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« Emmanuel Macron a siphonné la droite », lit-on ici et là. Prenons la formule au mot : Macron + l’essentiel (soi-disant) de la droite = 23% des voix. On a connu position hégémonique plus écrasante. Pourtant la majorité, secondée par quelques chroniqueurs peu soucieux d’arithmétique, se comporte comme si les européennes furent un succès. Succès tactique, sans aucun doute : faire passer une défaite pour une victoire relève du tour de force ! Mais certainement pas un succès électoral, au sens où nous devrions l’entendre.

En réalité, Emmanuel Macron profite de la comparaison avec les partis de gouvernement. Il n’est fort que de leur faiblesse. Mais comparaison n’est pas raison. Et la raison oblige à dire qu’à l’aune du scrutin européen, notre démocratie ne se porte pas bien. Aucun parti n’est en mesure de rassembler plus d’un électeur sur 4 – et encore ! Les Français qui votent ne le font plus guère que pour exprimer leur rejet du camp adverse. Le débat politique tient sur un post-it : CONTRE Macron / CONTRE Le Pen, et frise l’asphyxie, au moment où, pourtant, il n’a jamais eu plus besoin d’oxygène…

Tout à son idée de poursuivre la re(dé)composition de la scène politique, le pouvoir s’ingénie à brouiller les pistes. Et en la matière Edouard Philippe se révèle un disciple du « en même temps » plus convaincant que son maître. Son discours de politique générale a donné la pleine mesure de son talent. Il y en eut pour tous les goûts : une pincée d’écologie, une autre de sociétale, quelques baisses d’impôt très ciblées, le tout enrobé dans un discours soigné mais dénué de souffle. Pourtant, certains, dont je suis, restent sur leur faim : où trouver les économies nécessaires au financement des indispensables baisses d’impôt ? Pourquoi ne pas dire un mot à l’endroit des entreprises, sinon pour annoncer des coupes claires dans les niches fiscales qui les concernent ? Et pourquoi s’auréoler de bons résultats en matière de sécurité quand tout indique le contraire, à commencer par les chiffres officiels ?

« Le plus grand péril se trouve au moment de la victoire », disait Napoléon. Une citation que le pouvoir pourrait méditer ; et plus encore si ce qu’il considère comme une victoire n’en est pas vraiment une…

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