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Après les larmes, l’action ?

C’est ce à quoi les Français aspirent dans leur écrasante majorité (cf. sondage publié ce jour dans le Figaro). Internement des fichés S les plus dangereux, expulsion des islamistes étrangers, interdiction du salafisme, rétablissement de l’état d’urgence, ils veulent doter la France d’un arsenal législatif à la hauteur de la menace terroriste que nous affrontons.

Les Français savent pertinemment que les services font ce qu’ils peuvent mais qu’en l’état du droit, le dispositif est trop laxiste. A quoi bon disposer de renseignements efficaces – et pour preuve : ¾ des terroristes impliqués dans des attentats en France étaient fichés –, s’ils ne débouchent sur aucune mesure coercitive à l’encontre des terroristes en puissance ? Présumés innocents, autrement dit intouchables, jusqu’à ce qu’ils s’organisent en vue de commettre un attentat ; pourvu que l’on arrive à temps pour les en empêcher : voilà à quelle effroyable pression sont soumises nos forces de l’ordre.

Les Français veulent sortir de la logique du flagrant délit, propre au droit commun, pour tendre vers une logique de lutte préventive, qui implique effectivement une législation exceptionnelle. Une évolution législative qui, ne nous voilons pas la face, bouscule certains fondements de notre état de droit – et au 1er chef la présomption d’innocence. Mais comment faire autrement alors que 245 innocents sont morts sous les coups des barbares, et que, malheureusement, le pire est peut-être à venir ?

La démocratie doit prouver qu’elle sait se montrer impitoyable contre ceux qui veulent la détruire. Sans quoi les terroristes auront remporté une bataille dans la guerre qu’ils nous mènent : démontrer que la démocratie est un régime faible et incapable de défendre les siens.

On nous promettait un cataclysme électoral. Ce qui s’est produit est pire encore : 60% des Italiens ont voté en faveur de partis qui rejettent l’Europe. Le pays réputé, hier encore, le plus europhile du continent est à son tour gagné par le scepticisme. L’Italie vient grossir les rangs déjà bien garnis des pays où l’europhobie domine : Royaume-Uni, Pologne, Hongrie, Autriche, République Tchèque, Bulgarie et cela augure mal de la suite. Si rien n’est fait d’ici là, les élections de 2019 pourraient consacrer un Parlement à majorité anti-UE… Mais à qui la faute ? Emmanuel Macron dénonce, en cœur avec les dirigeants bruxellois, les populistes qui attisent les colères et agitent les peurs. Réponse commode mais inopérante. Traiter le symptôme du mal est inutile si l’on ne s’attaque pas à ses causes profondes. Le populisme est la réponse des citoyens inquiets et furieux face à l’incapacité de l’Europe à les protéger efficacement, notamment contre l’afflux massif de migrants. L’heure n’est plus aux grands discours théoriques, façon Emmanuel Macron à la Sorbonne, mais à l’avènement d’une Europe qui fait ses preuves sur le terrain.

De la théorie à la pratique. Un chemin décidément sinueux pour le gouvernement lorsqu’il s’agit des sujets régaliens. Dernier exemple en date : la « refondation pénale ». Emmanuel Macron se dit favorable à des aménagements (bracelets électroniques, travaux d’intérêt général) pour les peines de prison les plus courtes. Objectif : désengorger les prisons dont les capacités d’accueil sont saturées à 143%. Sauf que le président de la République ne peut ignorer que la plupart de ces peines ne sont déjà pas exécutées (100 000 non effectuées en moyenne par an). Nul ne libère une place qu’il n’occupe pas… Plus inquiétant, le président de la République n’entend pas construire de nouvelles prisons (malgré les 15 000 places supplémentaires qu’il s’était engagé à bâtir durant sa campagne), alors que la France, avec 88 places pour 100 000 habitants, est très loin de la moyenne européenne qui s’établit à 130 pour 100 000. Affaiblir la portée des condamnations pénales au moment où la délinquance explose (600 000 faits de violence dénombrés en 2017 !) est un contresens absurde et dangereux.

Autre danger, celui-là plus insidieux : la réforme des institutions. Emmanuel Macron fait feu de tout bois : baisse du nombre de parlementaires, introduction d’une dose de proportionnelle aux élections législatives, révision du droit d’amendement, etc. Il y a à prendre et à laisser (j’y reviendrai lors de prochains billets), mais arrêtons-nous un instant sur ce dernier point. Emmanuel Macron envisage de conditionner le droit d’amendement à la taille du groupe parlementaire. En clair, plus votre groupe est important et plus votre capacité d’amendement est grande. Une prime supplémentaire à la majorité et un mauvais coup porté aux groupes minoritaires, sans parler des députés non-inscrits dont les capacités d’action seraient réduites à néant. Plus fondamentalement, cette mesure traduit une lecture biaisée de la démocratie parlementaire. Le principe majoritaire s’exprime lors de chaque vote, et c’est bien naturel, mais la discussion parlementaire doit demeurer un espace de liberté et d’échanges susceptible d’enrichir les textes de loi. Et qu’importe si cela déplaît à exécutif !

 

 

C’est la douche froide pour des centaines de milliers de Franciliens. Le gouvernement vient de confirmer les rumeurs qui circulaient en coulisses depuis des semaines : le supermétro du Grand Paris a non seulement pris du retard, mais les chantiers de certains tronçons vont être reportés. Toutes les lignes sont impactées. Prenons la 14, axe pivot du Grand Paris Express qui concerne au 1er chef les Parisiens, son ouverture a été successivement promise en 2017, 2019, 2020… Ce sera finalement 2021, voire 2024 selon les différents tronçons.

Analyser les enjeux du Grand Paris Express sous le seul angle des économies à réaliser est une erreur absolue. Un projet de cette nature ne peut être conduit les yeux uniquement rivés sur les dépenses. Il faut aussi regarder ce qu’il va générer comme recettes. Le supermétro est beaucoup plus qu’un coûteux projet de transports, c’est une politique d’aménagement sans équivalent en Île-de-France depuis plus de 50 ans. Il ne s’agit pas seulement de désenclaver des territoires mais de développer de nouvelles opportunités foncières. Il ne s’agit pas uniquement de dépenser de l’argent public mais de favoriser l’émergence de nouvelles richesses. Et elles promettent d’être considérables. Les projets immobiliers et urbanistiques fleurissent déjà sur le tracé des futures lignes du métro !

Ce n’est donc pas une question d’argent – sinon jamais le TGV, le métro parisien ou n’importe quel grand projet d’infrastructure n’auraient pu voir le jour –, mais d’abord d’ambition et de vision. Deux qualités qui font, en l’occurrence, cruellement défaut au gouvernement.

Le tribunal administratif de Paris annule la décision d’Anne Hidalgo de fermer les berges de Seine rive droite. Une décision prise contre l’avis de tous : les riverains, les commissaires enquêteurs, les autorités environnementales, les élus concernés, l’opposition, et qui n’a pas tardé à montrer ses effets déplorables sur la circulation et la pollution.

Les termes qu’emploie le juge administratif pour qualifier l’action de la mairie de Paris, faite « d’irrégularités, d’inexactitudes, d’omissions, de sous-estimations », en dit long sur la gestion autoritaire d’Anne Hidalgo et l’impéritie de son équipe. 

 

La valse des projets de réforme : baccalauréat, formation, service national, SNCF, etc., donnerait presque le tournis. Du moins à ceux qui confondent un rapport et une réforme. Les idées et les rotatives tournent à plein mais, sur le terrain, les choses vont-elles aussi loin que le gouvernement aimerait nous le faire croire ? Visiblement non. Si la croissance reprend quelques couleurs, le pouvoir d’achat des Français reste en berne. Les dépenses des ménages ont moins progressé en 2017 qu’en 2016, et les mesures pour 2018 (hausse de la CSG, taxe sur les carburants, baisse de la PAJE, etc.) promettent encore d’aggraver la situation. Cette année, l’INSEE table sur un recul de 0,3% du pouvoir d’achat. Le risque est patent de voir les bienfaits de la croissance ne profiter qu’à une toute petite frange de la population.

Les réformes sont autrement plus simples à conduire par temps de croissance. Pourtant, le gouvernement n’engage pas, ou alors très tardivement, celles (retraite, assurance-maladie, fonction publique) qui permettront à l’Etat de réduire les déficits et, in fine, de baisser les impôts des particuliers. Car c’est là que les gains de pouvoir d’achat pour les Français sont les plus significatifs. Malheureusement, Emmanuel Macron semble se satisfaire des niveaux d’imposition qu’il a hérités de son prédécesseur. Il en veut même toujours plus. Le FISC collectera l’an prochain 4,5 milliards de prélèvements supplémentaires. Preuve que ni la baisse des cotisations salariales, ni la réduction de la taxe d’habitation ne compensent toutes les autres hausses, et en 1er lieu celle de la CSG.

Dans un passé encore récent (sous Lionel Jospin), la France a réussi une triste prouesse : afficher une croissance de 3% et laisser le pouvoir d’achat des Français se dégrader. Avec les conséquences politiques que l’on connaît. Emmanuel Macron n’ignore rien des tensions qui parcourent notre pays. Reste à convertir cette prise de conscience en actes. Réformer et réformer avec courage pour que tous profitent des vents porteurs de l’économie ; voilà ce que les Français attendent de lui.

Le conseil de Paris qui s’est tenu cette semaine a prouvé au moins une chose : non contente d’essuyer échec sur échec, Anne Hidalgo persiste à croire que sa politique produit des effets positifs. Comme lorsqu’elle déclare sans rire que la pollution a baissé de 30% à Paris en dix ans…

On peut égrener à l’infini les dossiers sur lesquels la maire de Paris rencontre de vraies difficultés. Il y a les plus visibles : les rats, la saleté, la pollution, etc., qui suscitent à juste titre la colère des Parisiens, mais le pire est ailleurs. La course que mènent Anne Hidalgo et son adjoint communiste pour atteindre 30% de logements sociaux est une folie. Des sommes colossales sont investies pour transformer en logements sociaux des appartements privés dans les quartiers où les m2 se négocient à prix d’or. Et ils ne regardent pas à la dépense car c’est au nom de la sacrosainte « mixité sociale » qu’agissent nos bienfaiteurs de l’humanité. Mais pas n’importe quelle mixité sociale. Là où elle devrait être une priorité – dans les quartiers populaires –, les dernières familles de la classe moyenne vivant en HLM sont priées de payer des surloyers souvent importants ; une autre façon de leur signifier leur congé… Avec l’argent qu’elle devrait consacrer aux zones les plus fragiles – l’entretien du parc social est lamentable –, Anne Hidalgo préfère s’offrir des symboles coûteux et proclamer : « les ghettos de riches, c’est fini ! » Curieuse ambition. Je lui en suggère une autre, plus juste et plus urgente : à quand la fin des ghettos de pauvres ?

Sur le logement, comme dans bien d’autres domaines, Anne Hidalgo crée au sein de la société parisienne des fractures toujours plus profondes. Jamais Paris n’a été plus inhospitalière à l’égard des familles, des classes moyennes, et de tous ceux qui sont trop riches pour être aidés, mais pas assez pour être aisés. Autrement dit l’écrasante majorité des Parisiens.

 

MARSEILLAISEJ’ai signé avec plus de 30 députés LR une proposition de loi visant à imposer l’apprentissage de la Marseillaise à l’école, et sa pratique régulière au collège et au lycée.

Tous saluent la volonté du ministre de l’Education nationale et de son homologue de la Culture de créer, d’ici à la rentrée 2019, des chorales dans les 60 000 écoles, collèges et lycées de France. La pratique du chant choral sensibilisera les élèves à des registres musicaux dont nombre d’entre eux ignorent jusqu’à l’existence et leur inculquera la discipline et l’esprit de groupe propres à un tel enseignement. Mais alors que le projet éducatif est encore en cours d’élaboration, il leur apparaît indispensable d’affirmer dans la loi que l’apprentissage de l’hymne national à l’école élémentaire est une priorité et qu’une pratique répétée, notamment à l’occasion des commémorations patriotiques, doit se poursuivre tout au long du cursus scolaire.

Jacques Chirac avait coutume de dire : « les emmerdes, ça volent toujours en escadrille ». Anne Hidalgo pourrait faire sienne la formule de son illustre prédécesseur. Il faut dire qu’en ce début d’année, le sort s’acharne contre elle. Rien ne va plus : les rats infestent les rues, le Velib2 vire au fiasco, la dette municipale s’envole, les trottoirs sont sales, les classes moyennes fuient le coût exorbitant de la vie, la violence gangrène des quartiers entiers, l’espace public est un capharnaüm sans nom, l’air est plus pollué que jamais, la ligne 12 est devenue le refuge des toxicomanes. N’en jetez plus ! Sur le plan politique, le tableau n’est guère plus réjouissant : les modérés ont pris la tangente macroniste et sa majorité s’est rétrécie autant que gauchisée. Anne Hidalgo voit les nuages noirs s’accumuler au-dessus de sa tête. Ses troupes tentent une contre-offensive et dénoncent en cœur le « Hidalgo bashing » ; un système de défense qui s’est particulièrement illustré sous le « Hollande bashing » ! Si seulement les choses étaient aussi simples.

Quoi qu’en disent ses amis, l’impopularité d’Anne Hidalgo ne relève pas d’un malentendu. Les Parisiens ont parfaitement compris où elle entend les mener. Et ils refusent de vivre dans une ville où les tensions ne cessent de s’exacerber. Ils n’acceptent pas d’être les otages de politiques dogmatiques qui ont en commun d’aggraver les problèmes qu’elles sont censées résoudre. Toujours plus de logements sociaux réalisés à marche forcée, mais toujours plus de familles de la classe moyenne sur le départ. Toujours plus de mesures anti-voitures, mais toujours plus d’embouteillages et de pollution. Toujours plus d’impôts et de fonctionnaires, mais toujours moins de services publics efficaces et performants. Etc., etc.

Anne Hidalgo paie aussi une erreur sans doute plus fondamentale : n’avoir pas su fédérer les Parisiens autour de projets d’envergure. Elle qui a tout misé sur les JO n’a toujours pas compris que Paris 2024 commence aujourd’hui. Qu’est-ce qui a changé en matière de pratique sportive depuis 6 mois ? Rien. Les équipements ouvrent aux heures où tout le monde travaille et les clubs ont toujours les pires difficultés à proposer des créneaux à leurs adhérents. Idem en matière de culture. La Nuit Blanche fête ses 15 ans et la relève se fait désespérément attendre. Où est l’événement culturel majeur de son mandat ? Anne Hidalgo n’aime pas l’entendre, mais la réalité est que la culture à Paris, c’est d’abord l’Etat qui la fait vivre.

Une maxime sied particulièrement à la gouvernance que devrait porter la maire de Paris : « les pieds sur terre, et la tête dans les étoiles ». Malheureusement, Anne Hidalgo n’a ni les pieds sur terre, ni la tête dans les étoiles.

– Moins de fonctionnaires ? Oui, mais comment ? C’est à cette question que le gouvernement tente de répondre. Et il est temps : Emmanuel Macron s’est engagé à supprimer 120 000 emplois publics. Une promesse qu’il n’est pas près d’honorer. Cette année, la masse salariale de l’Etat progressera de 1,6%… Le Premier ministre a placé les jalons de ce que pourrait être la réforme qui sera présentée au Parlement en 2019. Une poignée d’idées fortes sont soumises au débat, dont la plus singulière – bien que déjà employée sous Nicolas Sarkozy – est un plan de départs volontaires. A sa manière, assez habile, disons-le, Edouard Philippe en dit trop et pas assez. Trop pour rassurer ceux qui s’inquiètent de voir le gouvernement laisser les comptes publics partir à la dérive. Et pas assez pour ne pas susciter la colère des syndicats. Affaire à suivre…

– 1,9% de croissance. C’est moins bien que la moyenne de la zone euro (2,5% du PIB), mais l’essentiel est là : les vents de la croissance gonflent à nouveau les voiles de nos entreprises (+340 000 créations en 2017). Le pouvoir actuel n’y est pas pour grand-chose, mais il a posé des actes utiles, en matière de simplification du droit social et de baisse de la fiscalité, pour que la France saisisse mieux les opportunités qui se présentent à elle. Des actes utiles, mais qui en appellent beaucoup d’autres, et d’une autre ampleur, notamment la baisse drastique des charges sur les entreprises. Avec 9,6% de chômeurs et un déficit proche de 3% du PIB (contre 0,3% en moyenne dans la zone euro), la France reste le mauvais élève de la classe…

– « Burn-out » : tout le monde sait ce que c’est, mais personne ne s’accorde sur la définition à donner à ce syndrome aux multiples facteurs. Il est vrai que l’épuisement professionnel, et son lot de dépression et d’anxiété généralisée, suscite la controverse dans le corps médical. Comment établir précisément le rôle déclencheur du travail dans l’émergence de la pathologie ? Il est si difficile de trancher cette question qu’à ce jour, seulement 600 cas annuels sont pris en charge par l’assurance-maladie. Un chiffre dérisoire au regard de la réalité. Et comme il est toujours plus commode de ne pas décider, le gouvernement a rejeté une proposition de loi visant à reconnaître le « burn-out » comme maladie professionnelle. Un mauvais coup fait au Parlement, mais surtout un mauvais coup fait aux malades.