Législatives 2012
Pourquoi je soutiens Nathalie Kosciusko-Morizet
En soutenant Nathalie Kosciusko-Morizet aux primaires parisiennes, je fais le choix d’une femme engagée capable de conquérir Paris.
Ce choix est à la fois celui du cœur et celui de la raison.
Le choix du cœur, parce que NKM est une femme politique d’une trempe exceptionnelle pour qui j’ai beaucoup d’estime.
Je me souviens de son travail acharné auprès de Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle. Le poste de porte-parole qu’elle occupait seule était, de loin, le plus difficile à tenir. Elle a assumé ses fonctions avec beaucoup de sang-froid et de convictions.
J’ai aussi beaucoup apprécié la ministre si profondément convaincue de la nécessité de faire entrer notre société consumériste dans une nouvelle ère, celle du développement durable. Une conviction que je partage pleinement avec elle. Le Grenelle de l’environnement est un marqueur indélébile de son parcours politique, et son expérience va énormément compter à Paris qui a tant besoin d’une politique écologique enfin efficace.
Le choix de la raison ensuite, parce que Nathalie est une femme moderne de 40 ans (la moyenne d’âge des Parisiens), qui conjugue avec talent sa vie de famille et son engagement politique. C’est parce qu’elle nous ressemble que Nathalie est celle qui peut réconcilier les Parisiens entre eux. Delanoë les a tant divisés depuis 2001 à force de créer des clivages sur presque tous les sujets (logement, déplacements, scolarité…).
J’admire aussi le courage qui anime sa démarche politique. En annonçant qu’elle se présentera dans un arrondissement de la reconquête, elle nous offre les meilleures chances de l’emporter.
J’aime enfin son indépendance d’esprit qui la conduit parfois à prendre des positions différentes de celles de son camp (même si je ne suis pas favorable à son abstention lors du vote de la loi sur le mariage pour tous). Ce trait de caractère est un atout quand on aspire à rassembler au-delà des appartenances partisanes.
Enfin, NKM porte un projet qui veut, à la fois, remettre la capitale à la place qui devrait être la sienne en Europe et rendre plus facile la vie quotidienne des Parisiens qui ont beaucoup souffert du dogmatisme de la municipalité sortante.
Sa victoire aux primaires sera la première marche de la conquête de Paris !
NKM a aujourd’hui besoin d’un élan populaire pour l’aider à battre la gauche en 2014. Les primaires de l’alternance doivent insuffler cette dynamique de la victoire. Il faut pour cela participer et faire participer tous ceux qui, comme nous, veulent l’alternance à Paris : www.primairesparis.fr
Brigitte Kuster
TweetDéveloppement économique : il faut enrayer le déclin de Paris
Lorsqu’Anne Hidalgo parle d’économie ses mots sonnent faux. Et pour cause ! Le développement économique n’est pas son fort. Un manque d’appétence qu’elle partage d’ailleurs avec Bertrand Delanoë.
Un simple test suffit pour le démontrer : lorsqu’on tape « économie » et « ville de Paris » sur Google, les liens qui sortent immédiatement renvoient vers « économie sociale et solidaire ». Non que cette approche soit à proscrire, mais elle ne peut être qu’un corollaire du développement économique qui crée de l’emploi et de la richesse. Une conviction qui n’est manifestement pas celle de la municipalité sortante. Un comble quand on sait que le taux de chômage est ici supérieur à la moyenne nationale.
Bien sûr Paris conserve une certaine attractivité. Mais elle tient bien davantage aux infrastructures nationales (universités, grandes écoles, réseaux de transports) et à la marque « Paris » qu’à la politique municipale, et ne s’exerce essentiellement que sur quelques grands groupes internationaux. Et encore, les restrictions propres à Paris (dont la fermeture des magasins le dimanche et les difficultés de circulation et de stationnement sont les plus flagrantes) et au droit social français dissuadent plus d’une entreprise d’installer son siège à Paris.
Rien n’est fait à l’inverse pour les TPE et les PME. Ou, plus exactement, tout est fait pour les dissuader d’investir. Rien que la contribution foncière des entreprises (CFE) – une taxe fixée dans chaque commune par le conseil municipal – a triplé en 2012. Qui s’étonne dès lors que le nombre de commerces de proximité qui ferment atteigne actuellement des sommets.
Et ne parlons pas du soutien insuffisant apporté aux créateurs d’entreprises. La proposition que j’ai plusieurs fois adressée à Bertrand Delanoë de créer une pépinière d’entreprises dans le nouveau quartier Clichy-Batignolles (qui compte pourtant 140 000 m2 de bureaux) a toujours été ignorée. Et si d’autres pépinières ont ou vont voir le jour, elles sont trop souvent dédiées à des activités très spécifiques que le secteur associatif (204 millions d’euros de subventions en 2012) et l’administration couvrent déjà pour l’essentiel.
Créer de la croissance et donc de l’emploi à Paris impose de poser la question de notre compétitivité. Cela passe bien entendu par des allègements de charges et la levée d’un certain nombre de freins, mais cela passe avant tout par la relance du Grand Paris. Ce projet initié par Nicolas Sarkozy, qui s’organise autour de pôles d’excellence reliés entre eux par un métro automatique moderne et rapide, est le seul outil économique qui permettra à Paris de retrouver la place qu’elle n’aurait jamais dû perdre en Europe : la première. Le prochain maire de Paris devra peser de tout son poids politique pour relancer ce projet que le gouvernement Ayrault a dénaturé.
Tweet40 ans du périph’ : il reste tant à faire
Le périphérique est une idée des années 50. L’époque où la voiture régnait en maître, et pour quelques décennies encore, sur la société de consommation naissante. 40 ans après son inauguration, le périph’ a conservé sa vocation exclusivement autoroutière. Avec 1,3 million de voitures qui y circulent chaque jour, il est l’axe routier le plus fréquenté d’Europe. Mais, à l’heure de la ville durable, la boucle de 35km n’est plus franchement à la mode. Bruit, pollution, embouteillage, etc., le périph’ incarne à sa manière les dérives d’un développement urbain archaïque.
Comment faire de ce « mal nécessaire » (il absorbe le quart des déplacements franciliens) un atout pour Paris et sa banlieue ?
En veillant, déjà, à réduire les nuisances. En ce sens, l’installation de murs et la pose d’un bitume antibruit sont à saluer. A l’inverse le projet de la mairie de Paris de limiter à 70km/h la vitesse maximale est sans effet. D’abord parce la vitesse moyenne de circulation sur le périph’ est de 40km/h et ensuite parce qu’une voiture qui roule à 90km/h pollue toujours moins qu’un véhicule pris dans les embouteillages.
Mais, de manière générale, ces mesures n’ont qu’un caractère cosmétique au regard des véritables enjeux, notamment en termes de santé publique (les relevés d’Airparif montrent que le taux de pollution sur le périph’ excèdent les seuils recommandés plus d’un tiers de l’année). Des enjeux dont la mairie de Paris n’a pas pris la mesure.
J’en veux pour preuve le refus de Bertrand Delanoë d’honorer l’engagement qu’il a pris en 2001 (et qui figure au contrat de plan Etat-Région) : couvrir le périphérique entre les Portes Ternes et Champerret. Pourtant chacun sait que la couverture est la solution idoine (le maire de Paris le premier, puisqu’il a engagé la couverture porte de Vanves et porte des Lilas). Elle permet de réduire les nuisances pour les riverains, de relier Paris aux communes voisines et de créer du foncier (logements, bureaux, équipements et loisirs) et des espaces verts sur la dalle couvrante. Il s’agit donc d’un aménagement qui se justifie sur le plan humain et urbanistique et qui peut même se révéler économiquement rentable. Le refus du maire de Paris est d’autant plus incompréhensible que l’Etat et la région Île de France ont, à plusieurs reprises, réaffirmer leurs engagements financiers réciproques (pour en savoir plus www.ouialacouvertureduperiph.fr)…
Le périphérique a 40 ans. Un âge auquel il serait enfin temps d’avoir de grandes ambitions.
TweetMariage pour tous : l’impossible débat
Le traitement que le gouvernement réserve aux opposants au mariage pour tous est choquant. De l’usage de gaz lacrymogènes lors du dernier rassemblement jusqu’au calendrier législatif précipité, le gouvernement s’emploie par tous les moyens à affaiblir ce mouvement sans précédent.
A défaut d’avoir gagné la bataille des idées, le pouvoir joue à plein « le pourrissement » du mouvement. Le calcul est simple : provoquer le durcissement de la mobilisation par le refus du dialogue et les humiliations (dont la grossière sous-estimation des participants à la manifestation du 24 mars n’est qu’un exemple parmi d’autres) afin que d’éventuels débordements viennent la discréditer. La gauche tente d’ailleurs de faire l’amalgame entre l’homophobie abjecte de certains groupuscules extrémistes, qu’il faut dénoncer et condamner fermement, et le combat des organisateurs de la Manif pour tous.
Mais cette stratégie inique s’est rapidement révélée inopérante. Le gouvernement a seulement réussi à étendre la contestation, d’abord exclusivement concentrée sur le projet de loi Taubira, à l’ensemble de sa politique. Des centaines de milliers de voix, d’ordinaire silencieuses, ont choisi de se faire entendre, et ne sont pas prêtes de se taire. La mobilisation a certes adopté des formes d’expression plus variées (certaines nettement plus contestables que d’autres), mais toutes pacifiques. Elles ne sont, en définitive, qu’une réponse au mépris avec lequel le gouvernement traite les opposants au mariage pour tous.
Les socialistes en sont réduits à rappeler que l’élection de François Hollande a déjà tranché le débat (c’est en général l’argument que l’on défend quand tout le reste a échoué). Le suffrage donne certes la légitimité pour agir, et nul ne conteste au Président le droit de vouloir mettre en œuvre un engagement de campagne (on aurait tellement préféré qu’il en fasse autant pour la croissance, l’emploi ou la « République exemplaire »), mais ne signifie pas la victoire idéologique absolue et définitive d’un camp contre l’autre. Ce n’est pas le message du 6 Mai 2012, et ce n’est en aucun cas le sens de nos institutions.
François Hollande doit maintenant se rendre à l’évidence. Le débat parlementaire est bâclé (vote à main levée au Sénat, calendrier accéléré à l’Assemblée, recours prévu aux ordonnances…), depuis des mois la mobilisation contre le texte ne cesse de s’amplifier, et la « 3e majorité », celle du peuple qu’il a si souvent invoquée, n’existe plus (55% des Français sont contre la loi Taubira, Bva – 12/04). Deux alternatives se présentent à lui : soit abandonner la réforme, soit la soumettre à référendum.
TweetHollande jette l’anathème sur la classe politique et déshonore la fonction présidentielle
La gauche ne manque pas d’air. Alors qu’en moins d’un an elle a perdu tout crédit moral et politique auprès des Français, certains dirigeants du PS s’emploient, de la façon la plus malhonnête qui soit, à répandre l’opprobre qui les touche sur l’ensemble de la classe politique. Le calcul est simpliste : souffler sur les braises du « tous pourris » pour esquiver leurs propres responsabilités.
Le président de la République, lui-même, engage en catastrophe une vaste opération d’ « enfumage » afin de désamorcer par tous les moyens une crise qui empirait de jour en jour. Pendant qu’il annonce des mesures qui, soit existent déjà, soit généralisent la suspicion et le voyeurisme, personne ne s’intéresse plus à l’essentiel, à savoir connaître toute la vérité sur les mensonges d’un ministre-clé du gouvernement Ayrault. Pourtant les questions ne manquent pas.
Pourquoi Pierre Moscovici a-t-il limité le périmètre du recours à la convention franco-suisse d’entraide fiscale à la seule banque UBS et au seul nom de Jérôme Cahuzac (la pratique du prête-nom est monnaie courante en Suisse) ? Pourquoi, dans un souci de transparence, ne s’est-il pas servi de la convention équivalente qui existe entre la France et Singapour pour mener jusqu’au bout ses investigations ? Et pourquoi n’a-t-il pas étendu l’enquête à la période antérieure à 2006, puisque l’évasion fiscale n’est pas nécessairement soumise au régime français de la prescription ? Il est manifeste que l’administration fiscale n’a pas réservé au contribuable Cahuzac le zèle qui fait d’ordinaire sa réputation. Se pose dans ces conditions la question de la nature du soutien dont il aurait pu bénéficier, et provenant de qui.
Et pendant que la presse en est réduite à recenser les déclarations de patrimoine de certains élus (l’argus de l’automobile n’aura bientôt plus de mystère pour personne !), les affaires Kucheida et Guérini passent par pertes et profits. Les deux barons socialistes (Pas-de-Calais pour le premier et Bouches-du-Rhône pour le second) qui, à l’époque où François Hollande était premier secrétaire du PS, ont érigé le clientélisme au rang de système politique n’auraient pu rêver meilleur paravent médiatique. Jean-Noël Guérini s’est même permis de publier une déclaration détaillée de son modeste patrimoine…
François Hollande cherche à se dépêtrer de ce maelström. Sa parade consiste à salir toute la classe politique pour une faute qui, en réalité, est la sienne (« Moi président de la République, il y aura un code de déontologie pour les ministres ») et celle de son camp. Mettre ainsi au banc des accusés les milliers d’élus qui, chaque jour, exercent leur mandat avec probité et rigueur, c’est déshonorer la fonction présidentielle qu’il occupe, à défaut de l’incarner.
TweetHollande doit entendre la colère du peuple
Anne Hidalgo, comme tant d’autres responsables socialistes, estime « qu’il faudra se poser la question d’un nouveau gouvernement ». Une manière détournée de reconnaître qu’il y a péril en la demeure. Un sentiment largement partagé à gauche où il ne se trouve plus un ténor socialiste (en dehors des ministres, et encore !) pour défendre sans état d’âme la politique menée par l’équipe gouvernementale.
La panique monte au PS car ils sont nombreux à craindre de tout perdre. Le mécontentement populaire est si fort que la Rue de Solferino redoute que les municipales ne tourne au désastre, si rien ne change d’ici là. D’où l’insistance avec laquelle la candidate socialiste à la mairie de Paris (qui a vu dans les sondages son avance sur NKM presque totalement disparaître en un mois) prône un remaniement gouvernemental…
Mais un remaniement pour quoi faire ? La crise que nous affrontons n’est pas uniquement politique, elle est avant tout morale. Et ses conséquences sont d’autant plus désastreuses qu’elle se déroule au beau milieu d’une crise économique et sociale sans précédent. Quelques ajustements humains et techniques, même s’ils impliquent un changement de Premier ministre, ne suffiront jamais à réparer la fracture de confiance que la gestion socialiste n’a fait qu’accentuer depuis 11 mois, et que l’affaire Cahuzac vient aggraver encore de manière spectaculaire.
La seule option qui reste à François Hollande, c’est de rétablir le dialogue avec les Français. Il peut le faire par la voie référendaire sur un enjeu majeur de sa politique ou en prononçant la dissolution de l’Assemblée nationale afin d’organiser des élections générales anticipées. Entendre maintenant le peuple ou subir demain une poussée considérable des extrêmes…
TweetPollution à Paris : Anne Hidalgo refuse de voir la réalité en face
« La pollution aux particules a diminué de manière très importante à Paris ». Une affirmation qu’Anne Hidalgo a répétée ces derniers jours dans les médias et qui mérite d’être vérifiée tant elle paraît contradictoire avec toutes les études réalisées sur le sujet. Pour en avoir le cœur net, il suffit de se rendre sur le site d’Airparif (www.airparif.asso.fr). Quelques clics plus tard, on comprend qu’Anne Hidalgo s’autorise à l’égard de la vérité une grande liberté (pour ne pas dire davantage)…
Si la présence dans l’air de certains polluants (dioxyde de soufre, plomb, monoxyde de carbone) a bel et bien diminué – en raison, notamment, de nouvelles normes plus contraignantes à l’encontre de produits présents dans la composition des solvants, des carburants, etc. -, elle a progressé en ce qui concerne les particules PM10 et PM2,5, l’ozone, l’oxyde d’azote et le benzène, des polluants atmosphériques extrêmement dangereux pour la santé (la particule en suspension PM10 est classée parmi les facteurs cancérogènes par l’OMS), qui résultent de deux sources d’émission principales : le trafic routier et le secteur résidentiel et tertiaire (chauffage).
La situation est à ce point critique que la cour de justice de l’UE a engagé une procédure contentieuse à l’encontre de la France pour non-respect des valeurs-limites applicables aux particules PM10 dans plusieurs agglomérations, et plus singulièrement à Paris où la concentration y est la plus forte.
Il s’agit en réalité d’une critique cinglante à l’encontre de Bertrand Delanoë qui, en menant une politique acharnée contre les automobilistes, n’a réussi qu’à engendrer toujours plus d’embouteillages (au cours desquels la consommation d’un véhicule peut presque doublée) et à multiplier de façon exponentielle le nombre de scooters qui, pour la plupart (notamment les 125cm3 qui sont très répandus) polluent autant voire davantage qu’une voiture.
Résultats : Bertrand Delanoë a fait de 2012 l’année de tous les records en matière de concentration de particules PM10 : 28 jours au-dessus des seuils réglementaires dans le 18e, 22 jours dans le centre de Paris et 136 jours au niveau du périphérique Porte d’Auteuil ! Des records qui devraient être, d’après les premiers chiffres d’Airparif, largement battus en 2013.
De deux choses l’une : soit Anne Hidalgo est mal informée, soit elle prend des libertés coupables avec la réalité. Dans les deux cas, elle fait preuve d’une stupéfiante légèreté pour quelqu’un qui aspire à devenir maire de Paris.
TweetParis doit redevenir le moteur du Grand Paris
Il n’y a pas d’enjeu plus grand pour Paris que celui du Grand Paris. Paris vit à l’étroit dans ses 105 km2, dos tourné aux communes voisines. Bertrand Delanoë n’a pas compris – ou trop tard – que les solutions aux problèmes des Parisiens sont à chercher aussi bien à Paris qu’à l’extérieur.
La pression démographique parisienne, la plus forte d’Europe, engendre une concentration de difficultés : logement, transport, propreté, pollution atmosphérique, etc., qui rendent la vie impossible à de plus en plus de Parisiens, principalement issus des classes moyennes. Des problèmes auxquels la Ville de Paris ne peut répondre seule. Que peuvent 4000 nouveaux logements sociaux par an quand 126 000 demandes restent en souffrance ? Paris doit vivre avec la métropole et plus contre elle.
C’est toute l’affaire du Grand Paris. Comme je regrette aujourd’hui la malveillance avec laquelle le gouvernement traite cette réforme pourtant considérable de l’ère Sarkozy. Mais quelle idée a bien pu inspirer à François Hollande la nomination de Cécile Duflot à la tête du ministère en charge du Grand Paris ? J’ai souvenir alors que nous siégions au conseil régional de ses prises de position excessives contre ce projet. Et voilà qu’elle est chargée de le mettre en œuvre…
Depuis sa nomination et avec l’appui constant du Premier ministre, Cécile Duflot souffle alternativement le chaud et le froid sur l’avenir du Grand Paris. Une manière toute « hollandaise » d’enterrer peu-à-peu la réforme. Les socialistes d’ordinaire si prompts à dépenser l’argent public sont, sur le sujet, pénétrés du souci de faire des économies. Si je reconnais volontiers l’obligation pour l’Etat de réduire drastiquement ses dépenses – et j’attends qu’il le fasse partout où c’est nécessaire ! -, je pense néanmoins que cette réforme mérite qu’on lui accorde les moyens de son existence. Car en réalité le Grand Paris est moins une dépense qu’un investissement pour l’avenir.
Il s’agit tout de même de créer un réseau de transport ultramoderne de 200km afin de relier entre elles dix zones d’activités réparties à travers toute l’Île de France. Un réseau dont le cœur sera Paris avec, notamment le prolongement des lignes 11 et 14. Que sont 30 milliards d’euros – budget qui sera probablement amputé de 4 milliards cette semaine – au regard des 800 000 emplois nouveaux que le Grand Paris est susceptible de créer en Île de France d’ici 2025. Cette réforme est un instrument de croissance qui peut, à elle seule, aider la France à sortir de l’ornière économique dans laquelle elle se trouve.
Nous avons en partie échoué à défendre cette vision qui a été injustement caricaturée par une partie de la gauche. Le Grand Paris n’est pas qu’un nouveau métro en rocade, c’est avant tout une réforme urbanistique au sens où l’aménagement tend à créer des dynamiques territoriales d’avenir : une cité financière à la Défense, un cluster scientifique et technologique à Saclay, un territoire de la création à Saint-Denis Pleyel… Des dynamiques qui convergeront toutes vers Paris. Telle est la vision originelle, celle qu’a initiée Nicolas Sarkozy et que nous devons nous réapproprier.
TweetRythmes scolaires : le débat sacrifié
Bertrand Delanoë a choisi de se montrer sous son vrai visage, inflexible. Alors que près de 80% des personnels des écoles primaires parisiennes sont en grève, le maire de Paris répète qu’il mènera à son terme la réforme des rythmes scolaires, et ce dès la rentrée 2013.
Ce projet du gouvernement vise à raccourcir de 45mn les journées (lundi, mardi, jeudi et vendredi) pour permettre aux élèves de participer à des activités périscolaires. Sans toutefois que soit réduit le temps d’enseignement hebdomadaire (24 heures) dédié à l’apprentissage des fondamentaux. C’est le retour à la semaine de 4,5 jours et la fin du mercredi matin chômé.
Cette réforme n’est pas anodine. Elle touche non seulement aux rythmes scolaires, mais aussi et surtout à l’organisation des familles, ainsi qu’au fonctionnement des collectivités qui prendront à leur charge les activités périscolaires. Tout ceci aurait mérité mieux que ce simulacre de concertation qu’organise le maire de Paris dans les arrondissements acquis à sa cause (et uniquement !).
Ce débat fondamental est maintenant plus que compromis. A vouloir passer en force, Bertrand Delanoë et le ministre de l’Education ont donné le bâton pour se faire battre. Les syndicats d’enseignants, qui n’ont plus à faire la preuve de leur savoir-faire en matière de corporatisme, ont désormais toute latitude pour dénoncer une réforme « précipitée et mal préparée ». Et force est de constater qu’ils ont raison sur la forme.
Pas de méprise. Je n’accorde aucun crédit au combat de certains syndicats qui protègent leurs propres intérêts, mais je regrette que le maire ait lancé cette réforme sans rien dire – ou si peu – du projet périscolaire, du renforcement des moyens humains (les écoles parisiennes manquent déjà d’animateurs), et de la compensation financière apportée par l’Etat à la Ville (le maire avance le chiffre de 6 millions d’euros sans guère être convaincu)… Je ne sais même pas, en tant que présidente de la Caisse des écoles du 17e, ce qui est envisagé pour financer le surplus prévisible de repas dans les cantines le mercredi ? !
Dans cette affaire, Bertrand Delanoë n’aura finalement réussi qu’une seule chose : mettre tout le monde d’accord contre son projet. Les difficultés de notre système scolaire, que pointe chaque année le rapport de l’OCDE et qui sont indignes de la 5e économie du monde, auraient mérité bien autre chose !
TweetModification de la répartition des conseillers de Paris par secteurs : le 17e sous-évalué
A l’occasion de l’examen au Sénat du projet de loi relatif à l’élection des conseillers départementaux et municipaux, Brigitte Kuster dénonce un texte qui prévoit de supprimer un conseiller de Paris dans le 17e et qui ne règle absolument pas le déséquilibre démocratique qui existe dans la représentation politique des arrondissements.
TweetLe nouveau calcul du nombre de conseillers de Paris, tel que prévu dans le projet de loi actuellement à l’étude au Sénat, vise soi-disant à rétablir l’équité dans la représentation des arrondissements au conseil de Paris. Il distingue les arrondissements qui ont vu, depuis 30 ans (loi PLM 31 décembre 1982), leur population croître de ceux qui l’ont vue diminuer.
Nul ne conteste l’utilité d’une révision de certaines dispositions de la loi PLM – encore qu’il eût mieux valu s’attacher au fond davantage qu’à l’arithmétique -, mais force est de constater que le compte n’y est absolument pas sur le plan démocratique.
Les 1er, 2nd, 3e (dans une moindre mesure) et 4e arrondissements profitent d’une surreprésentation au conseil de Paris. Leur population a nettement diminué sans que cela n’affec
te pour autant le nombre de conseillers de Paris qui y sont et seront élus. Le projet de loi ne règle pas un déséquilibre vieux de 30 ans qui conduit à ce que la voix d’un électeur du centre pèse plus que celle de tout autre électeur parisien, singulièrement s’il habite dans les arrondissements les plus peuplés de Paris, dont le 17e. Un déséquilibre qui porte, tout de même, sur près de 5% du cortège électoral.
En effet, si l’on rapporte les 103 861 habitants desdits arrondissements aux 171 079 habitants du 17e (au 1er janvier 2013), il est tout de même surprenant que les premiers aient 12 conseillers de Paris lorsque le 17e, qui en perd un avec le projet du gouvernement, se situe au même niveau ; et ce alors que l’arrondissement conserve, sur 30 ans, une population équivalente à celle de 1982 et qu’il enregistre, depuis 5 ans, des hausses démographiques successives (163 000 habitants en 2008/ 171 000 à ce jour).
Brigitte Kuster

