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_PUBLIER DANS LE CARROUSEL_

Une chatte n’y retrouverait pas ses petits. La semaine dernière, le gouvernement annonçait le report de deux mesures-phares, et les plus efficaces sur le plan électoral, du candidat Macron : l’exonération pour 80% des foyers de la taxe d’habitation (TH) et la réforme de l’ISF. La 1ère renvoyée à une mise en œuvre « d’ici la fin du quinquennat » et la 2nde reportée en 2019. Et pour mieux faire avaler la pilule, l’exécutif communiquait jusqu’à l’excès sur l’héritage empoisonné de François Hollande : un « trou caché » de 8 milliards d’euros dans le budget de la Nation.

Beaucoup de Français l’ont en travers de la gorge. Et à raison, d’autant que la hausse de la CSG demeure, elle, bel et bien au programme de la prochaine loi de finances. Face à la grogne qui monte, l’Elysée a donc choisi d’opérer une spectaculaire volte-face : la suppression de la TH et d’une partie de l’ISF se fera en 2018. Et qu’importe si le Premier ministre nous expliquait, lors de sa déclaration de politique générale, l’impossibilité de mener de front de telles réformes dans un contexte budgétaire aussi contraint. La cohérence n’est manifestement pas la priorité de l’exécutif.

Et si nous en doutions encore, la ministre de la Santé achève de nous convaincre en opérant un virage à 180° sur le tiers payant généralisé qu’elle critiquait hier et dont elle veut aujourd’hui l’extension.

« En même temps » ou comment réconcilier les contraires : le leitmotiv d’Emmanuel Macron montre clairement ses limites face aux réalités du pouvoir.

PARIS17

Au sommaire du ParisDixSept de l’été :

  • Brigitte Kuster élue députée de Paris;
  • La Maison de l’Europe installée dans le 17e, au 29 avenue de Villiers ;
  • Le plan de vidéo-protection et les antennes-relaisdans l’arrondissement ;
  • L’exposition de street art #Urbanart à la mairie du 17e et les concerts de rentrée des Jeudis du Classique ;
  • Le Forum de la Vie associative et du Sport, dimanche 1²0 septembre, au parc M.-L. King.

Dans vote de confiance, il y a le mot « confiance ». Et pour qu’il y ait confiance, il faut de la clarté. La déclaration de politique générale d’Edouard Philippe contenait beaucoup de choses, mais certainement pas de la clarté.

 

Le Premier ministre a dressé d’une voix mal assurée un catalogue indigeste de mesures (depuis le paquet de cigarettes à 10 euros, en passant par la réforme du baccalauréat, les assises de l’Outre-Mer, la vaccination obligatoire jusqu’à la hausse de la CSG, la baisse de l’impôt sur les sociétés, le maintien de l’ISF sur l’immobilier) sans se soucier un instant de hiérarchiser les priorités de son gouvernement, ni de fixer un cap précis à son action. Or, comme le disait très justement Mendès France, « gouverner, c’est choisir ». Une vérité plus brûlante encore par ces temps de disettes budgétaires.

Nul ne lui peut lui faire le reproche d’énoncer des propositions concrètes – difficile après le discours lyrique d’Emmanuel Macron devant le Congrès –, mais à condition de les inscrire dans une perspective identifiée et partagée. Elle est totalement absente ici.

 

Où vont les priorités du gouvernement ? Quels sont ses objectifs en termes de réduction de la dépense ou de croissance ? Où porteront les efforts pour soulager la France du poids de la dette ? Quelle nouvelle orientation veut-il donner à l’Europe ? Quelle stratégie compte-t-il adopter face à la menace terroriste et à la crise migratoire ? Quelle est sa méthode ? Sa gouvernance ? Son calendrier ? Edouard Philippe laisse derrière lui plus d’interrogations qu’il n’apporte de réponses. Impossible de voter la confiance après un discours aussi dépourvu de perspectives et peu convaincant.

Emmanuel Macron pose un diagnostic sur lequel il est difficile d’être en désaccord. La France connaît des difficultés profondes qui affectent non seulement son économie, mais déstabilisent aussi sa vie démocratique. Une réalité qui explique le très fort désir d’alternance exprimé par les Français. Un désir, mêlé d’impatience et parfois de colère, qui ne peut être déçu. Là encore, on ne peut être que d’accord.

 

Mais une fois posé le diagnostic, le président de la République se perd dans de longues digressions aux accents lyriques qui ne nous disent rien de ses véritables intentions. Il poursuit en cela dans la droite ligne de sa campagne présidentielle où les belles formules l’ont toujours emporté sur les propositions concrètes. Un comble pour celui qui nous conjure de « regarder le réel en face ».

Là où Emmanuel Macron s’est montré le plus précis, c’est sur la question institutionnelle où le risque de déplaire aux Français est inexistant. Moins de parlementaires,  suppression de la cour de justice de la République pour les ministres, réforme de fond en comble du conseil économique et social, etc. : qui peut sérieusement s’y opposer ?

Pour le reste, le chef de l’Etat s’en est tenu à des incantations qui, parfois, ont pu donner le sentiment de tourner à la leçon de morale, notamment lorsqu’il évoque (au début et à la fin de son discours) « le cynisme dans les têtes » à l’origine de nombreux blocages dans le pays. Un cynisme qu’il semble attribuer aux mauvais esprits qui osent critiquer son action. Est-ce à dire que le président ne supporte pas la contradiction ?

 

En réalité, Emmanuel Macron est descendu dans l’arène du Congrès pour signifier que les contingences quotidiennes n’étaient pas de son ressort. Au point qu’il est apparu hors-sol et éloigné des préoccupations des Français.

Une piètre image de la démocratie a été donnée hier à l’Assemblée. Sous nos yeux, ce n’était pas la République En Marche !, mais la République à Marche Forcée ! Le groupe majoritaire a fait main basse sur les postes-clé de l’Assemblée : la questure et les 6 vice-présidences. L’opposition a été évincée des fonctions qu’elle occupe traditionnellement au nom du pluralisme politique au terme d’une guerre de palais qui n’honore pas ceux qui l’ont conduite.

Vu de loin, on pourrait penser qu’il ne s’agit que d’une vulgaire bataille de postes, mais il n’en est rien. Qui peut garantir, par exemple, la transparence des comptes de l’Assemblée si aucun membre de l’opposition n’y siège ? Et inutile d’arguer que les « Républicains constructifs » sont inscrits dans l’opposition. Comment l’un des leurs peut-il recueillir 306 voix sans le soutien massif des députés LREM ? Constructifs, je ne sais pas, mais destructeurs des équilibres démocratiques – dont on mesure, au passage, combien ils sont fragiles -, je peux en témoigner.

Le parti du Président a les moyens de disposer du Parlement comme il l’entend. Et ses membres ont prouvé hier qu’ils comptaient se partager le gâteau sans laisser la moindre miette. Mais la démocratie ne fonctionne pas ainsi. Les institutions confèrent à la majorité un pouvoir fort – et partant de très lourdes responsabilités -, et non tous les pouvoirs. Nul n’a jamais démontré sa force en écrasant plus faible que soi.

A l’occasion de la démission des ministres, et nouvellement (r)élus députés, Richard Ferrand et Marielle de Sarnez, et du refus de Louis Aliot de se rendre à une convocation de la police, le débat sur la nature et l’existence même de l’immunité parlementaire resurgit – alors que la question est étonnamment absente du projet de loi de moralisation de la vie publique. En clair : les intéressés peuvent-ils échapper à la justice en siégeant au Parlement ?

Le règlement de l’Assemblée nationale qualifie l’immunité de la manière suivante : « l’ensemble des dispositions qui assurent aux parlementaires un régime juridique dérogatoire au droit commun dans leurs rapports avec la justice afin de préserver leur indépendance ». Un parlementaire ne peut être poursuivi pour des faits ayant trait à l’exercice de son mandat (on parle en droit d’irresponsabilité judiciaire), et ne peut subir aucune mesure privative de liberté, y compris pour des actes (sauf crime ou flagrant délit) ne relevant pas de ses fonctions électives (c’est l’inviolabilité judiciaire). Seul le bureau de l’Assemblée peut lever l’immunité.

Ce régime dérogatoire se justifie-t-il ? Non, ou alors que très partiellement. Personne ne comprend qu’un parlementaire ne puisse répondre des faits qui lui sont reprochés dans les mêmes conditions qu’un justiciable classique. Le principe de l’inviolabilité doit donc disparaître, et il faut dorénavant que l’immunité porte sur l’essentiel : la protection de la liberté d’expression du député, et donc des propos qu’il est amené à tenir en séance publique ou en commission. C’est ce que prévoit déjà la constitution (article 26 alinéa 1) : « Aucun membre du Parlement ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé à l’occasion des opinions ou votes émis par lui dans l’exercice de ses fonctions ». Et seulement pour ces motifs (ce qui n’empêcherait d’ailleurs pas le bureau de l’Assemblée de lever l’immunité en cas de propos racistes, révisionnistes ou autres). Pour le reste et tout le reste, le député est un citoyen comme les autres.

Ce sera l’une des propositions que je serai amenée à défendre dans le cadre de l’examen du projet de loi.

Rien n’est jamais perdu ! C’est la leçon de ce second tour dans la 4e circonscription. Alors que nous étions devancés de près de 10 points il y a une semaine, nous sommes parvenus à inverser la tendance pour l’emporter contre tous les pronostics !

 

Je veux en tout premier lieu remercier les 17024 électeurs qui m’ont apporté leur soutien.

Je ferai tout pour me montrer digne de la confiance qu’ils m’ont témoignée.

Je serai une députée constructive, fière de ses convictions et qui portera une voix de droite à l’Assemblée.

 

Mais cette victoire est avant tout celle d’une équipe qui n’a pas compté ses efforts pour défendre ses idées et ses valeurs. Je veux ici lui témoigner toute ma reconnaissance.

 

Je veux enfin remercier tous ceux qui ont pris part aux opérations électorales, et qui font vivre la démocratie.

 

Mais, surtout, je n’oublie pas la tâche immense qui m’attend.

Si la droite et le centre échappent à la déroute historique que certains leur prédisaient, les attentes de millions de nos électeurs ont été déçues.

Le travail de refondation commence maintenant, et je compte y prendre toute ma part !