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Questions au Préfet de police 2001

Archives des questions au Préfet de police : 2006 2005 2004 2003 2002 2001

 

 

Séances des 3 et 4 décembre 2001


 
Séances des 3 et 4 décembre 2001 : question relative à l'ouverture d'un nouveau local de scientologie dans le 17e arrondissement.
Monsieur le Préfet de police,
à plusieurs reprises avec Françoise de PANAFIEU, maire du 17e, et sa majorité municipale, nous avons été amenées à évoquer ensemble des dérives sectaires.
En effet, la scientologie vient d'ouvrir un nouveau local dans le 17e arrondissement, portant ainsi à 11 le nombre de ses points d'ancrage : elle organise souvent des manifestations, toujours dans ce même arrondissement, et ses adeptes font du prosélytisme en abordant régulièrement les passants dans la rue, aux alentours de ces lieux, une fleur à la main.
Aussi, je me fais, avec Françoise de PANAFIEU, l'interprète des habitants du 17e pour dire leur malaise et leur inquiétude pour leurs enfants qui reviennent seuls de l'école et croisent le chemin de ces lieux à partir desquels la scientologie déploie son action. Nous disons aussi avec eux notre incompréhension devant l'incapacité des pouvoirs publics à agir ; si la liberté de croyance et la liberté d'association sont deux grands principes fondamentaux de la République, ils ne doivent pas pour autant permettre de s'affranchir des lois et des règlements en vigueur.
Le 12 juin dernier, les députés avaient pris des dispositions législatives en vue de renforcer la prévention et la répression des mouvements sectaires. Et pourtant, les faits attestent que tout cela ne suffit pas.
Monsieur le Préfet, pourriez-vous nous apporter votre éclairage sur cette situation : comment empêcher les sectes d'envahir nos arrondissements et de quels moyens disposez-vous effectivement pour agir ?
 
réponse à la question relative à l'ouverture d'un nouveau local de scientologie dans le 17e arrondissement.
L'église de scientologie est une association répertoriée parmi les groupements sectaires par les rapports parlementaires sur les sectes.
Je puis vous indiquer que la lutte contre les infractions commises par ces groupements constitue une priorité pour la Préfecture de police, conformément aux instructions du Gouvernement et dans le respect de la loi. Les mesures de vigilance les plus strictes sont prises actuellement par les services de la Préfecture de police.
C'est ainsi que le commissariat central du 17e arrondissement, avant même l'ouverture de ce nouveau local au 4, rue des Moines, avait pris l'initiative de mettre en garde les responsables de cet établissement, par procès-verbal, en leur notifiant que tout débordement ou action de prosélytisme sur la voie publique serait susceptible de faire l'objet de poursuites judiciaires.
En complément de cette démarche, les fonctionnaires locaux ont été sensibilisés à cette nouvelle implantation sur la Capitale et aux risques que ce groupement pouvait représenter pour les personnes fragiles et spécialement les mineurs.
Par ailleurs, des instructions ont été données aux effectifs de cet arrondissement afin d'assurer une présence régulière de policiers dans l'environnement immédiat du local, de relever et de verbaliser toutes les irrégularités constatées, notamment au niveau de la distribution de tracts.
En effet, l'arrêté préfectoral du 21 juillet 1982 interdit la distribution de tous documents lorsqu'elle provoque une gêne à la circulation des véhicules ou des piétons.
De plus, toute distribution de tracts est interdite place des Ternes et place de Clichy, ainsi que dans un rayon de 100 mètres sur les voies aboutissant à ces places.
Par ailleurs, la distribution de tracts aux conducteurs de véhicules constitue une contravention de 4e classe réprimée par l'article R. 412-52 du Code de la route. Afin de prévenir d'éventuelles infractions, un point visibilité rencontre dissuasion a été rapidement implanté aux abords du 4, rue des Moines.
J'ajoute que la loi du 12 juin 2001 tendant à renforcer la prévention et la répression des mouvements sectaires portant atteinte aux doits de l'homme et aux libertés fondamentales a notamment créé une incrimination particulière pour réprimer le délit d'abus frauduleux de l'état d'ignorance ou de faiblesse.
A ce jour, aucun service spécialisé n'a été saisi à ce titre. Si tel était le cas, je puis vous assurer que les forces de police, qui ont été sensibilisées à ce sujet, engageront des poursuites afin de réprimer les auteurs de ces agissements.
Ces différentes mesures préventives, alliées aux moyens issus du récent dispositif répressif, me paraissent de nature à garantir une réaction immédiate de la Préfecture de police en cas de dérive sectaire de la part de cette association.
Mme Brigitte KUSTER :
Vous avez parlé, si je vous ai bien entendu, d'interdiction de distribution place des Ternes et place de Clichy. Or, le local en question ne se trouve pas à proximité de ces deux places, mais plutôt près de la place Félix-Lebligeois en l'occurrence. Donc, ne serait-il pas possible, par exemple, Monsieur le Préfet, d'interdire le colportage, la distribution de ces tracts d'origine sectaire aux abords d'établissements accueillant des publics particulièrement sensibles et, par conséquent, d'inclure en l'occurrence, de fait, cette place Félix-Lebligeois, qui est au cœur de l'implantation ?
M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE :
Je comprends bien votre demande, mais il faut savoir que quand on met en place ce type de périmètre, c'est sous le contrôle du juge.
Cette question mérite un examen approfondi auquel va procéder la Préfecture de Police, mais je ne peux pas vous apporter de réponse en séance.

 
Séances des 3 et 4 décembre 2001 : question relative au respect du code de la route par les conducteurs d'autobus.
La fluidité du trafic dans Paris et le respect du Code de la route font partie des sujets qui retiennent toute l'attention de M. le Préfet de police. Aussi, serait-il possible que la rigueur et la sévérité dont les agents font preuve à l'encontre des automobilistes et des motocyclistes, soient les mêmes pour les conducteurs d'autobus ?
En effet, qui n'est pas témoin régulièrement du non-respect des feux rouges et d'engagements d'autobus dans des carrefours sans possibilité d'avancer, bloquant ainsi la circulation.
Au vu de cette situation, qui malheureusement semble devenue, pour certains conducteurs, une habitude de conduite aux conséquences graves en matière de sécurité, à l'origine de nombreux accidents et aux répercussions avérées en matière de circulation, Mme Brigitte KUSTER et les membres du groupe Rassemblement pour la République et apparentés" souhaitent connaître les dispositions envisagées par M. le Préfet de police.
  réponse à la question relative au respect du code de la route par les conducteurs d'autobus.
Les conducteurs des autobus de la R.A.T.P. reçoivent une formation professionnelle dont le contenu est fortement axé sur le respect des règles du Code de la Route lors de la conduite d'un véhicule.
Par ailleurs, lorsque le conducteur d'autobus commet une infraction, telle le franchissement d'un feu rouge fixe ou encore l'engagement dans un carrefour en y restant immobilisé et en empêchant le passage des véhicules circulant sur les autres voies, celui-ci ne manque pas d'être verbalisé, lorsque les circonstances le permettent.
Le non-respect de l'arrêt absolu devant un feu de signalisation fixe ou clignotant est ainsi puni de l'amende prévue pour les contraventions de 4e classe (900 F) et d'une réduction de plein droit de 4 points du permis de conduire. Une peine complémentaire de suspension, pour une durée de 3 ans au plus, est également encourue par le conducteur.
Quant à l'infraction consistant à s'engager dans un carrefour sans s'être assuré que son véhicule ne risquait pas d'y être immobilisé et d'empêcher le passage des véhicules circulant sur les autres voies, elle est punie d'une amende prévue pour les contraventions de la 4e classe.
Le conducteur fautif est, de plus, considéré par l'entreprise comme ayant commis une faute professionnelle.
Il n'est pas possible de quantifier le nombre de procès-verbaux de contravention établis à l'encontre de ces conducteurs, dans la mesure où à l'heure actuelle, les statistiques de la Préfecture de police, en matière de verbalisation, ne permettent pas de différencier les catégories de chauffeurs fautifs.
Les seules statistiques disponibles concernant les infractions commises par cette catégorie de chauffeurs sont celles établies à la suite d'accidents corporels ayant impliqué des conducteurs d'autobus.
Ainsi, entre le 1er janvier et le 30 septembre 2001, sur les 183 accidents dont 3 mortels ayant impliqué des conducteurs d'autobus sur l'ensemble de la Capitale, 37 ont trouvé leur origine dans une infraction commise par le chauffeur de bus :
- 17 pour inobservation de la priorité d'un piéton ; - 7 pour changement de direction sans précaution ; - 5 pour vitesse excessive en raison des circonstances ; - 3 pour inobservation de la priorité à droite ; - 4 pour inobservation des précautions à l'approche d'une intersection ;
- 1 pour franchissement d'un feu rouge ou clignotant.
Dans tous les cas je n'ai pas manqué, à l'occasion de votre intervention, de renouveler les consignes de fermeté à l'égard des services chargés de veiller au respect des règles du code de la route par l'ensemble des usagers, afin que toutes les infractions qu'ils seraient à même de constater, notamment celles commises par les conducteurs d'autocars, soient sanctionnées avec détermination.
A titre d'exemple, en ce qui concerne l'infraction relative au franchissement d'un feu rouge, les actions répressives menées par les services de police se sont traduites, au cours des neuf premiers mois de l'année 2001, toutes catégories d'usagers confondues, par la rédaction de 28.948 procès-verbaux de contravention. Je rappelle, enfin, que la réforme du service de la circulation, qui se traduira par un doublement des effectifs à l'horizon du premier semestre 2002 grâce à l'arrivée d'agents de surveillance de Paris (ASP), qui auront la qualité d'agent de police judiciaire adjoint et seront assermentes en matière de police routière, permettra de renforcer, très sensiblement, l'efficacité de l'action de la Préfecture de police en faveur de la sécurité routière.
 

 
Séances des 3 et 4 décembre 2001 : question relative à la présence de prostituées aux abords d'établissements scolaires.
Monsieur le Maire, Monsieur le Préfet,
je souhaite me faire ici le porte-parole des parents d'élèves du lycée Honoré-de-Balzac situé 118, boulevard Bessières. En effet, ils sont confrontés quotidiennement à la présence de prostituées sur le trottoir en face même de l'entrée de l'établissement. Ces jeunes femmes mineures pour la plupart ont l'âge des lycéennes ce qui accroît vous le comprendrez leur malaise.
De plus, derrière le lycée, longeant le cimetière des Batignolles, rue Saint-Just et rue Pierre-Rebière on trouve une population qui elle, est souvent plus dénudée, voire quasiment nue, postée à la sortie du parking du lycée. Les travestis y sont apparemment cantonnés. Dans ces mêmes lieux stationnent minibus et remorques de camions autour desquels circulent les habitués de jour comme de nuit.
Monsieur le Préfet, au vu de cette situation intolérable qui crée un environnement pour le moins préjudiciable et défavorable pour plus de 800 élèves, nous aimerions savoir quelles sont vos intentions. Mais ne nous trompons pas d'objectif, il ne s'agit pas de cautionner une action de répression qui n'aurait comme seul objectif de s'en prendre aux prostituées et en aucun cas aux exploiteurs proxénètes et autres, car ces femmes et ces jeunes filles qui vendent leurs charmes sont aussi des victimes de souteneurs qui n'hésitent pas à les frapper sous les yeux des élèves, victimes des propos orduriers de leurs "clients" qui, par ailleurs interpellent certains élèves dans les mêmes termes.
Cette situation ne peut plus durer.
Je vous demande, Monsieur le Préfet, de mettre tous les moyens possibles pour que soit trouvée une solution dans les plus brefs délais qui normalise enfin les abords de cet établissement scolaire.
 

 

réponse à la question relative à la présence de prostituées aux abords d'établissements scolaires.
Les boulevards des Maréchaux, et tout particulièrement ceux situés dans les secteurs de l'Ouest, du Nord-Ouest et du Nord de la capitale font l'objet de la plus grande attention de la part de mes services, en raison des activités de prostitution qui s'y déroulent.
Les surveillances exercées par les fonctionnaires locaux de la Direction de la Police urbaine de proximité ont permis de recenser 48 prostituées et travestis dans le 17e arrondissement dont 25 sur le boulevard Bessières.
Depuis le début de l'année 2001, ces mêmes effectifs ont procédé à l'établissement de 73 procès-verbaux pour racolage actif dont 38 dans le secteur du boulevard Bessières.
Au cours de ces dix derniers mois, cinq procédures ont également été établies pour exhibitions sexuelles.
Sensibilisés aux nuisances engendrées par la prostitution, les services de police multiplient les opérations de contrôle sur les sites concernés, notamment aux abords du lycée Honoré de Balzac, situé à l'angle de l'avenue de la porte de Clichy et du Boulevard Bessières.
6 à 8 prostituées exerçant leurs activités dans des véhicules stationnés rue Pierre-Rebière ont ainsi été identifiées sur ce site. Il convient de rappeler que la seule présence de prostituées sur la voie publique ne constitue pas un acte répréhensible, même si elle se situe aux abords d'un établissement scolaire.
Les services de police ont néanmoins bien pris en compte cette situation et la gêne qui en résulte pour les élèves.
Les effectifs locaux procèdent régulièrement à la verbalisation du stationnement illicite sur la voie publique de prostituées utilisant des camionnettes, mais également des automobilistes "clients" et lorsque les conditions sont réunies, à l'enlèvement de ces véhicules.
A l'occasion de la dernière rentrée scolaire, les consignes de vigilance et de répression des infractions ont été renouvelées et leur application fait l'objet d'un suivi très attentif.
J'ajoute que le 5 novembre 2001, les responsables du bureau de coordination opérationnelle du commissariat central ont contacté le proviseur du lycée Honoré-de-Balzac, afin de l'informer de l'action policière engagée. Une réunion est, en outre, prévue avec les représentants de cet établissement scolaire, des parents d'élèves et du commissariat central.
Soyez assurée que l'action de l'ensemble des services de la Préfecture de Police sera activement poursuivie dans le cadre législatif et réglementaire en vigueur.
Mme Brigitte KUSTER :
Je me réjouis d'apprendre qu'une réunion va avoir lieu avec le proviseur et les parents d'élèves qui sont dans l'état que vous pouvez imaginer.
J'aimerais qu'on prenne conscience du quotidien de ces enfants et des parents qui voient des lycéens sortir avec des jeunes filles du même âge, des élèves quittent cet établissement mais je pense aux enfants qui restent, qui n'ont pas d'autres choix que de rester dans cet établissement scolaire.
J'ai entendu ce que vous disiez, j'ai aussi des chiffres, il y a plus de 6 à 8 prostituées dans cette rue qui est une sorte de no man's land entre le cimetière des Batignolles et cet établissement scolaire, la nuit ils sont réveillés par des hurlements, ces femmes sont battues par leurs clients et leur proxénètes. Je ne comprends pas qu'il n'y ait pas des opérations coups de mains de la police. Ce n'est pas envisageable de continuer à avoir des situations pareilles, qu'à Paris, au bas des immeubles, devant des enfants, chaque jour on assiste à des situations pareilles. Ou on a la volonté politique ou on ne l'a pas mais ce n'est pas en me disant qu'il y a 6 ou 8 prostituées, qu'il y a des P.V. qu'on va résoudre une telle situation !
Il y a de vrais problèmes humains derrière cela, on ne peut pas se contenter de statistiques. Il y a quelque chose à faire. Il y a 800 élèves tous les jours qui sont confrontés à cela, et ces jeunes filles ne sont pas en tort, je le disais, elles sont aussi victimes il faut faire quelque chose.
Je suis révoltée, j'entends qu'on donne des priorités à mettre des fleurs sur les candélabres de Paris, des bambous rue de Rivoli. Il y a d'autres priorités ! Il serait bien que la Municipalité prenne cela en compte.