Presse
Répartition des conseillers de Paris par secteurs : le Conseil Constitutionnel sanctionne le gouvernement
Brigitte Kuster, maire du 17e, se réjouit de la censure aujourd’hui par le conseil constitutionnel de l’article 30 de la loi modifiant la répartition des conseillers de Paris par secteurs. Le juge constitutionnel reconnaît le déséquilibre que constitue la surreprésentation démocratique des arrondissements centraux de la capitale au détriment des arrondissements les plus peuplés. Un argument qu’avaient défendu en séance les parlementaires parisiens d’opposition, au premier rang desquels Pierre Charon et Yves Pozzo di Borgo, sénateurs de Paris.
Cette décision annule également de fait (sous réserve de l’examen d’un nouveau texte) la suppression injuste d’un conseiller de Paris dans les 7e, 16e et 17e arrondissements, tous acquis à la droite. Une mesure plus particulièrement injustifiée dans le 17e où la population n’a pas diminué depuis le vote de la loi PLM de 1982 (qui est la période de référence pour le législateur), et où l’arrivée prochaine de 10 000 nouveaux habitants aux Batignolles a été totalement ignorée par le gouvernement, malgré les nombreuses réclamations de Brigitte Kuster qui avait, notamment, saisi officiellement le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur.
Le conseil constitutionnel a, fort heureusement, sanctionné cette manœuvre du gouvernement visant à conférer à la gauche parisienne un avantage électoral artificiel et déloyal dans la perspective des municipales de 2014.
Tweet40 ans du périph’ : il reste tant à faire
Le périphérique est une idée des années 50. L’époque où la voiture régnait en maître, et pour quelques décennies encore, sur la société de consommation naissante. 40 ans après son inauguration, le périph’ a conservé sa vocation exclusivement autoroutière. Avec 1,3 million de voitures qui y circulent chaque jour, il est l’axe routier le plus fréquenté d’Europe. Mais, à l’heure de la ville durable, la boucle de 35km n’est plus franchement à la mode. Bruit, pollution, embouteillage, etc., le périph’ incarne à sa manière les dérives d’un développement urbain archaïque.
Comment faire de ce « mal nécessaire » (il absorbe le quart des déplacements franciliens) un atout pour Paris et sa banlieue ?
En veillant, déjà, à réduire les nuisances. En ce sens, l’installation de murs et la pose d’un bitume antibruit sont à saluer. A l’inverse le projet de la mairie de Paris de limiter à 70km/h la vitesse maximale est sans effet. D’abord parce la vitesse moyenne de circulation sur le périph’ est de 40km/h et ensuite parce qu’une voiture qui roule à 90km/h pollue toujours moins qu’un véhicule pris dans les embouteillages.
Mais, de manière générale, ces mesures n’ont qu’un caractère cosmétique au regard des véritables enjeux, notamment en termes de santé publique (les relevés d’Airparif montrent que le taux de pollution sur le périph’ excèdent les seuils recommandés plus d’un tiers de l’année). Des enjeux dont la mairie de Paris n’a pas pris la mesure.
J’en veux pour preuve le refus de Bertrand Delanoë d’honorer l’engagement qu’il a pris en 2001 (et qui figure au contrat de plan Etat-Région) : couvrir le périphérique entre les Portes Ternes et Champerret. Pourtant chacun sait que la couverture est la solution idoine (le maire de Paris le premier, puisqu’il a engagé la couverture porte de Vanves et porte des Lilas). Elle permet de réduire les nuisances pour les riverains, de relier Paris aux communes voisines et de créer du foncier (logements, bureaux, équipements et loisirs) et des espaces verts sur la dalle couvrante. Il s’agit donc d’un aménagement qui se justifie sur le plan humain et urbanistique et qui peut même se révéler économiquement rentable. Le refus du maire de Paris est d’autant plus incompréhensible que l’Etat et la région Île de France ont, à plusieurs reprises, réaffirmer leurs engagements financiers réciproques (pour en savoir plus www.ouialacouvertureduperiph.fr)…
Le périphérique a 40 ans. Un âge auquel il serait enfin temps d’avoir de grandes ambitions.
TweetAménagements de la Porte Maillot : Anne Hidalgo refuse la concertation
Les enjeux en cours ou à venir se concentrent dans le secteur de la Porte Maillot, non seulement ceux liés à la desserte en transports en commun (prolongement du RER E à l’horizon 2020, prolongement du Tramway voulu par la mairie du 17è) mais aussi des projets urbanistiques très attendus : requalification de l’avenue de la Grande Armée et de la porte Maillot sans parler bien sûr de la couverture du périphérique entre les Portes Ternes, Villiers et Champerret (projet majeur pour lequel les financements étaient pourtant actés, et qui a été tout simplement balayé d’un revers de la main par la mairie de Paris), ou du projet d’enfouissement de la RN 13 et la réalisation d’un « Axe majeur » défendu par le maire de Neuilly.
Il est donc incompréhensible qu’aucune concertation n’ait été jusqu’alors engagée par la mairie de Paris avec la mairie du 17e, les communes voisines et les riverains sur l’ensemble de ces dossiers.
Brigitte Kuster a réitéré aujourd’hui au Conseil de Paris sa demande que soit créée sans tarder un Comité de Porte Maillot, instance de dialogue susceptible de réunir à intervalles réguliers l’ensemble des acteurs des différents projets d’aménagement.
Une proposition qu’elle avait déjà faite en 2010 et qui, malheureusement, n’a jamais été suivie d’effet.
Faisant fi de l’avis du maire d’arrondissement, Anne Hidalgo s’est contentée de renvoyer Brigitte Kuster à une étude à venir, réalisée par l’APUR, dont les résultats seraient à paraître prochainement en ligne…
Cette attitude illustre une fois de plus le mépris et la désinvolture avec lesquels Anne Hidalgo traite les maires d’arrondissement de l’opposition malgré l’importance des projets que ceux ci sont amenés à défendre et à porter dans l’intérêt de leurs territoires respectifs.
TweetMariage pour tous : l’impossible débat
Le traitement que le gouvernement réserve aux opposants au mariage pour tous est choquant. De l’usage de gaz lacrymogènes lors du dernier rassemblement jusqu’au calendrier législatif précipité, le gouvernement s’emploie par tous les moyens à affaiblir ce mouvement sans précédent.
A défaut d’avoir gagné la bataille des idées, le pouvoir joue à plein « le pourrissement » du mouvement. Le calcul est simple : provoquer le durcissement de la mobilisation par le refus du dialogue et les humiliations (dont la grossière sous-estimation des participants à la manifestation du 24 mars n’est qu’un exemple parmi d’autres) afin que d’éventuels débordements viennent la discréditer. La gauche tente d’ailleurs de faire l’amalgame entre l’homophobie abjecte de certains groupuscules extrémistes, qu’il faut dénoncer et condamner fermement, et le combat des organisateurs de la Manif pour tous.
Mais cette stratégie inique s’est rapidement révélée inopérante. Le gouvernement a seulement réussi à étendre la contestation, d’abord exclusivement concentrée sur le projet de loi Taubira, à l’ensemble de sa politique. Des centaines de milliers de voix, d’ordinaire silencieuses, ont choisi de se faire entendre, et ne sont pas prêtes de se taire. La mobilisation a certes adopté des formes d’expression plus variées (certaines nettement plus contestables que d’autres), mais toutes pacifiques. Elles ne sont, en définitive, qu’une réponse au mépris avec lequel le gouvernement traite les opposants au mariage pour tous.
Les socialistes en sont réduits à rappeler que l’élection de François Hollande a déjà tranché le débat (c’est en général l’argument que l’on défend quand tout le reste a échoué). Le suffrage donne certes la légitimité pour agir, et nul ne conteste au Président le droit de vouloir mettre en œuvre un engagement de campagne (on aurait tellement préféré qu’il en fasse autant pour la croissance, l’emploi ou la « République exemplaire »), mais ne signifie pas la victoire idéologique absolue et définitive d’un camp contre l’autre. Ce n’est pas le message du 6 Mai 2012, et ce n’est en aucun cas le sens de nos institutions.
François Hollande doit maintenant se rendre à l’évidence. Le débat parlementaire est bâclé (vote à main levée au Sénat, calendrier accéléré à l’Assemblée, recours prévu aux ordonnances…), depuis des mois la mobilisation contre le texte ne cesse de s’amplifier, et la « 3e majorité », celle du peuple qu’il a si souvent invoquée, n’existe plus (55% des Français sont contre la loi Taubira, Bva – 12/04). Deux alternatives se présentent à lui : soit abandonner la réforme, soit la soumettre à référendum.
TweetHollande jette l’anathème sur la classe politique et déshonore la fonction présidentielle
La gauche ne manque pas d’air. Alors qu’en moins d’un an elle a perdu tout crédit moral et politique auprès des Français, certains dirigeants du PS s’emploient, de la façon la plus malhonnête qui soit, à répandre l’opprobre qui les touche sur l’ensemble de la classe politique. Le calcul est simpliste : souffler sur les braises du « tous pourris » pour esquiver leurs propres responsabilités.
Le président de la République, lui-même, engage en catastrophe une vaste opération d’ « enfumage » afin de désamorcer par tous les moyens une crise qui empirait de jour en jour. Pendant qu’il annonce des mesures qui, soit existent déjà, soit généralisent la suspicion et le voyeurisme, personne ne s’intéresse plus à l’essentiel, à savoir connaître toute la vérité sur les mensonges d’un ministre-clé du gouvernement Ayrault. Pourtant les questions ne manquent pas.
Pourquoi Pierre Moscovici a-t-il limité le périmètre du recours à la convention franco-suisse d’entraide fiscale à la seule banque UBS et au seul nom de Jérôme Cahuzac (la pratique du prête-nom est monnaie courante en Suisse) ? Pourquoi, dans un souci de transparence, ne s’est-il pas servi de la convention équivalente qui existe entre la France et Singapour pour mener jusqu’au bout ses investigations ? Et pourquoi n’a-t-il pas étendu l’enquête à la période antérieure à 2006, puisque l’évasion fiscale n’est pas nécessairement soumise au régime français de la prescription ? Il est manifeste que l’administration fiscale n’a pas réservé au contribuable Cahuzac le zèle qui fait d’ordinaire sa réputation. Se pose dans ces conditions la question de la nature du soutien dont il aurait pu bénéficier, et provenant de qui.
Et pendant que la presse en est réduite à recenser les déclarations de patrimoine de certains élus (l’argus de l’automobile n’aura bientôt plus de mystère pour personne !), les affaires Kucheida et Guérini passent par pertes et profits. Les deux barons socialistes (Pas-de-Calais pour le premier et Bouches-du-Rhône pour le second) qui, à l’époque où François Hollande était premier secrétaire du PS, ont érigé le clientélisme au rang de système politique n’auraient pu rêver meilleur paravent médiatique. Jean-Noël Guérini s’est même permis de publier une déclaration détaillée de son modeste patrimoine…
François Hollande cherche à se dépêtrer de ce maelström. Sa parade consiste à salir toute la classe politique pour une faute qui, en réalité, est la sienne (« Moi président de la République, il y aura un code de déontologie pour les ministres ») et celle de son camp. Mettre ainsi au banc des accusés les milliers d’élus qui, chaque jour, exercent leur mandat avec probité et rigueur, c’est déshonorer la fonction présidentielle qu’il occupe, à défaut de l’incarner.
TweetAlimentation dans les crèches : davantage de traçabilité pour un meilleur service public
Brigitte Kuster, qui avait révélé au grand jour le scandale des lots de poulet avariés livrés dans une crèche du 17e et obtenu que le contrat entre la Ville de Paris et la société prestataire soit cassé, a interrogé aujourd’hui le maire de Paris sur les modalités du prochain marché visant à désigner le nouveau titulaire qui livrera les crèches parisiennes en denrées alimentaires (Sodexo assure l’intérim d’ici là).
En effet, le système actuel a permis de retenir une société qui, outre les manquements gravissimes évoqués à l’instant, a multiplié les fautes à tous les stades de sa prestation, du défaut de livraison à la facturation mensongère. Or si rien ne change dans les modalités d’attribution du marché, qui peut garantir que de telles défaillances ne se reproduiront plus ?
Tout faire pour éviter cela impose de réévaluer les exigences concernant la qualité des produits livrés et des circuits de distribution. Brigitte Kuster propose que le nouveau marché fixe un certain nombre d’objectifs, comme l’approvisionnement auprès des producteurs locaux ou la mise en place d’un dispositif de traçabilité permettant aux personnels et aux parents de vérifier la provenance d’un produit.
La mairie de Paris, qui semble manifestement se satisfaire de la situation actuelle, n’a malheureusement pas donné de suite favorable à ses propositions.
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