Tribune de Brigitte Kuster au Nouvel Obs.com
LE PLUS. Brigitte Kuster, maire du 17e arrondissement de Paris, était candidate à l’investiture de l’UMP dans la 4e circonscription qui couvre la moitié de l’arrondissement, mais l’UMP a choisi d’investir Bernard Debré, député du 16e. Son cas n’est pas isolé : aucune femme n’a obtenu l’investiture du parti présidentiel, elle dénonce donc une régression démocratique.
C’est du jamais vu depuis le début de la Ve République : aucune femme de droite ne devrait représenter les Parisiens à l’Assemblée nationale en juin prochain, si rien n’est fait d’ici là.
La commission nationale d’investiture de l’UMP a, en effet, rendu son verdict, et il est affligeant. Les six circonscriptions parisiennes favorables à l’UMP ont été confiées à des hommes, malgré l’opposition de Michelle Alliot-Marie, Nadine Morano et Françoise de Panafieu, les seules membres de la commission à avoir défendu ma candidature dans la 4e circonscription de Paris.
L’UMP prône le renouvellement, la féminisation et le rajeunissement pour les législatives. C’est donc le député du 16e arrondissement Bernard Debré, 68 ans, qui a été investi ! Cherchez l’erreur !!!
Cette décision, parmi d’autres, illustre un certain mépris de l’UMP pour les élus de terrain et les femmes dont aucune à Paris n’a reçu l’investiture dans une circonscription favorable à la droite. Entre baronnies à l’ouest et parachutages hasardeux à l’est, où est la stratégie de reconquête de Paris ?
Convaincue que l’ancrage local et le travail de terrain au service des habitants sont des qualités indispensables, je suis candidate dans la 4e circonscription dont les deux tiers sont dans le 17e, arrondissement dont je suis élue depuis 10 ans, maire depuis 3 ans et où je vis depuis 30 ans.
Femme engagée et libre, je suis plus que jamais déterminée à mener campagne sur les valeurs qui sont les miennes : proximité, écoute, disponibilité et sens des autres. Je souhaite poursuivre et amplifier à l’Assemblée nationale les dossiers que j’ai portés dans l’intérêt de mes concitoyens.
J’entends, par ailleurs, m’investir pleinement dans la campagne présidentielle, et continuer de défendre les réformes courageuses menées par le Président de la République.
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LE PARISIEN, le 9 janvier – Après les Champs-Elysées au mois de septembre, puis les secteurs tout aussi touristiques du Louvre, des Tuileries et des grands magasins, le 1er décembre 2011, ce sont aujourd’hui les maires UMP des VIe et XVIIe arrondissements, Jean-Pierre Lecoq et Brigitte Kuster, qui réclament une extension des arrêtés antimendicité sur leur territoire. Clairement visés : les mendiants roms. Le ministre de l’Intérieur Claude Guéant n’a guère fait mystère de l’objectif de ces arrêtés, lors d’une visite organisée sur le sujet au mois de décembre place du Palais- Royal: «C’est une arme destinée à lutter, notamment, contre la délinquance roumaine.» Dont acte.
Le préfet de police de Paris, Michel Gaudin, a annoncé quant à lui fin 2011 un bilan de 300 interpellations sur les Champs-Elysées depuis le mois de septembre, suivies de 70 procédures de reconduite à la frontière.
Les critiques fusent à gauche et chez les humanitaires. Depuis, la polémique fait rage. Et, dans les rangs de la gauche parisienne, la pilule ne passe pas.« C’est un coup de communication totalement inefficace, s’alarme Myriam El Khomri, adjointe de Bertrand Delanoë en charge de la sécurité. S’il s’agit de faire respecter la loi face à des délinquants, des pickpockets, des gens ivres, la police n’a pas besoin d’arrêté pour accomplir ses missions. Et si nous avons affaire à des réseaux mafieux, qui emploient des mineurs pour mendier notamment, nous devons prendre nos responsabilités : arrêter les responsables et protéger ceux qui sont à la fois acteurs et victimes de ces réseaux. Là encore, ces arrêtés sont inutiles, c’est le courage politique qui est nécessaire. »
« Stigmatisation d’une population », «chasse aux pauvres »… les attaques fusent de toutes parts à gauche contre ces mesures, mais aussi chez les associations humanitaires d’aide aux sans-abri. Autant de critiques que réfute avec la denière énergie Brigitte Kuster : « Nous organisons des maraudes, assurons des repas chauds pour les sans-abri, une aide psychologique … Je suis scandalisée que l’on m’accuse de faire la chasse à la pauvreté, s’insurge la maire du XVIIe. Là, il s’agit, notamment sur les axes très commerçants des avenues des Temes et de Wagram, d’un trafic organisé. Les passants sont suivis, harcelés, agressés par des gens qui sont déposés en voiture le matin et qui doivent vraisemblablement reverser une partie de l’argent qu’ils récoltent à des réseaux. La police a besoin d’outils pour mettre à mal ces réseaux et les arrêtés sont l’un de ces outils! »
CECILE BEAULIEU