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Du calme Monsieur Debré !
Voilà plusieurs semaines que la campagne législative a débuté et pas un jour ne passe sans que Bernard Debré ne s’en prenne à moi, avec des mots d’une extrême violence. Le mensonge tient une bonne place dans sa campagne qu’il ne consacre qu’à m’agresser.
Bernard Debré ment lorsqu’il m’attaque sur le cumul des mandats. Il m’accuse d’être maire, conseillère de Paris et conseillère générale. Il ignore que Paris est à la fois commune et département et que le maire d’arrondissement n’est pas de plein exercice. Aucun de ces mandats parisiens ne se cumulent puisqu’ils sont un tout. Je suis donc maire du 17e et conseillère régionale.
Une ignorance que je mets sur le compte de son absence chronique au Conseil de Paris. Il est, en effet, le conseiller de Paris qui détient la palme de l’absentéisme.
D’autre part, est-il vraiment bien placé pour condamner le cumul alors qu’il fut maire d’Amboise, conseiller général et député d’Indre-et-Loire. Qu’en disait-il alors ? Nul ne s’en souvient. C’était bien sûr avant que les défaites cinglantes ne le rattrapent et qu’il n’atterrisse sans grand panache dans le 16e.
Un cumul qui s’étend d’ailleurs au-delà de la seule sphère politique. La liste de ses titres et fonctions professionnelles est stupéfiante : président de la Fondation Santé des étudiants de France, membre du Comité consultatif national d’éthique, membre de l’Académie des sciences d’outre-mer, chef du service d’urologie de l’East Hospital de Shanghai, professeur à l’Université de Tong Ji, vice-président de l’Institut d’Urologie de Pékin, professeur de médecine et praticien hospitalier à plein temps (sic) à l’APHP. Sans parler des salaires qui vont avec ! Vous comprendrez dès lors que les leçons de Bernard Debré en la matière me laissent de marbre.
Il m’accuse également d’être dissidente, et ne trouve pas de mots assez durs pour qualifier ma démarche. Une fois encore Bernard Debré à la mémoire courte. A-t-il déjà oublié qu’il fut lui-même dissident lors des législatives de 2007 ? Il estimait même alors que l’offre alternative que représentait sa candidature était une chance pour la droite…
TweetPourquoi je suis opposée au vote des étrangers aux élections locales ?
C’est une promesse de François Hollande que d’autres à gauche ont faite avant lui, sans jamais la tenir. Il semble cette fois que le PS et ses alliés soient totalement acquis à la cause. Cette décision entraînerait un bouleversement institutionnel qui, à mes yeux, serait une atteinte grave à la définition même de la nationalité, pierre angulaire de notre République.
Que les choses soient claires : mon opposition n’a rien à voir avec une quelconque « peur des étrangers ». Je refuse ce raccourci que la gauche emprunte à l’encontre de ceux qui s’opposent à la reconnaissance d’un tel droit. Elle ferait mieux sur ce sujet, comme sur d’autres, d’éviter toute forme d’ostracisme qui ne conduit qu’à une chose : faire le jeu des extrêmes. Mon opposition répond à un objectif : maintenir la nationalité au sommet de l’édifice républicain.
La loi électorale conditionne jusqu’à présent le droit de vote à la nationalité, et ce sans distinguer s’il s’agit d’une élection locale ou nationale. Elle est la cause et l’objet même du droit de vote. Et doit le demeurer.
Dans un pays qui reconnaît le droit du sol, autrement dit qui accorde la nationalité à toute personne qui naît sur le territoire national, il est naturel que les droits civiques soient plus encadrés. En clair, l’accès à la nationalité en France n’est pas aussi restrictif qu’en Allemagne et chez certains de nos voisins européens qui appliquent le droit du sang. Est-il dans ces conditions utile d’assouplir davantage un système qui l’est déjà suffisamment ? Je ne le crois pas, d’autant que cela conduirait à affaiblir la nationalité
Le droit de vote doit demeurer un ensemble cohérent et indivisible qui ne distingue pas les scrutins. Rien n’empêche à un étranger en situation régulière de poursuivre un parcours d’intégration réussi et d’obtenir au bout de 10 ans la nationalité.
D’autre part, le rapprochement, qui est souvent fait avec les ressortissants de l’UE pour justifier cette telle réforme, ne tient pas. Car, au-delà du principe de réciprocité entre les Etats-membres, un projet commun uni les peuples qui ont choisi de mutualiser une partie de leur destin.
Enfin, le droit de vote implique le droit d’être élu. Des étrangers pourraient ainsi devenir maire ou adjoint au maire. Ils accéderaient immédiatement au statut de grands électeurs qui permet de voter aux élections sénatoriales. Il y aurait donc par ricochet un droit de vote reconnu aux étrangers pour les élections nationales.
Pour toutes ces raisons, j’y suis opposée.
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