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Le débat sur l’avenir de la droite s’est déporté sur des questions de personnes. Sans nier leur intérêt, elles ne sont pourtant pas l’essentiel ; et moins encore aujourd’hui. Avant de savoir « qui ? », il faut savoir « pourquoi ? ». Pourquoi voter pour la droite quand le pouvoir semble, et je dis bien semble, endosser sinon ses valeurs, à tout le moins quelques-unes de ses idées, notamment sur le plan économique. Le simple fait de s’interroger illustre combien le chemin de la reconstruction sera long… Et salutaire.

D’abord parce qu’il faudra bien solder nos comptes avec le passé. Le reproche souvent fait à la droite est de n’avoir pas mené les réformes qu’elle avait promises. Un reproche parfaitement fondé, si l’on s’affranchit de la réalité. Le tsunami économique de 2008 a stoppé net l’élan réformateur porté par Nicolas Sarkozy (dont l’action face à la crise est aujourd’hui largement saluée). Beaucoup de ce qui aurait « dû » être fait n’a tout simplement pas « pu » l’être. Non par manque de volonté, mais par la force des choses.

Ensuite parce que la droite s’est diluée, et sans doute même perdue, dans le trop vaste ensemble que fut l’UMP. Si l’idée d’une fusion de la droite et du centre en un parti unique a pu être présentée comme LA réponse au choc électoral de 2002, force est de constater qu’elle fut un échec sur le temps long. Les succès actuels de l’extrême droite parlent d’eux-mêmes. Et le recul de la droite, ainsi que l’effacement du centre, en sont des preuves supplémentaires. Le rassemblement ne peut se faire que sur la base d’alliances entre des projets assumés, clairs et complémentaires. C’est la dynamique que nous avons su porter dans les collectivités que nous dirigeons, et qu’il faut restaurer à l’échelle nationale.

Mais pour cela, il faut que la droite assume ce qu’elle est. Sans excès – sans doute que le glissement identitaire n’a pas joué en sa faveur –, mais sans excuses non plus.

La droite est libérale en économie, parce qu’elle sait que sans création de richesse il n’y a pas de solidarité.

Elle lutte contre les déficits – il suffit de voir les économies réalisées dans nos régions – parce qu’elle sait qu’ils sont les impôts de demain.

Elle croit en un Etat fort et recentré sur ses missions régaliennes.

Elle croit en la laïcité et en l’égalité des hommes et des femmes, ici et partout en France.

Elle croit qu’écologie rime aussi avec beauté des paysages, des terroirs, du patrimoine.

Elle croit en l’autorité, la transmission, l’émancipation, le refus du communautarisme…

Beaucoup voudraient que la droite change « du sol au plafond » et fasse « sa révolution », et si elle essayait d’abord d’être ce qu’elle est réellement, et ce que ses électeurs attendent toujours d’elle : une droite de gouvernement. Tout simplement.

On ne peut pas se tromper indéfiniment. Il arrive toujours un moment où il faut bien reconnaître ses erreurs. Et l’erreur en l’occurrence, c’est d’avoir refusé de voir l’évidence : dans un contexte sécuritaire en constante dégradation, Paris a plus que jamais besoin d’une police municipale.

On regrettera qu’à seulement un an de la fin de son mandat, Anne Hidalgo – dont le revirement fleure bon l’opportunisme politique –  finisse par se rallier à une position que la droite défend sans relâche depuis des années (comme le prouve, encore récemment, le dépôt de la proposition de loi que j’ai rédigée sur le sujet, en lien ICI). « Mieux vaut tard que jamais », diront les plus optimistes.

Il n’empêche, le temps presse et si la maire de Paris considère qu’elle peut créer une police municipale ex nihilo, nombre de spécialistes ne sont pas de son avis. Il est même probable qu’un vote du Parlement soit nécessaire pour transférer à la mairie de Paris des compétences dévolues jusqu’alors au préfet de police. Et un vote est sans doute indispensable si l’on veut, et c’est souhaitable, qu’à l’avenir les policiers municipaux soient équipés d’armes à feu, et non uniquement de tonfas et matraques, comme le prévoit Anne Hidalgo.

En clair, il y a loin entre la déclaration, qui a tout du coup de com !, et son entrée en vigueur…

Peut-on encore éviter le pire samedi ?

Le gouvernement semble se résigner à la violence. Le dispositif sécuritaire qui sera déployé demain – 8 000 agents à Paris et 89 000 en France – ne connaît aucun équivalent depuis un demi-siècle. Le président lui non plus ne croit pas à l’apaisement. Il ne s’exprimera qu’en début de semaine prochaine pour « ne pas mettre de l’huile sur le feu », nous dit-on dans son entourage.

Mais que peut bien dire un général après une bataille, sinon constater les pertes et les dégâts ? A son retour d’Argentine dimanche dernier, Emmanuel Macron aurait dû annoncer lui-même les concessions faites aux gilets jaunes. Cela aurait permis de fixer un cap clair et d’éviter les contradictions internes au gouvernement qui ont, toute la semaine, affaibli son message. Cela aurait surtout permis au président de montrer qu’il avait pris la mesure de la colère populaire. Et de tenter lui-même de l’apaiser. Il faudra donc attendre la semaine prochaine. Espérons seulement qu’il ne sera pas trop tard.

La priorité aujourd’hui est d’en appeler au calme. Il n’existe pas d’autre issue à la crise que le dialogue. Le choix de la violence ne peut conduire qu’à une impasse funeste.

Une colère s’est levée à travers le pays. Elle porte en elle la légitimité de causes justes : le droit de vivre dignement de son travail, de n’être pas écrasé d’impôts et de taxes, de bénéficier d’un égal accès aux services publics.

Toutes causes qui seront balayées si la France sombrait dans le chaos d’un nouveau samedi noir.

Notre époque se signale par une multiplicité de crises : affaiblissement de nos démocraties, urgence climatique, déclin du multilatéralisme. Pris dans une telle tempête, tout capitaine qui espère mener son navire à bon port doit détenir deux qualités primordiales : une capacité de rassemblement et une vision de long terme.

Le rassemblement, d’abord. Elu sur le dépassement des clivages politiques, le président n’a pas tardé à les remplacer par d’autres formes d’opposition, autrement dévastatrices : les mondialisés face aux enracinés, les progressistes contre les conservateurs, etc. Deux France qu’il oppose sans cesse l’une à l’autre. Ecoutez ce qu’il disait encore cette semaine sur l’Europe : « Les assis et les habitués, prière de s’abstenir, prière de ne pas empêcher les autres de rêver et de mener le combat jusqu’au bout ». Si certains sont assis, l’on peut déduire, a contrario, que « les autres » marchent. Prière donc aux premiers – ceux qui, à des degrés divers, ne croient plus en l’Europe – de ne pas gâcher le rêve éveillé des marcheurs – ceux qui ne trouvent rien à redire à l’Europe. Emmanuel Macron est le président de tous les Français… qui ont voté pour lui.

Quant à la seconde qualité, elle aussi lui fait défaut. En atteste son désintérêt pour les sujets de long terme, comme les migrations ou la laïcité. Au fond, qu’est-ce que le macronisme en dehors d’un projet économique qui tend à libérer les énergies productives – utile à bien des égards – et, « en même temps », à préserver l’Etat-providence ? Je ne saurais davantage le dire aujourd’hui qu’il y a 18 mois.

Après les larmes, l’action ?

C’est ce à quoi les Français aspirent dans leur écrasante majorité (cf. sondage publié ce jour dans le Figaro). Internement des fichés S les plus dangereux, expulsion des islamistes étrangers, interdiction du salafisme, rétablissement de l’état d’urgence, ils veulent doter la France d’un arsenal législatif à la hauteur de la menace terroriste que nous affrontons.

Les Français savent pertinemment que les services font ce qu’ils peuvent mais qu’en l’état du droit, le dispositif est trop laxiste. A quoi bon disposer de renseignements efficaces – et pour preuve : ¾ des terroristes impliqués dans des attentats en France étaient fichés –, s’ils ne débouchent sur aucune mesure coercitive à l’encontre des terroristes en puissance ? Présumés innocents, autrement dit intouchables, jusqu’à ce qu’ils s’organisent en vue de commettre un attentat ; pourvu que l’on arrive à temps pour les en empêcher : voilà à quelle effroyable pression sont soumises nos forces de l’ordre.

Les Français veulent sortir de la logique du flagrant délit, propre au droit commun, pour tendre vers une logique de lutte préventive, qui implique effectivement une législation exceptionnelle. Une évolution législative qui, ne nous voilons pas la face, bouscule certains fondements de notre état de droit – et au 1er chef la présomption d’innocence. Mais comment faire autrement alors que 245 innocents sont morts sous les coups des barbares, et que, malheureusement, le pire est peut-être à venir ?

La démocratie doit prouver qu’elle sait se montrer impitoyable contre ceux qui veulent la détruire. Sans quoi les terroristes auront remporté une bataille dans la guerre qu’ils nous mènent : démontrer que la démocratie est un régime faible et incapable de défendre les siens.

On nous promettait un cataclysme électoral. Ce qui s’est produit est pire encore : 60% des Italiens ont voté en faveur de partis qui rejettent l’Europe. Le pays réputé, hier encore, le plus europhile du continent est à son tour gagné par le scepticisme. L’Italie vient grossir les rangs déjà bien garnis des pays où l’europhobie domine : Royaume-Uni, Pologne, Hongrie, Autriche, République Tchèque, Bulgarie et cela augure mal de la suite. Si rien n’est fait d’ici là, les élections de 2019 pourraient consacrer un Parlement à majorité anti-UE… Mais à qui la faute ? Emmanuel Macron dénonce, en cœur avec les dirigeants bruxellois, les populistes qui attisent les colères et agitent les peurs. Réponse commode mais inopérante. Traiter le symptôme du mal est inutile si l’on ne s’attaque pas à ses causes profondes. Le populisme est la réponse des citoyens inquiets et furieux face à l’incapacité de l’Europe à les protéger efficacement, notamment contre l’afflux massif de migrants. L’heure n’est plus aux grands discours théoriques, façon Emmanuel Macron à la Sorbonne, mais à l’avènement d’une Europe qui fait ses preuves sur le terrain.

De la théorie à la pratique. Un chemin décidément sinueux pour le gouvernement lorsqu’il s’agit des sujets régaliens. Dernier exemple en date : la « refondation pénale ». Emmanuel Macron se dit favorable à des aménagements (bracelets électroniques, travaux d’intérêt général) pour les peines de prison les plus courtes. Objectif : désengorger les prisons dont les capacités d’accueil sont saturées à 143%. Sauf que le président de la République ne peut ignorer que la plupart de ces peines ne sont déjà pas exécutées (100 000 non effectuées en moyenne par an). Nul ne libère une place qu’il n’occupe pas… Plus inquiétant, le président de la République n’entend pas construire de nouvelles prisons (malgré les 15 000 places supplémentaires qu’il s’était engagé à bâtir durant sa campagne), alors que la France, avec 88 places pour 100 000 habitants, est très loin de la moyenne européenne qui s’établit à 130 pour 100 000. Affaiblir la portée des condamnations pénales au moment où la délinquance explose (600 000 faits de violence dénombrés en 2017 !) est un contresens absurde et dangereux.

Autre danger, celui-là plus insidieux : la réforme des institutions. Emmanuel Macron fait feu de tout bois : baisse du nombre de parlementaires, introduction d’une dose de proportionnelle aux élections législatives, révision du droit d’amendement, etc. Il y a à prendre et à laisser (j’y reviendrai lors de prochains billets), mais arrêtons-nous un instant sur ce dernier point. Emmanuel Macron envisage de conditionner le droit d’amendement à la taille du groupe parlementaire. En clair, plus votre groupe est important et plus votre capacité d’amendement est grande. Une prime supplémentaire à la majorité et un mauvais coup porté aux groupes minoritaires, sans parler des députés non-inscrits dont les capacités d’action seraient réduites à néant. Plus fondamentalement, cette mesure traduit une lecture biaisée de la démocratie parlementaire. Le principe majoritaire s’exprime lors de chaque vote, et c’est bien naturel, mais la discussion parlementaire doit demeurer un espace de liberté et d’échanges susceptible d’enrichir les textes de loi. Et qu’importe si cela déplaît à exécutif !

 

 

C’est la douche froide pour des centaines de milliers de Franciliens. Le gouvernement vient de confirmer les rumeurs qui circulaient en coulisses depuis des semaines : le supermétro du Grand Paris a non seulement pris du retard, mais les chantiers de certains tronçons vont être reportés. Toutes les lignes sont impactées. Prenons la 14, axe pivot du Grand Paris Express qui concerne au 1er chef les Parisiens, son ouverture a été successivement promise en 2017, 2019, 2020… Ce sera finalement 2021, voire 2024 selon les différents tronçons.

Analyser les enjeux du Grand Paris Express sous le seul angle des économies à réaliser est une erreur absolue. Un projet de cette nature ne peut être conduit les yeux uniquement rivés sur les dépenses. Il faut aussi regarder ce qu’il va générer comme recettes. Le supermétro est beaucoup plus qu’un coûteux projet de transports, c’est une politique d’aménagement sans équivalent en Île-de-France depuis plus de 50 ans. Il ne s’agit pas seulement de désenclaver des territoires mais de développer de nouvelles opportunités foncières. Il ne s’agit pas uniquement de dépenser de l’argent public mais de favoriser l’émergence de nouvelles richesses. Et elles promettent d’être considérables. Les projets immobiliers et urbanistiques fleurissent déjà sur le tracé des futures lignes du métro !

Ce n’est donc pas une question d’argent – sinon jamais le TGV, le métro parisien ou n’importe quel grand projet d’infrastructure n’auraient pu voir le jour –, mais d’abord d’ambition et de vision. Deux qualités qui font, en l’occurrence, cruellement défaut au gouvernement.

Le tribunal administratif de Paris annule la décision d’Anne Hidalgo de fermer les berges de Seine rive droite. Une décision prise contre l’avis de tous : les riverains, les commissaires enquêteurs, les autorités environnementales, les élus concernés, l’opposition, et qui n’a pas tardé à montrer ses effets déplorables sur la circulation et la pollution.

Les termes qu’emploie le juge administratif pour qualifier l’action de la mairie de Paris, faite « d’irrégularités, d’inexactitudes, d’omissions, de sous-estimations », en dit long sur la gestion autoritaire d’Anne Hidalgo et l’impéritie de son équipe.