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« Il faut toujours dire ce que l’on voit ; surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l’on voit », écrivait Péguy. Emmanuel Macron a décidé de voir ce qu’il voit. Et de le dire clairement : « nous n’avons pas le droit de ne pas regarder ce sujet en face ». Et moins encore alors que la pression migratoire monte en France quand elle reflue partout en Europe. Une exception française qui s’explique par le durcissement des politiques migratoires observées en Italie et à l’est de l’Europe, mais aussi en Allemagne, en Angleterre et dans les pays scandinaves. La France s’en tient, quant à elle, aux sempiternels discours de fermeté que des faits obstinés démentent aussitôt. Notre pays est désormais celui qui en Europe délivrent le plus de visas et où – il n’y a pas loin de la cause à l’effet – les demandes d’asile sont les plus nombreuses.

Alors sincère ou opportuniste le président ? Qu’importe au fond, pourvu que les réponses soient au rendez-vous. La 1ère relève de l’évidence : depuis 30 ans, la France ne parvient plus à intégrer les immigrés qu’elle accueille, et qu’elle accueille – il n’y a pas loin de la cause à l’effet – en trop grand nombre. La 2ème concerne nos politiques migratoires (asile, aide médicale d’Etat, reconduite à la frontière) qui non seulement sont défaillantes, mais constituent de véritables appels d’air. La 3ème intéresse des enjeux plus lointains, mais pourtant cruciaux : le 1er continent d’immigration connaît actuellement une croissance démographique sans équivalent dans l’histoire de l’humanité. Si l’Europe ne réinvestit pas, et de toute urgence, la question du codéveloppement avec l’Afrique, notre continent se prépare à des lendemains très difficiles.

En réalité, Emmanuel Macron opère un revirement spectaculaire. Un an plus tôt, sa majorité à l’Assemblée votait une loi facilitant le regroupement familial. La même année, son gouvernement délivrait 255 000 titres de séjour et expulsait à peine 1 étranger sur 5 condamnés pour présence irrégulière en France. Longtemps, et malgré les avertissements de certains de ses proches (lors de son départ de Beauvau, Gérard Collomb prévenait contre les risques d’affrontements communautaires), le président n’envisageait la question migratoire que sous l’angle économique. Et qui osait évoquer « l’insécurité culturelle » ou « les territoires perdus de la République » se trouvait immédiatement taxé de faire-valoir du FN. Mais Emmanuel Macron a manifestement fait sa révolution intérieure. Les raisons diverses qui le motivent, et on en devine aisément certaines, importent peu. Place aux actes !

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