Suivez-moi sur Twitter
Recevez la newsletter

Ce qu’il y a de profondément perturbant avec les débats de société, c’est que chaque point de vue, parce qu’il est sensible et intime, est non seulement respectable, mais qu’il bouscule, parfois, les convictions les mieux enracinées. Bien sûr, comme députée, le doute est permis – certains diront à raison qu’il est même conseillé –, mais jusqu’à un certain point seulement, car in fine la loi tranche y compris les nœuds gordiens les plus serrés. Il faut donc s’extraire de ses conflits intérieurs pour fixer une ligne conforme aux principes que l’on juge fondamentaux. Et s’y tenir.

Pour forger ma position sur la loi bioéthique, je suis revenue au fondement de ce qu’est précisément la bioéthique. A cette idée que les possibilités infinies que la technique offre aux individus méritent d’être interrogées au regard de principes supérieurs, comme la dignité de l’homme, l’indisponibilité ou l’inviolabilité du corps humain.

Au cœur de la bioéthique réside une tension très forte entre le particulier et le général. Entre le désir – que je peux comprendre, et même partager – de saisir pleinement les possibilités que nous offre la science et la nécessité de maintenir « l’éthique de la vulnérabilité » au cœur de nos principes. Jusqu’à présent, le législateur a toujours arbitré, dans le cadre des révisions successives des lois de bioéthique, en faveur de la protection des plus fragiles, tout en ouvrant le champ à des évolutions essentielles dans le domaine de la recherche scientifique, notamment.

La présente loi abandonne cette perspective historique : d’une bioéthique au service de l’humanité, on se dirige vers une bioéthique au service de l’individu. Un individu toujours plus puissant et avide de droits nouveaux qui, si l’on satisfait chacune de ses exigences, nous conduira inexorablement à accepter ce qu’hier nous refusions ; je pense à la GPA mais aussi à des manipulations génétiques qui, malheureusement, ont déjà cours dans certains pays.

Au fond, la question qui se pose à nous est simple : ce qui est techniquement possible est-il humainement raisonnable, qui plus est à une époque où les revendications sociétales se font toujours plus nombreuses ? La réponse est non.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *