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Communiqués

130 hommes et femmes partis rejoindre les rangs de Daesh devraient être rapatriés en France. Ainsi en aurait décidé le gouvernement. Mais au nom de quoi ?

La morale condamne et le droit sanctionne ceux qui se rendent coupables d’intelligence avec un ennemi qui nous a désignés – et nous désigne encore – comme sa cible prioritaire. Un ennemi qui nous a frappés de la façon la plus cruelle et la plus lâche qui soit, comme encore récemment à Strasbourg.

Ces individus ont fait un choix : porter depuis l’étranger les armes contre la France. Qu’ils en assument les conséquences jusqu’au bout, et qu’importe si les pays où ils sont détenus (pays qu’ils ont contribué à déstabiliser et à détruire) n’offrent pas les mêmes garanties d’équité judiciaire qu’ici ! En quoi serions-nous tenus par un quelconque pacte moral vis-à-vis de ces terroristes ?

Que, selon le ministre de l’Intérieur, « l’essentiel » de ces individus soient placés en détention à leur arrivée en France ne constitue pas non plus une garantie convaincante. Ils ne feront que garnir les effectifs déjà fournis des détenus radicalisés ou en voie de l’être dans nos prisons surpeuplées – et l’on voit d’ici quel accueil triomphal ils recevront de la part de leurs coreligionnaires… Et puis la prison à vie n’existe pas en France, au contraire du fanatisme meurtrier qui, l’échec des programmes publics de déradicalisation l’a montré, est presque toujours imprescriptible.

Entre deux risques à courir : la mise en danger des Français et le non-respect, en Irak ou en Syrie, du droit de chacun à un procès équitable, courrons le second ! Et finissons-en une bonne fois avec cette naïveté maladive qui nous a tant coûté…

Dix jours auront suffi pour que ce qui devait être un moment de catharsis nationale se transforme en campagne électorale. Rien ne nous est épargné : meetings dans les gymnases, visites inopinées à la MJC du coin, tapes dans le dos et selfies. Le tout sous le regard bienveillant des chaînes d’information. Et comme toujours le décorum écrase l’essentiel : les problèmes de fond comme les citoyens relégués au rang de simples spectateurs. Même les noms des villes et villages traversés par la caravane présidentielle – Bourtheroulde, Souillac et Bourg-de-Péage – fleurent bon la France profonde, enracinée et délaissée… et la com électorale. On finirait par se croire dans un roman de Michel Houellebecq !

Mais derrière quelle victoire court Emmanuel Macron avec un tel empressement ? La plus dure qu’il soit donné à un homme politique d’obtenir de son peuple : le droit à l’oubli. L’oubli pour ces 18 mois d’une présidence marquée par l’autosatisfaction et le mépris. L’oubli pour l’aveuglement qui lui a fait balayer du revers de la main les alertes que l’opposition n’a eu de cesse de lui lancer sur les fractures qui minent le pays. L’oubli pour ces mots qu’un président ne devrait pas dire. L’oubli surtout pour l’échec d’une politique qui ne porte pas, ou ne porte pas encore, de fruits.

Bien sûr les images sont belles et l’acteur doué. Et puis les campagnes ont toujours le don de susciter l’espoir en des jours meilleurs. Mais la campagne à laquelle nous assistons est d’une nature singulière. C’est celle d’un président contre lui-même, d’un président qui tente de sauver son quinquennat dans un face-à-face inédit avec les Français. Et cette campagne-là, mieux vaut ne pas la perdre !

Et soudain le dialogue s’est noué. Le mur d’incompréhension qui s’était dressé entre le pouvoir et son peuple s’est fissuré par la seule magie du verbe. Le plan de com’ de l’Elysée est parfaitement ciselé : après la pluie, voilà le beau temps. On aimerait y croire tant la crise des gilets jaunes finit par lasser, y compris les plus magnanimes. On serait même tenté d’y croire tant le talent du débatteur en chef saute aux yeux. Nul doute qu’au grand oral de l’ENA, Emmanuel Macron a dû faire des étincelles ! Et pourtant…

Et pourtant, une discussion n’a jamais fait une ligne politique. Pas davantage que des succès d’estrade n’apportent de résultats tangibles. Le problème d’Emmanuel Macron, ce n’est pas le débat mais ce qu’il en fera après. La consultation peut opérer comme un baume apaisant sur l’estime cabossée de millions de Français qui, depuis des décennies, n’ont plus voix au chapitre. Mais après ? La dette française vaut 100% de la richesse produite en un an. Le niveau des prélèvements obligatoires (48,4%) est le plus élevé du monde occidental. Le coût de nos dépenses publiques s’établit à 57%. Et aucune des réformes d’ampleur – baisse du train de vie de l’Etat, retraites, etc. – n’a pour l’heure franchi le seuil des promesses. Pire, en dépit de ce que dit le gouvernement, les impôts augmenteront l’an prochain (+12,6 milliards dans les caisses de l’Etat), le nombre d’emplois publics aussi (aux alentours de 1000 nouveaux postes) et le déficit frôlera les 100 milliards d’euros… L’on peut gloser à l’infini sur ce qu’il conviendrait de faire ou non, mais la réalité est là, implacable : les marges de manœuvre n’existent pas. Et si le grand débat peut avoir une utilité, c’est bien de faire comprendre au plus grand nombre que notre modèle économique et social est à bout de souffle.

Emmanuel Macron manifeste une énergie hors-du-commun quand il s’agit de débattre avec des maires, mais que n’a-t-il fait preuve de la même détermination pour réformer le pays ? Sans doute n’en serions-nous pas arrivés là…

Au nombre des revendications des « gilets jaunes », le référendum d’initiative citoyenne (RIC) est celle qui revient avec le plus d’insistance. Cette soif de démocratie est certes encourageante, mais surtout révélatrice d’un malaise. Car qui dit soif dit manque. Et pour cause : voilà presque 14 ans que les Français n’ont pas été consultés par référendum.

L’exercice a fini par ressembler à un saut démocratique dans le vide. Rares sont effectivement les référendums qui ne tournent au plébiscite contre le pouvoir en place. Plus rares encore sont ceux qui exhaussent le dessein politique de leurs promoteurs. Et les exemples sont légion : Charles de Gaulle et la réforme du Sénat en 1969 ; Jacques Chirac et le traité constitutionnel européen en 2005 ; et, pour ne citer qu’un exemple étranger, mais quel exemple !, David Cameron et le Brexit en 2016.

Donnons acte aux « gilets jaunes » d’un constat lucide : en l’état de nos institutions, il est peu probable que le président de la République convoque de nouveau un référendum. Ni aujourd’hui, ni demain. Le peuple se trouve donc amputé d’une voix d’expression pourtant conçue comme essentielle par les rédacteurs de la 5ème République. Un paradoxe à l’heure où il n’a jamais été aussi facile de donner son point de vue sur tout et tout le temps.

Dès lors, quelle alternative proposer ? Le fameux RIC ? Chacun voit bien à quel type de surenchère mènerait une telle initiative. Qui doute qu’il puisse exister une majorité de Français favorable à un SMIC à 2000 euros, au rétablissement de la peine de mort, et probablement à la sortie de l’UE ? Grand bien leur fasse, mais que ferons-nous alors du principe de réalité, celui que nous dictent l’intérêt général, nos accords internationaux, les contraintes budgétaires, économiques et sociales. Ce principe qui entre quotidiennement en confrontation avec l’empire des intérêts particuliers, et sans le respect duquel aucun gouvernement des hommes n’est possible.

Que faire alors ? Comment remettre le peuple au cœur de la décision politique ? Je fais une proposition simple : sur le modèle irlandais, créer une assemblée citoyenne, composée de 100 membres tirés au sort, qui serait associée au travail législatif et qui, à l’instar du Conseil d’Etat ou du Conseil économique et sociale, émettrait sur chaque projet et proposition de loi un avis, certes consultatif mais dont on imagine quel poids politique il pourrait avoir.

Au-lieu d’opposer démocratie représentative et démocratie directe, pourquoi ne pas essayer d’améliorer la 1ère qui, rappelons-le avec Churchill, est sans doute « le pire des systèmes, mais à l’exclusion de tous les autres ».

Emmanuel Macron s’est exprimé et nul ne peut dire, de bonne foi, que les décisions qu’il a prises ne répondent pas en partie aux multiples attentes des « gilets jaunes », et au-delà à de millions de travailleurs à travers le pays. Dès lors, il serait incompréhensible que le mouvement, avec son lot d’actes de violences aux conséquences économiques dramatiques pour notre pays, ne cesse maintenant. Toute autre attitude ne pourrait être considérée que comme séditieuse et dangereuse. Le temps du dialogue est bel et bien là.

Il faut faire le pari de la sincérité d’Emmanuel Macron. C’est en tout cas celui que je fais. Bien sûr beaucoup de questions n’ont pas été évoquées mais je me réjouis des mesures annoncées.
J’approuve le rétablissement des heures supplémentaires sans impôt ni charges que nous défendons de longue date. Cette mesure profitera à 9 millions de salariés et participera à renforcer la compétitivité de nos entreprises. J’approuve aussi la revalorisation du SMIC, même si le Premier ministre doit nous dire comment l’Etat compte financer le dispositif. Et l’enjeu est de taille : sans réduction drastique de la dépense publique, les Français finiront bien, d’une manière ou d’une autre, par payer cette annonce de leurs poches ; ce qui est évidemment inenvisageable.

Quoi qu’il en soit, Emmanuel Macron a fait, au cours des 4 dernières semaines, un apprentissage accéléré – et contraint – des réalités profondes du pays. Un 1er pas vers un retour à la cohésion nationale ? Nous l’espérons tous.

Le gouvernement est face à un dilemme : temporiser ou accélérer ? « Les deux mon capitaine ! » serait-on tenté de répondre. D’abord, temporiser sur la fiscalité verte. Comment s’étonner que les contribuables les plus imposés d’Europe (les prélèvements obligatoires pèsent 45,6% du PIB) se révoltent contre une nouvelle hausse des taxes prélevées à la pompe (+ 17 milliards de fiscalité verte sur la durée du quinquennat !) ? Sans parler du reste : CSG (+28 milliards en 2 ans) ; cotisations retraites complémentaires (+1,8 milliard), quasi gel des pensions et des prestations familiales, etc. La coupe est pleine, et les discours moralisateurs sonnent creux : le taux des taxes écologiques en France est l’un des plus élevés d’Europe.

Et ce n’est pas une concertation de 3 mois dans les territoires – est-ce une façon de miser sur l’essoufflement du mouvement ? – qui changera quoi que ce soit. D’ailleurs le gouvernement ne dispose pas de 3 mois. Trois croix rouges figurent déjà à son agenda. X Début janvier : entrée en vigueur des taxes carburants / X Fin janvier : mise en œuvre du prélèvement à la source / X Début février : hausse des tarifs de l’électricité. Formule ô combien explosive !

Ce qui m’amène à la solution : accélérer la transformation du pays. La fiscalité verte a bon dos. Elle sert d’abord à compenser les trop rares – mais nécessaires – baisses de charges consenties par le pouvoir, à contenir tant bien que mal le déficit et à repousser les réformes indispensables : recul de l’âge de départ à la retraite, réformes de la fonction publique et de notre modèle de protection sociale, etc.

Et si, au fond, « les gilets jaunes » étaient une chance. Quelle est l’unique réponse au ras-le-bol fiscal qu’ils expriment ? La réduction drastique de la dépense publique. Nous n’avons de cesse de le réclamer chez Les Républicains.

Mercredi sur TF1, Emmanuel Macron a concédé un regret : ne pas avoir « réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants ». Un terrible aveu d’échec pour celui qui se faisait fort de rétablir la confiance en l’action politique. Et quand la clé de voûte rompt, c’est l’édifice tout entier qui s’effondre. Et provoque des dégâts bien au-delà de sa seule personne ou de son propre camp.

D’après un récent sondage, 59% des Français préféreraient que la direction de l’Etat soit confiée à des experts, et non des élus. Plus grave : 41% se disent favorables à un pouvoir politique autoritaire, quitte à devoir renoncer à certaines libertés individuelles… C’est dire l’état d’épuisement démocratique où se trouve notre pays.

Il serait absurde de tenir Emmanuel Macron pour seul responsable de cette situation. Le mal est beaucoup plus ancien. Mais sa pratique du pouvoir n’arrange rien. Casser les corps intermédiaires est aussi facile – eux aussi sont l’objet de la défiance des Français – que commode : le pouvoir s’exerce en solitaire et les réformes passent sans encombre. Du moins est-ce l’illusion que cela donne dans un 1er temps. Mais la colère cherche d’autres canaux d’expression et finit par les trouver. Et alors plus personne ne peut dire sur quoi elle va déboucher.

Le Président est l’arbitre des équilibres institutionnels. L’homme par qui le rassemblement de tous les Français est possible. La Constitution de la Vème République n’a pas été écrite pour autre chose. Mais lorsqu’Emmanuel Macron jette l’opprobre – « la lèpre populiste » – sur une partie des Français, en l’occurrence ceux qui ont peur de voir leurs repères culturels disparaître, il choisit de ne plus être le Président de tous les Français. Et la violence qu’il récolte n’est qu’une réponse au fossé qu’il a creusé.

Le budget de la France se présente sous la forme d’un gigantesque pavé de plusieurs milliers de pages. Un labyrinthe où il n’est pas rare que les plus aguerris se perdent. Autant dire que pour le commun sa lecture est impossible. C’est alors que la communication gouvernementale prend le relai. Puisqu’il est par trop fastidieux d’étudier les crédits en détail, tenons-nous en à l’essentiel : le pouvoir d’achat des Français progresse à la faveur des baisses d’impôts et le déficit public diminue sous l’effet des vigoureuses politiques de baisse de dépenses. Question suivante ?

Pas si vite ! Si, à la différence de ses prédécesseurs socialistes, le gouvernement d’Edouard Philippe ne peut être taxé d’insincérité dans la présentation de son budget, l’optimisme éclatant dont il fait preuve frise le déni de réalité.

Prenons la fiscalité et les charges qui pèsent sur les ménages : comment le Premier ministre peut-il affirmer que 6 milliards d’euros seront rendus aux Français en 2019 ? En additionnant ce qui baisse : la taxe d’habitation et certaines cotisations salariales, et en omettant de soustraire tout ce qui augmente : la CSG (+ 28 milliards d’euros en 2 ans), les taxes sur les carburants (+2 milliards), les cotisations de retraites complémentaires (+1,8 milliards). Sans compter la désindexation des pensions et des prestations familiales. Le gouvernement invente un budget à 2 colonnes, celle des + et celle des -, qui jamais ne se croisent ! Les ménages aimeraient pouvoir en faire autant…

Prenons maintenant le déficit public. Lui aussi semble être exonéré des règles classiques de la comptabilité. « Le déficit va encore diminuer », martèle-t-on à Bercy. Curieux car la dépense publique va encore augmenter de 22 milliards l’an prochain. Par quel miracle peut-on être, en même temps, à la hausse et à la baisse ? La réalité est plus prosaïque : le déficit augmentera en 2019 – un peu – moins vite qu’en 2018.

Mais ne jouons pas sur les mots…

#JusticeMélenchon. Laissons de côté les outrances du personnage – elles le disqualifient pour longtemps ! –, et posons-nous la question sous-jacente à cette triste affaire : la justice doit-elle traiter un opposant politique (lui ou un autre) avec des prévenances qu’elle n’aurait pas forcément s’agissant d’un citoyen classique ? Poser la question est déjà en soi choquant, me dira-t-on. Le droit n’est-il pas le même pour tous ? Certainement et, pourtant, je revendique une analyse différente.

Je m’explique : certaines professions – avocats, journalistes – bénéficient de protections judiciaires spécifiques. Ce n’est pas l’individu en tant que tel qui est protégé, mais les droits qui se rattachent à sa profession : les droits de la défense pour un avocat, ou ceux des sources pour un journaliste. Qui peut nier qu’à la figure d’un dirigeant politique (d’opposition qui plus est) se rattache des valeurs connexes à la démocratie : liberté d’opinion, pluralité des expressions, etc. Cela ne l’exonère en rien de ses responsabilités (bien au contraire), mais faut-il pour autant faire fi de tout ce qu’il représente ? Je ne le crois pas. Et moins encore lorsque les procédures sont diligentées par des procureurs (nommés par le Garde des Sceaux) et qu’elles semblent à géométrie variable. En somme, ne peut-on pas obtenir le même résultat sur le plan judiciaire, sans risquer le battage médiatique qui entoure désormais chaque dossier mettant en cause un politique ?

Est-il nécessaire, par exemple, d’exiger de Marine Le Pen qu’elle se soumette à un examen psychiatrique dans une affaire d’emplois fictifs ? Et de mobiliser, pour des faits équivalents, une centaine de policiers pour perquisitionner chez Jean-Luc Mélenchon et au siège de son mouvement ? Faut-il absolument tout connaître d’un responsable politique – son agenda, ses activités, ses contacts, etc. – pour élucider des faits a priori circonscrits ? N’existe-t-il pas des méthodes plus appropriées pour faire émerger la vérité, tout en veillant au respect dû à l’opposition ? Cela n’éviterait-il pas à la justice le procès en instrumentalisation que ne manquent pas d’instruire contre elle ceux qui s’en croient, parfois fort opportunément, les victimes ? Evidemment.

Que l’on me comprenne bien, le sort judiciaire de ces personnalités m’indiffère. Qu’elle soient punies si elles ont fauté, et qu’elles le soient sévèrement. Mais j’en appelle à un minimum de bon sens. Qui a quoi que ce soit à gagner dans ces affrontements lamentables ? Ni la politique ni la justice, et moins encore la vérité. Mais qui s’en soucie vraiment ?

Leçons d’un interminable remaniement

Patientons puisque tel est le désir du Président ! Mais qu’il se rassure : cette attente prolongée n’a rien d’insurmontable – sauf évidemment pour les intéressés eux-mêmes… Le suspense est pour l’essentiel éventé :  chacun se rend bien compte que le casting gouvernemental n’aura rien d’exceptionnel. N’est pas Nicolas Hulot qui veut !

Effarant comme un homme courtisé six mois plus tôt peut se retrouver si rapidement isolé. Isolé au point qu’il lui faut 10 jours – peut-être davantage ! – pour trouver un remplaçant à son mentor lyonnais.

La conquête du pouvoir est une chose distincte de son exercice. Les Français ont souvent pu s’en rendre compte par le passé. Mais rarement à ce point. Elu « par effraction » – c’est lui qui le dit –, Emmanuel Macron est en prise avec des difficultés qui trouvent leurs origines en divers points.

Sa victoire d’abord, le fruit de circonstances inédites (disqualification extrapolitique du favori, effondrement du parti au pouvoir, poussée des extrêmes) et du pire 1er tour jamais réalisé (en voix exprimées) par un président élu. Le peu d’assise politique dont on le crédite aujourd’hui provient d’abord de sa très faible assise électorale.

Son projet pour la France, ensuite. Une fois dissipées les illusions du « en même temps », que reste-t-il ? Une vision libérale de l’économie et de la société, et une ambition ultrafédéraliste pour l’Europe. Deux vastes orientations qui ne sont pas dominantes dans l’opinion. Tant s’en faut. Analysée de plus près, son action sur le champ économique et social se singularise, à défaut de s’attaquer à la réduction des déficits, par des transferts massifs de charges (des actifs vers les retraités, des actifs mobiliers vers l’immobilier, etc.) qui nourrissent un profond sentiment d’injustice. Et son absence d’intérêt, voire le mépris avec lequel il considère les sujets régaliens – crise identitaire de l’Occident, laïcité, immigration, etc. – achève de tracer le portrait d’un Président hors-sol.

Sa pratique du pouvoir, enfin. N’ajoutons pas notre pierre au déluge de critiques qui s’abat déjà sur lui. Rappelons simplement au Président les mots très justes qu’il eut au lendemain de son élection : « Je n’oublie pas d’où je viens. Je ne suis pas l’enfant naturel de temps calmes de la vie politique. Je suis le fruit d’une forme de brutalité de l’Histoire. Si j’oublie tout cela, ce sera le début de l’épreuve. »

L’oubli est là, l’épreuve a commencé et aucun remaniement n’y changera rien…