Suivez-moi sur Twitter
Recevez la newsletter

Cela fait bientôt trois ans et demi que ce mot est sur toutes les lèvres et qu’il peine à prendre forme dans la réalité : « Brexit ». D’abord considéré comme un gros mot par les fédéralistes, il est devenu le synonyme d’un imbroglio politico-juridique dont toutes les partis – ou presque – ont envie de sortir. La conclusion en apparence heureuse des négociations qui ont eu lieu entre Jean-Claude Juncker et Boris Johnson et qui, selon Michel Barnier, apporte plus de certitudes sur les conséquences sociales, humaines ou technologiques, est d’ailleurs tombé comme un réjouissement assez inattendu.

Il faut d’ailleurs saluer le travail titanesque de Michel Barnier, nommé négociateur en chef de l’Union européenne pour le Brexit, et dont la capacité à maintenir une union tout en construisant un dialogue avec les « brexiters » a fait un homme aujourd’hui unanimement respecté qui pourrait briguer à nouveau, à minima, le poste de commissaire européen en lieu et place de Sylvie Goulard, récusée par ses pairs.

Toutefois, les jeux sont loin d’être faits : Theresa May avait elle aussi, et par trois fois, trouvé un accord avec l’Union. Reste à Boris Johnson le soin de réaliser l’exploit d’une majorité à la chambre des Communes. La manière que certains parlementaires britanniques ont eu de faire trainer un Brexit choisi démocratiquement par 52% des anglais a quelque chose de profondément anti-démocratique, qui s’illustrait encore hier : ayant obtenu une proposition d’accord qu’ils exigeaient avant le 19 octobre, les travaillistes de Corbyn ou le parti indépendantiste écossais de Nicola Sturgeon ont déjà appelé à voter contre, dans ce qui semble être un mauvais caprice qui rompt avec l’attitude de compromis et de sérieux adoptée par les négociateurs de Bruxelles et de Londres.

Repousser ce Brexit serait lourd de conséquences, et on ignore ce que les parlementaires pourraient attendre d’un report indéfini du Brexit. Un Brexit rapide avec accord lèverait l’ambigüité sempiternelle qui oppose les britanniques partisans d’une union exclusivement économique, et ceux qui sur le continent veulent utiliser l’Europe comme porte-voix au sein des nations. Laissant le continent pour rejoindre « le grand large » dont parlait Churchill, le Royaume-Uni va bientôt quitter une organisation qui ne sait plus avancer ni reculer, et à laquelle la nouvelle commission européenne devra redonner l’élan vital nécessaire à sa survie.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *