Suivez-moi sur Twitter
Recevez la newsletter

Suivez-moi sur Twitter
Suivez-moi sur OnAir
Suivez-moi sur Facebook
Lettre d’information

Téléchargez mon livre
Appelez-moi Brigitte !

Communiqués

Les résultats électoraux du week-end : en Corse ou lors des municipales partielles à Orthez (Pyrénées-Atlantiques) et à Saint-Rémy-Lès-Chevreuse (Yvelines), ne peuvent être placés sur un pied d’égalité : ni les enjeux électoraux ni les particularismes locaux n’autorisent des conclusions trop générales. Néanmoins, partout l’on notera le sévère recul les listes LREM en comparaison des scores réalisés, quelques mois plus tôt, par Emmanuel Macron et, dans la foulée, par ses candidats aux législatives. De là à dire que le souffle est retombé, il n’y a qu’un pas. Un pas que l’on franchit allégrement.

Le mauvais sort qui est réservé par le gouvernement aux territoires en est sans conteste le motif principal. L’idée que la France doit faire des efforts pour sortir de la nasse budgétaire où elle se trouve est désormais largement partagée. Mais que les efforts portent toujours sur les mêmes : classes moyennes, propriétaires, familles, retraités, habitants des villes moyennes… ne passent pas. Et moins encore lorsque l’Etat continue de son côté à creuser les déficits.

On ne peut pas non plus exclure l’idée que ces échecs électoraux traduisent une incapacité de fond du macronisme à s’ancrer localement. La réalité des territoires n’est pas soluble dans le « en même temps » présidentiel. Le revers de LREM aux sénatoriales en fut la 1ère illustration, maintenant confirmée par les derniers scrutins. Il est un fait avéré qu’En Marche ! a manqué la 1ère marche de l’ancrage local.

Le gouvernement poursuit le travail de sape contre les politiques familiales entamé par François Hollande. Entre 2012 et 2017, et par deux fois, les aides versées aux familles pour la garde des enfants de moins de 3 ans (PAJE) ont été diminuées, et les allocations familiales ont été modulées en fonction des revenus ; rompant ainsi avec le principe d’universalité qui irrigue avec succès les politiques familiales depuis l’après-guerre.

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018 aggrave la dérive à l’œuvre depuis 5 ans. Le gouvernement va baisser le montant et les plafonds de ressources de la PAJE, ce qui conduit à exclure du dispositif 10% des familles aujourd’hui éligibles et à réduire les aides versées à des milliers de ménages, y compris modestes et issus de la classe moyenne.

Pour un foyer avec un enfant qui gagne 28 000 euros*, et selon l’origine des revenus (provenant d’un seul parent, des deux ou d’un parent isolé), la baisse varie entre 8 et 54% ! Dans la plus mauvaise hypothèse, celle d’une famille avec un seul revenu, le manque-à-gagner atteint 1200 euros par an… Un véritable coup de massue !

« En France, on n’a pas de pétrole mais on a des bébés ». La formule a fait long feu. La natalité soutenue qui faisait de la France une exception en Europe connaît un déclin constant. Nul doute que les mesures scandaleuses que vient de prendre le gouvernement vont le précipiter…

 

*Etude de l’Observatoire des emplois de la famille

Le 100ème congrès des maires de France s’est ouvert dans un climat plombé. La défiance entre le président de la République et les maires est à son paroxysme ; et ce ne sont pas les 14 ministres dépêchés sur place en fanfare qui calmeront les esprits. Depuis son arrivée à l’Elysée, Emmanuel Macron traite les collectivités avec un mépris qui en dit loin sur sa méconnaissance des territoires.

Des territoires à qui l’on demande d’assumer toujours plus (et notamment en matière de prestations sociales : RSA, APA, etc.) et à qui l’on impose toujours plus d’efforts : 13 milliards de baisse des dotations en 5 ans (en plus des 10 milliards déjà consentis sous François Hollande), surgel des crédits pour la ruralité et la politique de la ville, réduction drastique du financement des emplois aidés et, ce n’est pas le moindre, suppression de la taxe d’habitation pour 80% des ménages. Des efforts, et c’est là tout le paradoxe, que l’Etat est parfaitement incapable de s’imposer à lui-même ; n’oublions pas que le déficit public se creusera de 83 milliards d’euros supplémentaires en 2018 (+7,3 milliards par rapport à 2017).

Mais outre le manque-à-gagner pour les communes, il s’agit en réalité d’une atteinte caractérisée au principe constitutionnel de libre administration des collectivités ; puisqu’une partie substantielle de leurs recettes budgétaires, dont dépend la capacité des élus locaux à mener les politiques pour lesquelles ils ont été choisis, sera désormais aux mains de l’Etat. Ce nouveau jacobinisme est un contresens historique absolu. Les territoires jouent, dans un monde de plus en plus global, un rôle capital pour atténuer les inégalités et tenter d’attirer à eux les opportunités de développement. Affaiblir l’échelon local dans un contexte où les fractures territoriales vont en s’aggravant ne peut conduire qu’à la catastrophe.

Les déclarations d’Alain Juppé en faveur de la constitution d’un « mouvement central » avec Emmanuel Macron pour les européennes de 2019 sont une erreur, et ce pour 3 raisons :

D’abord parce que se présenter comme « central » dans un pays où un nombre considérable de Français, pour ne pas dire la majorité d’entre eux, considèrent l’Europe avec scepticisme risque de passer pour de l’arrogance. Les idées européennes du maire de Bordeaux – que l’on qualifiera à grands traits de fédéralistes –, pour parfaitement respectables qu’elles soient, ne peuvent prétendre à cette centralité qu’il revendique.

Ensuite, parce qu’avaliser les projets européens d’Emmanuel Macron alors qu’ils sont pour certains, et non des moindres, en contradiction avec ses propres convictions (sur l’élargissement de l’UE aux six pays des Balkans, notamment) ne peut qu’ajouter à la confusion. La droite est depuis toujours traversée par des courants d’idées qui ne partagent pas strictement la même vision de l’Europe, et l’écart peut même paraître important entre souverainistes et tenants de l’intégration ; mais aucun n’appelle à rompre avec l’idéal européen et ne le fera jamais ; sous peine de s’exclure d’office de notre mouvement. Personne n’a donc franchi cette ligne rouge qu’a fixée Alain Juppé pour conditionner son maintien chez Les Républicains. Alors pourquoi se livrer à ce qui ressemble fort à un procès d’intention ?

Mais l’explication de tout ceci est sans doute à chercher du côté de la 3ème raison : Alain Juppé semble, en réalité, moins s’adresser à Emmanuel Macron qu’à Laurent Wauquiez, et ce dans l’unique but de l’affaiblir. Nul ne peut lui nier le droit de contester les idées de Laurent Wauquiez – qui a par ailleurs rappelé son engagement européen –, mais sa responsabilité, dès lors qu’il n’est pas candidat lui-même, n’est pas de mettre en danger sa propre famille politique.

Jamais personne ne reprochera au gouvernement de faire ce pour quoi il a été nommé. Mais si la détermination est une chose appréciable, l’obstination l’est nettement moins. Nos institutions sont ainsi faites que l’offre politique du gouvernement peut être améliorée et enrichie : c’est le rôle des députés qui, par leur expérience et leur connaissance du terrain, portent sur les réformes conçues dans les ministères un œil neuf et concret. Cette majorité semble parfaitement l’ignorer. La semaine qui vient de s’écouler en a apporté l’illustration de diverses manières.
Sur le budget 2018, la même règle d’airain s’applique depuis le début de la législature : ce que le gouvernement veut, le Parlement l’exécute. On sent pourtant au sein de la majorité de vraies tensions sur des sujets comme la suppression de l’ISF ou la création d’une flat tax. Elles sont tues. Ou plutôt anesthésiées par une discipline de groupe sans équivalent sous la Vème République (un député LREM ne peut déposer ni amendement ni question écrite sans l’aval de son président de groupe). Comment de temps cela va-t-il durer ainsi ?
Mais une majorité aphone ne porte pas seulement préjudice au débat parlementaire, elle nuit également à la représentation des territoires. Emmanuel Macron entend proposer – ou vaudrait-il mieux dire imposer – un « pacte girondin » aux collectivités. Une belle formule qui se résume d’un chiffre : 13 milliards d’économies. Un régime sec que les collectivités ne sont pas en capacité de supporter. Elles ont déjà assumé l’essentiel des efforts budgétaires réalisés au cours des dernières années et voient l’Etat imposer ce qu’il n’est pas capable de s’appliquer à lui-même (en 2018, le déficit public progressera de 83 milliards d’euros). Et là encore, on s’étonne de ne pas entendre les députés de la majorité relayer l’inquiétude des maires et des présidents de collectivité. Mais pour bon nombre d’entre eux, élus pour la 1ère fois en juin dernier, les politiques locales sont un continent inexploré.
Qu’elle soit cadenassée au Parlement ou coupée des réalités sur le terrain, la majorité LREM ne parvient pas à remplir son rôle institutionnel. Il en ressort un débat parlementaire à sens unique et une fracture grandissante entre le pouvoir central et les territoires.

A la veille du grand raout budgétaire, chaque camp affûte ses arguments. A gauche, la ligne de combat est toute trouvée : attaquer un budget pour les riches. A droite, à en croire certains observateurs, nous devrions marcher sur des œufs : après tout, le gouvernement ne mène-t-il pas la politique que nous aurions rêvé de mettre en œuvre ? Au risque de les décevoir, la réponse est non.

On se souvient que, lors de sa déclaration de politique générale, Edouard Philippe avait renvoyé à plus tard certaines promesses-phares du candidat Macron (exonération de la taxe d’habitation, surpression de l’ISF sur les valeurs mobilières), au motif qu’avec « 2147 milliards de dettes, nous dansons sur un volcan qui gronde de plus en plus fort ». Une semaine et un début de grogne plus tard, l’Elysée apportait un démenti cinglant à Matignon : « nous ferons tout, tout de suite ». Il en ressort un budget très déséquilibré et qui n’atteint pas ses objectifs, dont le 1er est la réduction de la dépense publique (+83 milliards l’an prochain).

L’exécutif joue à opposer les catégories de contribuables. Et à « qui perd gagne », ceux sont toujours les mêmes qui perdent. Sur l’ISF, au mépris de la règle selon laquelle plus vous êtes riche et moins la part de l’immobilier pèse dans votre patrimoine, le gouvernement exonère la détention de valeurs mobilières. Les catégories moyennes supérieures, et notamment celles dont le prix de la résidence principale a flambé au cours des dernières années (et qui, par définition, n’en tirent aucun avantage pécuniaire au quotidien), sont en 1ère ligne. Les voilà non seulement considérés comme nantis, mais désormais les derniers contribuables à acquitter un impôt sur la fortune en Europe. Triste privilège. Et on peut poursuivre avec la hausse de la CSG : le gouvernement se félicite d’épargner les 40% de retraités les moins riches ; la richesse commençant à partir de… 1200 euros par mois. Ou encore avec la flat tax (au demeurant utile) : les produits les plus convoités par les épargnants, et jusqu’alors assez protégés de l’insatiable appétit de Bercy (PEL, livret A), se trouvent plus lourdement taxés ; et une fois encore au détriment des mêmes.

Ce budget, malgré de réelles avancées en termes de baisse du coût du travail, par exemple, ne déroge pas à la déplorable tradition française qui consiste à faire porter l’essentiel des efforts sur la frange de la société la plus laborieuse, autrement dit les classes moyenne et moyenne supérieure.

Anne Hidalgo demande à être jugée sur ses résultats. Qu’à cela ne tienne. Airparif publie aujourd’hui un rapport édifiant à propos des effets sur la qualité de l’air produits par la piétonisation de la voie Georges Pompidou. 1er constat : la pollution baisse sur les quais fermés à la circulation, mais pas suffisamment pour passer en-deçà des seuils règlementaires. 2ème constat : la pollution se déporte sur les rues avoisinantes et à l’est de la capitale où l’augmentation atteint jusqu’à 15%. 3ème constat : elle progresse également sur les axes situés hors de Paris, comme sur l’A3 ou l’A4, et sur l’ensemble de la périphérie parisienne comme lors de la « journée sans voiture ».

Résumons : la qualité de l’air s’améliore très légèrement sur les berges où, par définition, personne ne réside, et se détériore de façon significative dans les quartiers d’habitation alentours. Et le tout au prix d’embouteillages monstres qui pourrissent la vie de milliers d’automobilistes parisiens et franciliens. Aurait-il seulement été possible de faire pire ?

Preuve est faite qu’en la matière, comme en beaucoup d’autres, le dogmatisme conduit droit à l’impasse. Nul ne peut nier la nécessité de réduire l’impact désastreux de la pollution atmosphérique sur la santé. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : 2 500 morts prématurées par an à Paris, 6 000 en Île-de-France et 48 000 en France. Il est donc urgent de mettre sur pied un plan global des mobilités qui doit intégrer l’ensemble des acteurs concernés : collectivités, chercheurs, industriels, créateurs numériques, usagers, etc. Mais surtout d’en finir avec les positions dogmatiques qui fracturent la société et aggravent les problèmes au-lieu de les régler.

 

 

Les visages de Maurane et Laura ont surplombé la semaine. Et plus encore lorsqu’il s’est agi de voter la loi de lutte contre le terrorisme. J’ai voté contre en conscience. L’Etat ne doit pas désarmer au moment où la menace se fait plus pressante que jamais. L’état d’urgence aurait dû être prorogé, et plus encore renforcé. Mais le gouvernement est resté obstinément sourd à nos revendications. Le nouveau dispositif n’est pas à la hauteur des enjeux. Un seul exemple : le texte autorise, hors poursuites judiciaires, l’assignation à résidence d’individus dangereux. Jusque-là rien à dire, sauf qu’ici la résidence ne désigne pas le domicile, comme c’est le cas dans l’état d’urgence, mais la commune où résident les intéressés. Imaginez le cas d’un individu lié à la mouvance terroriste et assigné à résidence à… Paris. Jusqu’où faudra-t-il aller dans l’horreur pour que nous en finissions définitivement avec ce laxisme coupable.

Tout autre sujet, bien sûr, paraît dérisoire à côté du martyr de ces deux jeunes femmes. Comme sont dérisoires les propos déplacés du président lors d’un déplacement en Corrèze. Emmanuel Macron avait théorisé – et presque chorégraphié (souvenez-vous de sa cérémonie d’investiture ou de l’accueil de Vladimir Poutine à Versailles) – une présidence au-dessus de la mêlée, tellement d’ailleurs qu’il l’avait qualifiée de « jupitérienne », mais ses petites phrases, mises bout-à-bout – « ceux qui ne sont rien, les fainéants, le bordel » –, expriment surtout une forme d’arrogance et de mépris. Emmanuel Macron devrait se garder que les Français considèrent sa politique à l’aune de son seul comportement.

Le point d’orgue de la semaine prochaine sera la déclaration du gouvernement sur l’avenir de l’Europe. L’accueil, tout juste poli, réservé au discours d’Emmanuel Macron à la Sorbonne par les dirigeants européens impose manifestement quelques précisions. L’ambition du président sur l’UE est à saluer, mais elle a pu apparaître à certains, allemands en tête, comme excessive, sinon naïve, sur les réponses à apporter à la crise européenne.

La critique est parfaitement légitime. Les procès d’intention nettement moins. Certains prennent prétexte de la proposition de loi que j’ai déposée, et qui vise à interdire la diffusion du nom de famille (et uniquement du nom de famille) et des images des terroristes dans les médias, pour m’accuser de vouloir cacher la vérité aux Français. Quelle est cette vérité ? Les auteurs des attentats commis en France au nom d’Al-Qaïda et de Daech ont des origines magrébines ou subsahariennes et sont de confession musulmane. Mais qui peut le nier sérieusement ?

Ma proposition ne vise en aucune manière à dissimuler ces faits objectifs, mais à limiter les phénomènes de glorification et de mimétisme que l’on a observés après chaque attentat et dont les réseaux sociaux sont les témoins quotidiens. Mohammed Merah et les frères Kouachi sont devenus de vraies marques déposées pour fanatiques en quête de modèle. Les médias se transforment malgré eux en caisse de résonance de la barbarie islamiste.

Ne pas publier le nom de famille et les images des terroristes n’interdit en rien aux journalistes d’enquêter sur eux. Origine ethnique et sociale, existence ou non d’un casier judiciaire, parcours de radicalisation : les Français doivent savoir. Je suggère d’ailleurs que le prénom des terroristes soit expressément mentionné (importe-t-il vraiment au grand public de savoir que Mohamed se nomme Merah ou qu’Abdelhamid se nomme Abaaoud ?), mais j’estime qu’il ne faut pas aller au-delà. A quoi bon offrir à ces individus une tribune médiatique post mortem ? A quoi bon en faire des martyrs auprès de ceux qui partagent leur idéologie mortifère ? A quoi bon, au fond, leur donner ce qu’ils convoitent ?

L’ISF rend fou. Nul n’y touche qu’à ses dépens. Emmanuel Macron en fait actuellement l’amère expérience. Mais sa méthode est en cause dans les ennuis qu’il traverse : faire des catégories de contribuables – d’un côté, les détenteurs bientôt exonérés d’un patrimoine mobilier et de l’autre, les détenteurs toujours assujettis d’un patrimoine immobilier – pousse inévitablement aux comparaisons. Qu’observe-t-on ? Les premiers ont un net avantage sur les seconds : ils sont moins nombreux et plus nantis. Et leurs biens se trouveront bientôt hors de l’assiette fiscale…

Le pouvoir serait donc injuste deux fois : à l’égard des propriétaires, dont l’apport à notre économie est loin d’être négligeable – ne dit-on pas que « quand l’immobilier va tout va » ? –, et à l’égard de tous ceux qui se persuadent que rendre un très riche moins riche est une fin en soi. Deux critiques, l’une fondée et l’autre stupide, qui mènent à une conclusion : demi-réforme et idéologie conduisent au même endroit, le mur.

L’ISF est un impôt absurde dont le rapport coût (15 milliards investis à l’étranger) /revient (5 milliards de recettes fiscales) est désolant pour notre économie. Et il l’est indépendamment de la nature du patrimoine qu’il frappe. Emmanuel Macron eût mieux fait de supprimer sans tergiverser l’ISF. Tout l’ISF. Se serait-il exposé à une polémique plus forte que ces derniers jours ? Sans doute que non.