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Incontestablement, la mobilisation annoncée a bien eu lieu. Et qu’importe si c’est davantage la France des régimes spéciaux qui a défilé hier, cette dernière a contraint le gouvernement à adopter une position défensive.
En effet, déjà avant la grande grève et les manifestations d’hier, au sein du gouvernement, on battait déjà en retraite. Christophe Castaner promettait que les policiers ne seraient pas concernés, tandis que Jean-Michel Blanquer annonçait des primes aux enseignants. C’est donc la fonction publique qui sort gagnante de ce premier round. Mais au-delà de celle-ci, reste les nombreuses interrogations et le flou autour de la retraite des mères de famille, de la fixation de la valeur du point ou de l’âge de départ à la retraite

Après 18 mois de consultation, le vrai risque pris par le gouvernement est donc d’étirer dans la durée une réforme des retraites pourtant essentielle. C’est justement dans ce contexte que les syndicats sont invités dès lundi par le gouvernement à négocier, avant l’annonce par Edouard Philippe de l’architecture de la réforme en milieu de semaine prochaine.

On peut ainsi légitimement s’interroger sur le calendrier si long, et un gouvernement qui semble jouer la montre, en espérant visiblement que le soutien des Français à la grève s’affaiblisse. Pour l’instant, c’est plutôt l’inverse qui se produit. Il n’est d’ailleurs plus à exclure que ce soit finalement le soutien à la réforme qui s’étiole davantage. Alors, que de temps perdu et quel gâchis…
Cette stratégie fait ainsi planer le risque de voir se rééditer la reculade de 1995 à laquelle avait été contraint le gouvernement face à une France paralysée. Nul doute que c’est bien là l’objectif des syndicats qui iront à la table des négociations forts des 806 000 manifestants qui ont défilé hier.

Au fond, avec cette réforme, Emmanuel Macron joue une partie de son quinquennat. Lui qui avait fait de l’autorité son mantra paraît aujourd’hui bien en peine de s’imposer face à une rue qui semble comme le tétaniser. S’il ne parvient pas à en sortir par le haut, on peut dont légitimement s’inquiéter d’un enlisement de son action pour le reste du mandat, avec un capital politique alors réduit à néant et une incapacité à conduire les réformes dont la France a pourtant tant besoin.

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