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Leçons d’un interminable remaniement

Patientons puisque tel est le désir du Président ! Mais qu’il se rassure : cette attente prolongée n’a rien d’insurmontable – sauf évidemment pour les intéressés eux-mêmes… Le suspense est pour l’essentiel éventé :  chacun se rend bien compte que le casting gouvernemental n’aura rien d’exceptionnel. N’est pas Nicolas Hulot qui veut !

Effarant comme un homme courtisé six mois plus tôt peut se retrouver si rapidement isolé. Isolé au point qu’il lui faut 10 jours – peut-être davantage ! – pour trouver un remplaçant à son mentor lyonnais.

La conquête du pouvoir est une chose distincte de son exercice. Les Français ont souvent pu s’en rendre compte par le passé. Mais rarement à ce point. Elu « par effraction » – c’est lui qui le dit –, Emmanuel Macron est en prise avec des difficultés qui trouvent leurs origines en divers points.

Sa victoire d’abord, le fruit de circonstances inédites (disqualification extrapolitique du favori, effondrement du parti au pouvoir, poussée des extrêmes) et du pire 1er tour jamais réalisé (en voix exprimées) par un président élu. Le peu d’assise politique dont on le crédite aujourd’hui provient d’abord de sa très faible assise électorale.

Son projet pour la France, ensuite. Une fois dissipées les illusions du « en même temps », que reste-t-il ? Une vision libérale de l’économie et de la société, et une ambition ultrafédéraliste pour l’Europe. Deux vastes orientations qui ne sont pas dominantes dans l’opinion. Tant s’en faut. Analysée de plus près, son action sur le champ économique et social se singularise, à défaut de s’attaquer à la réduction des déficits, par des transferts massifs de charges (des actifs vers les retraités, des actifs mobiliers vers l’immobilier, etc.) qui nourrissent un profond sentiment d’injustice. Et son absence d’intérêt, voire le mépris avec lequel il considère les sujets régaliens – crise identitaire de l’Occident, laïcité, immigration, etc. – achève de tracer le portrait d’un Président hors-sol.

Sa pratique du pouvoir, enfin. N’ajoutons pas notre pierre au déluge de critiques qui s’abat déjà sur lui. Rappelons simplement au Président les mots très justes qu’il eut au lendemain de son élection : « Je n’oublie pas d’où je viens. Je ne suis pas l’enfant naturel de temps calmes de la vie politique. Je suis le fruit d’une forme de brutalité de l’Histoire. Si j’oublie tout cela, ce sera le début de l’épreuve. »

L’oubli est là, l’épreuve a commencé et aucun remaniement n’y changera rien…

Menace sur la culture

Laissons de côté le triste spectacle que nous offre actuellement la politique, et intéressons-nous plutôt à un vrai sujet de préoccupation : l’avenir de notre culture. Jamais ce qu’il est convenu d’appeler l’« exception culturelle française » n’a été à ce point menacée. Les dernières décennies ont été marquées par la prédominance de la culture populaire américaine. Une prédominance qu’il a bien fallu que le législateur encadre afin de garantir une certaine diversité des programmes et de sauver un écosystème indispensable. S’il existe encore un cinéma français de qualité, c’est précisément en raison de la « régulation » que les pouvoirs publics ont su instaurer. Mais ce modèle de protection meurt à petit feu face à l’ultra puissance des Google, Amazon, Facebook et autres Netflix (les fameux GAFAN). Ce qui ne fut longtemps qu’une prédominance de la culture US risque de se transformer en un monopole absolu.

La France est à pied d’œuvre pour inventer une nouvelle régulation à l’ère numérique. Une mission parlementaire conduite à ce sujet par Pierre-Yves Bournazel vient de s’achever. Ses travaux, auxquels j’ai participé, montrent parfaitement à quel point notre législation est dépassée. Les géants du numérique échappent à la plupart des contraintes qui régissent le secteur culturel, et pas uniquement celles d’ordre fiscal. Non seulement nos opérateurs nationaux ne disposent pas des mêmes moyens financiers, mais ils doivent appliquer des règles – comme l’obligation faite aux chaînes de TV de consacrer une part de leur chiffre d’affaires à la création audiovisuelle – auxquelles ne sont pas soumis les GAFAN. La position de la France est claire : les plateformes américaines doivent se plier aux normes françaises, et notamment au respect des quotas de diffusion d’œuvres européennes.

L’Europe, parlons-en justement. Rien n’est possible en la matière sans une Europe unie. Le Parlement de Strasbourg a récemment ouvert la voie à une réglementation plus exigeante à l’endroit des GAFAN. Une 1ère étape indispensable qui en appelle beaucoup d’autres. Car ce qui est en jeu, c’est notre identité culturelle française et européenne.

Les éléments de langage passent de main en main. Chacun, ministre ou député de la majorité, y va de sa petite note d’optimisme : « jamais le déficit n’a été aussi faible », « l’Etat rend 6 milliards aux Français », « la hausse des dépenses est contenue », etc. Mais un concert de fausses notes n’a jamais fait une belle mélodie.

Retour sur les faits. Le gouvernement n’a tiré aucun avantage de l’embellie économique dont il a profité pour réformer ce qui aurait dû l’être en priorité : le niveau de nos dépenses publiques. Donc, en toute logique, quand la croissance ralentit, et les rentrées fiscales avec, le déficit structurel de la France repart instantanément à la hausse. Et manifestement pour longtemps (+25 milliards prévus en 2019). Même si l’on extrait les dépenses conjoncturelles ou ponctuelles (reprise de la dette de SNCF Réseau et transformation du CICE) du calcul de notre endettement, la France produit toujours deux fois plus de déficit que la moyenne des pays de la zone euro.

« On ne sèvre pas un grand drogué en quelques mois », m’opposera-t-on. Certes, mais encore eût-il fallu que la cure de désintoxication débutât ! 1600 fonctionnaires non remplacés en 2018. 4162 en 2019. A ce rythme, Emmanuel Macron atteindra son objectif – déjà très faible – de 50 000 suppressions de postes à l’horizon… 2030.

Quant aux 6 milliards soi-disant redistribués, suffisent-ils à compenser les + 4,5 milliards de prélèvements votés l’an dernier, ou encore le quasi gel des pensions et le recul des prestations familiales ? Bien sûr que non. Alors que le pays sort d’un cycle économique favorable, les Français constatent, dans leur écrasante majorité, qu’ils n’ont pas récupéré un euro. Et certains, toujours les mêmes : retraités, familles, indépendants, sont même moins bien lotis que sous Hollande. Un comble !

Il ne suffit pas de parler du pouvoir d’achat des Français pour qu’il augmente. Il faut bâtir une politique dont la pierre d’angle est la réduction des déficits. Aujourd’hui le compte n’y est pas.

Il y a un an, rares étaient ceux qui voyaient encore un avenir à la droite. Emmanuel Macron menait alors des réformes qui, pour imparfaites qu’elles fussent, étaient peu ou prou celles que nous aurions dû conduire au pouvoir. Matignon et Bercy étaient confiés à des personnalités issues de nos rangs. Et pour ne rien gâcher, les divisions internes se multipliaient. Et pourtant…

Et pourtant, n’en déplaise à ses contempteurs, la maison « Les Républicains » tient toujours sur ses fondations. D’aucuns diront que l’affaiblissement sans précédent du Président en est la cause principale. Mais c’est faire peu de cas de la réalité. D’entrée et, disons-le, dans une relative indifférence, nous avons dénoncé une politique qui, non seulement opposait les Français les uns aux autres, creusait les inégalités entre les territoires, mais ne s’attaquait pas au cœur du mal : le niveau extravagant de nos dépenses publiques, et ses effets néfastes en cascade (fiscalité exorbitante, faible compétitivité de nos entreprises, chômage structurellement fort, pouvoir d’achat en berne, consommation atone, etc.). Un diagnostic que nous avons posé il y a un an. Et que tous les Français ont loisir de vérifier aujourd’hui.

Mais si être audible est une chose, être crédible en est une autre. La campagne européenne qui se profile va nous donner l’occasion de montrer qu’entre deux caricatures : le « tout fédéral » d’Emmanuel Macron et le « tout national » de Marine Le Pen, la droite et ses alliés européens défendent une ligne euro-réaliste qui peut apporter des solutions concrètes aux défis – crise migratoire et guerre commerciale, en tête – que l’Europe doit affronter.

Ignorons ceux qui prédisent à la droite un Waterloo européen, ce sont les mêmes qui, l’an passé, signaient notre acte de décès…

« Les approximations ou erreurs sont trop nombreuses et entravent notre action ». Voilà un aperçu du florilège de critiques qu’adresse Bruno Julliard à Anne Hidalgo pour justifier sa démission fracassante du poste de 1er adjoint. Venant de celui qu’elle considérait comme le mieux placé pour diriger sa campagne en 2020, le coup est particulièrement cruel. Il signe l’échec total et définitif d’Anne Hidalgo à la tête de Paris.

Un échec qu’il ne suffit pas de commenter, mais qui appelle l’émergence d’une offre d’avenir qui s’appuie sur l’expérience et l’enracinement dans les arrondissements. Cette offre de redressement, seuls la droite et le centre sont aujourd’hui en capacité de l’incarner.

« Il n’y a pas loin du Capitole à la roche Tarpéienne ». Emmanuel Macron en fait actuellement l’amère expérience. Aucun président n’a brûlé ses vaisseaux plus vite que lui. Au point d’accomplir le prodige d’être plus impopulaire que François Hollande !

Est-ce grave docteur ?

L’impopularité peut générer deux types de réaction bien distinctes. La 1ère consiste à s’en tenir à sa feuille de route et à accélérer le mouvement face aux difficultés ; quitte à aggraver son cas auprès des sondeurs. Un exemple l’illustre mieux qu’aucun autre : celui de l’ancien chancelier allemand, Gerard Schröder, qui mena au mitan des années 2000 un train de réformes libérales – son « agenda 2010 » – à qui l’Allemagne doit aujourd’hui son excellente forme économique. Voilà ce que l’histoire retiendra de lui. Plus personne ne se souvient de l’effroyable impopularité qui le frappait alors, ni même de sa défaite aux législatives en 2005. Gerard Schröder restera à tout jamais un très grand réformateur, et qu’importe les turpitudes qu’il a traversées pour se hisser à ce rang. Avec le temps, il y a des défaites qui finissent par ressembler à des victoires.

La 2nde réaction, plus typique du comportement de nos chers dirigeants, consiste à vouloir reconquérir à toute force l’opinion, le nez vissé sur les sondages. Comment plaire ? Quel comportement adopter ? Quelle politique mener ? Mission impossible, non seulement parce que les Français ne sont dupes de rien, et moins encore des grandes opérations de communication. Et ensuite parce l’opinion n’existe pas, ou plus exactement, existe sous autant de formes qu’il y a de Français. Poursuivre un amour déçu, c’est risquer de perdre sa boussole. Et c’est ce qui menace Emmanuel Macron en cette rentrée. D’ordinaire tonitruante, la communication élyséenne s’est soudainement faite toute mielleuse : « écoute, humilité, proximité, terrain », autant de concepts parfaitement étrangers au macronisme…  Fausse route : les Français n’attendent rien d’autre que des résultats. Et les résultats exigent des réformes ! Des réformes qui se font toujours cruellement attendre…

Le feu vert accordé par le Parlement européen à la réforme du droit d’auteur est une double bonne nouvelle. D’abord parce qu’elle va imposer aux plateformes (Google, Facebook, Amazon, etc.) de participer – à l’instar de ce que font déjà les opérateurs audiovisuels « traditionnels » – au financement de la création culturelle. Quoi de plus normal, en effet, que de contribuer à ce qui fait leur fortune : la variété et la qualité des contenus qu’elles diffusent.

Ensuite parce qu’elle crée un droit dit « voisin » au droit d’auteur au bénéfice des éditeurs de presse. 90% des recettes publicitaires tirées de la diffusion de contenus journalistiques sont actuellement captées par les GAFA. Les éditeurs de presse pourront désormais exiger des géants du numérique un partage plus équitable des richesses.

C’est la fin d’un système ubuesque où la valeur créée par la diffusion d’un contenu culturel ou journalistique ne bénéficiait qu’à son propagateur, et nullement à son concepteur.

Preuve éclatante que l’Europe sait se montrer protectrice !

La rentrée parlementaire se profile, avec notamment l’examen à venir de la loi PACTE, mais déjà les tambours de la politique battent à plein régime. L’an II du Macronisme commence maintenant. Et ce qui se joue en ces premiers jours de septembre est décisif : il ne s’agit ni plus ni moins que de la capacité de l’exécutif à réformer le pays.

Affaibli par le scandale Benalla, la démission de Nicolas Hulot et une hésitation kafkaïenne sur le prélèvement à la source, le chef de l’Etat l’est plus encore par les piètres résultats de la France en matière économique. Le choc de confiance qu’Emmanuel Macron a cru provoquer par sa seule élection n’a finalement pas eu lieu. Et les réformes qu’il a engagées jusqu’alors, bien que pour certaines utiles (code du travail, SNCF), n’ont pas touché au cœur du mal français : le coût exorbitant du secteur public et, inévitable corollaire, une fiscalité écrasante. Résultat : la contraction de l’économie mondiale se fait plus sévèrement ressentir ici que chez nos voisins. Et pour cause, tout reste à faire : réformes de l’Etat, des retraites, de l’assurance-chômage…

L’impopularité a une vertu fondamentale : elle oblige celui qui en est frappé à se remettre en question, sous peine d’y sombrer totalement. Emmanuel Macron dispose encore d’un atout-maître : s’est attachée à sa personne l’image, trompeuse pour le moment, d’un Président réformateur. Qu’à cela ne tienne : qu’il conduise enfin les vraies transformations dont le pays a besoin, à commencer par la lutte contre les déficits. Nul ne pourra jamais lui faire le grief d’être – enfin – à la hauteur de sa réputation ! Et surtout pas l’opposition de droite qui n’a de cesse de le lui répéter depuis un an…

La fin de la session parlementaire me donne l’occasion de dresser un bilan de l’année écoulée. Comme je m’y étais engagée lors de mon élection, j’ai choisi de placer mon mandat sous le signe de l’efficacité et du pragmatisme plutôt que des logiques d’appareil. C’est ainsi que j’ai soutenu les projets de loi qui, à l’instar des réformes du code du travail et de la SNCF, vont dans le sens de l’intérêt général. Le gouvernement s’est attaqué à certains tabous qui ont, de longue date, constitué des freins au développement de notre pays. Je n’ai aucune difficulté à le reconnaître.

Pourtant, ce satisfecit mérite d’être nuancé. Et même sérieusement nuancé. L’ambition réformatrice n’a que trop rarement franchi le stade des beaux discours. 41 lois ont été votées par le Parlement en l’espace d’un an : combien ont vraiment changé la vie des Français ?

Le redressement promis par Emmanuel Macron se fait attendre. Le chômage progresse toujours et les déficits continuent de grimper. Notre dette frôle 100% du PIB et les dépenses de l’Etat absorbent 57% de nos richesses. Aucune économie moderne ne peut supporter le poids d’un secteur public aussi pléthorique. Le gouvernement promet de faire des économies, mais ne dit jamais où et comment il compte les réaliser. L’examen de la loi de finances à l’automne sonnera comme l’heure de vérité. Avec les députés Les Républicains, nous continuerons à faire de la baisse du chômage et la réduction des dépenses nos priorités.

Et sur bien d’autres sujets encore, et je pense à l’immigration incontrôlée ou à la lutte contre l’islamisme, il est indispensable que l’opposition fasse entendre sa différence. Les défis majeurs que posent la crise migratoire et les attaques de l’islam politique méritent autre chose que le laxisme où se complaît le gouvernement.

Vous l’aurez compris, l’actualité de la rentrée s’annonce cruciale et très dense. Pour ma part, je serai plus particulièrement mobilisée par la rédaction d’un rapport budgétaire qui m’a été confié sur les crédits alloués au ministère de la Culture. L’objectif est d’évaluer l’action de l’Etat en matière culturelle et de comprendre comment l’améliorer, y compris dans la perspective de réaliser des économies.

D’ici là, je vous souhaite à tous un excellent été.

2% de croissance attendus en 2018. Ce sera finalement 1,7%. L’enthousiasme des débuts du quinquennat a fait long feu. Le gouvernement a dû revoir ses prévisions de croissance à la baisse et celles du déficit… à la hausse. Ce dernier avoisinera 2,7% du PIB, loin des 2,3% promis à Bruxelles. La faute aux ménages qui ne consomment pas suffisamment, nous dit-on à Bercy. Mais aussi aux grèves à la SNCF et à Air France, ainsi qu’à la conjoncture internationale. Sans doute, mais pas que.

La politique économique d’Emmanuel Macron n’avance que sur une jambe. Le gouvernement a tout misé sur l’investissement : suppression de l’ISF mobilier et flat tax en tête. Des mesures que j’approuve, mais qui sont peu de chose sans leur indispensable corollaire : la réduction des dépenses. Le secteur public absorbe 57% de nos de richesses, contre 44% en Allemagne et au Royaume-Uni. Et qui paie la note ? D’abord nos entreprises écrasées de charges. L’équation est simple : réduire le train de vie de l’Etat, c’est accroître la compétitivité de notre économie. L’Allemagne, et ses 82 millions d’habitants, compte 1 million de fonctionnaires de moins qu’en France. Est-elle pour autant sous-administrée ? Evidemment que non. A l’inverse ses entreprises sont deux fois plus compétitives que les nôtres.

Réformer l’Etat est une priorité absolue que le gouvernement a eu le grand tort de repousser. Songez que seuls 1600 postes de fonctionnaires n’ont pas été renouvelés l’an dernier… Emmanuel Macron s’est attribué le titre de grand réformateur. Une distinction galvaudée au vu de ce qu’il a accompli jusqu’alors, mais que l’on ne demande qu’à lui reconnaître à l’avenir.