panafieu a été une femme déterminante dans mon parcours politique. Elle m’a fait confiance pour lui succéder à la mairie du 17e, et son soutien aujourd’hui est une reconnaissance du travail accompli depuis 4 ans à ce poste. Son choix de passer la main à la génération suivante est un geste rare en politique où souvent les élus s’accrochent indéfiniment à leur mandat. Françoise de Panafieu n’a jamais fait de la politique pour durer, mais pour servir.
Mon parcours politique commence très jeune au RPR où je militais avec mon mari qui était alors président des Jeunes du mouvement. Les membres de son équipe rapprochée étaient Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux ou encore Roger Karoutchi. Les liens qui se sont créés demeurent très forts aujourd’hui.
Sur le plan professionnel, j’ai toujours travaillé dans la communication, au sein d’un grand groupe international ou auprès de personnalités importantes comme Michèle Alliot-Marie ou Michel Barnier. Je conserve avec chacune d’elles un rapport privilégié.
Sylvie Bensaid
TweetDu calme Monsieur Debré !
Voilà plusieurs semaines que la campagne législative a débuté et pas un jour ne passe sans que Bernard Debré ne s’en prenne à moi, avec des mots d’une extrême violence. Le mensonge tient une bonne place dans sa campagne qu’il ne consacre qu’à m’agresser.
Bernard Debré ment lorsqu’il m’attaque sur le cumul des mandats. Il m’accuse d’être maire, conseillère de Paris et conseillère générale. Il ignore que Paris est à la fois commune et département et que le maire d’arrondissement n’est pas de plein exercice. Aucun de ces mandats parisiens ne se cumulent puisqu’ils sont un tout. Je suis donc maire du 17e et conseillère régionale.
Une ignorance que je mets sur le compte de son absence chronique au Conseil de Paris. Il est, en effet, le conseiller de Paris qui détient la palme de l’absentéisme.
D’autre part, est-il vraiment bien placé pour condamner le cumul alors qu’il fut maire d’Amboise, conseiller général et député d’Indre-et-Loire. Qu’en disait-il alors ? Nul ne s’en souvient. C’était bien sûr avant que les défaites cinglantes ne le rattrapent et qu’il n’atterrisse sans grand panache dans le 16e.
Un cumul qui s’étend d’ailleurs au-delà de la seule sphère politique. La liste de ses titres et fonctions professionnelles est stupéfiante : président de la Fondation Santé des étudiants de France, membre du Comité consultatif national d’éthique, membre de l’Académie des sciences d’outre-mer, chef du service d’urologie de l’East Hospital de Shanghai, professeur à l’Université de Tong Ji, vice-président de l’Institut d’Urologie de Pékin, professeur de médecine et praticien hospitalier à plein temps (sic) à l’APHP. Sans parler des salaires qui vont avec ! Vous comprendrez dès lors que les leçons de Bernard Debré en la matière me laissent de marbre.
Il m’accuse également d’être dissidente, et ne trouve pas de mots assez durs pour qualifier ma démarche. Une fois encore Bernard Debré à la mémoire courte. A-t-il déjà oublié qu’il fut lui-même dissident lors des législatives de 2007 ? Il estimait même alors que l’offre alternative que représentait sa candidature était une chance pour la droite…
TweetLa droite doit se renouveler pour préparer l’avenir
Jean-François Copé plaide coupable : moins de 30% de femmes ont été investies par l’UMP aux législatives. Une situation qu’il justifie par le nombre importants de sortants (317 députés) et par l’ancrage local très fort de beaucoup d’entre eux. L’UMP n’est donc pas en conformité avec la loi, loin s’en faut et devra à ce titre acquitter une amende qui devrait amputer près du quart de sa dotation publique.
Je reconnais volontiers la difficulté de l’exercice qui incombe au Secrétaire général, mais j’estime qu’accorder la prime absolue aux sortants s’avère néfaste au renouvellement à droite, qui doit pourtant être la priorité. Chacun sait que certains parlementaires devraient, compte tenu de leur âge et/ou du nombre de mandats consécutifs à leur actif, passer la main à la génération plus jeune. C’est ce qu’ont fait Roselyne Bachelot et Françoise de Panafieu, alors que toutes deux auraient parfaitement pu se représenter.
Face à une gauche qui a su se renouveler (29 ministres n’ont jamais participé à un gouvernement), l’UMP doit proposer un nouveau visage, plus jeune et moderne. Prendre les mêmes et recommencer, ce n’est pas ce qu’attendent nos électeurs qui espèrent avant tout un sursaut, notamment à Paris où le renouvellement à l’UMP est primordial.
Ma situation est en tout point révélatrice du malaise qui règne actuellement à l’UMP. Je suis maire du 17e depuis 4 ans, élue de Paris depuis 2001, j’ai le soutien de la députée sortante Françoise de Panafieu, je suis membre du Bureau politique ; pourtant je n’ai pas été investie dans la 4e circonscription qui se situe pour les deux tiers dans le 17e. La commission d’investiture, malgré l’opposition de certains de ses membres, a préféré Bernard Debré, député du 16e, âgé de 68 ans, qui détient la palme de l’absentéisme au Conseil de Paris, et qui, en prime, n’habite même pas la circonscription. Quel ancrage local !
Je pourrais être en guerre contre mon parti qui a choisi de ne pas investir une seule femme dans les circonscriptions favorables à la droite à Paris, il n’en est rien. Je suis fidèle à mes convictions et je mène campagne pour que nous l’emportions au mois de juin. Je suis convaincue que le travail de terrain et la proximité valent n’importe quelle étiquette, surtout dans une circonscription qui a voté à 75% pour Nicolas Sarkozy. Il n’y a aucun risque que la gauche l’emporte. Les électeurs auront, enfin, un véritable choix à droite. Celui du passé et de l’immobilisme ou celui de l’avenir à droite. S’ils font le choix de l’avenir, alors je serai la seule femme de droite députée de Paris.
TweetBrigitte Kuster répond aux attaques de Bernard Debré
Bernard Debré a publié aujourd’hui une lettre sur son site me mettant en cause personnellement et dans laquelle les excès de langage le disputent aux affirmations mensongères et diffamatoires. Tout cela semble révéler une certaine fébrilité de sa part.
Ma réponse sera à l’opposé de cette lettre, concise et vérifiable :
Ses attaques malhonnêtes préfigurent mal d’une campagne que je souhaite, pour ma part, porter sur les projets et non sur une guérilla de personnes. Ce qu’il affirme révèle sa méconnaissance des réalités de la situation locale. Rien de ce qu’il dit ne peut remettre en cause ma légitimité. Je suis élue de Paris depuis 11 ans, maire du 17e depuis 4 ans et j’habite cette circonscription depuis 30 ans. Ma légitimité est incontestable.
J’estime, par ailleurs, que l’heure n’est pas aux règlements de compte. Les électeurs attendent autre chose de leurs représentants. La réélection de Nicolas Sarkozy est ma priorité et doit tous nous mobiliser. Le moment que choisit Bernard Debré pour se livrer à la calomnie constitue donc, à mes yeux, une faute lourde. Privilégier son sort personnel alors que l’essentiel se joue dans un mois n’est pas la hauteur d’un parlementaire.
Aussi, n’ai-je pas l’inélégance de rappeler les échecs électoraux qui l’ont conduit, il y a 8 ans, à se présenter à Paris…, ni les critiques dont il est l’objet dans Le livre noir des médecins stars (d’Odile Plichon, Stock), qui dénonce son cumul effréné de fonctions professionnelles et politiques (pour quel résultat ? la palme de l’absentéisme au Conseil de Paris), sans même parler d’« un petit arrangement avec la vérité » (www.lexpress.fr, le 27 mars)… Je n’ai absolument aucune leçon à recevoir de sa part.
Je conclurai d’une phrase : la politique s’adresse à l’avenir, son texte est conjugué au passé. Je veux, pour ma part, situer ma campagne sur un tout autre terrain : celui des propositions, de la proximité et de l’écoute de nos concitoyens.
Brigitte Kuster, candidate dissidente, part en campagne
LE PARISIEN, le 19 mars – Emmitoufflée dans sa parka rouge,la maire (UMP) du XVIIe arrondissement, Brigitte Kuster, est partie en campagne ce week-end. Candidate dissidente contre Bernard Debré, le député du XVIe investi par l’UMP, elle a distribué son premier tract dans la rue de Levis, une rue commerçante. « Je suis candidate pour succéder à Françoise de Panafieu », martèle-t-elle, souriante, aux passants. « Je vous soutiens, les femmes sont compétentes en politique », lui lance Albina, une gardienne. Un fleuriste s’empresse de lui prendre une pile de tracts. « Je les remettrai à mes clients », lui assure-t-il.
Le nouveau découpage des circonscriptions a embrouillé les électeurs, qui ne savent plus toujours dans laquelle ils vont voter. Pédagogue, Brigitte Kuster leur montre les nouveaux contours de sa circonscription. Elle se présente dans la 4e, à cheval sur le XVIIe chic et le XVIe. Une riveraine de la rue de Saussure l’interpelle sur la présence de Roumains dans son quartier. « Je n’ai pas le pouvoir de régler cette situation mais je relance un voeu sur l’extension de l’arrêté antimendicité dans le quartier des Ternes », au Conseil, confie-t-elle à cette femme, qui l’accuse de ne rien faire sur le sujet. Ce soir, elle inaugurera sa permanence, rue Galvani.
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