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Quels enseignements tirer à chaud des européennes ? D’abord, la cristallisation du duopole Macron/Le Pen. Un duopole qui cultive les antagonismes de fond autant que les ressemblances stratégiques. Même rejet des clivages traditionnels, mêmes ressorts électoraux : la lutte contre l’adversaire que l’on s’est choisi comme argument électoral n°1.

Mais ce qui surplombe cet affrontement, et qui m’inquiète plus fondamentalement, c’est la matérialisation politique des fractures sociales de notre pays. Là où feu les vieux partis de gouvernement s’efforçaient d’atténuer les clivages sociologiques, LREM et RN s’emploient à en grossir les traits, y compris jusqu’à la caricature. D’un côté, le parti des gagnants et de l’autre, celui des perdants. Avec le risque d’affrontement que cela implique à terme…

Un propos qui fait le lien avec la suite : la débâcle de la droite, qui n’a précisément pas su s’extraire de cette bipolarisation d’un genre nouveau. Pas su proposer une alternative à ce choc des contraires. Bien sûr, il est toujours possible de rechercher des coupables expiatoires. Mais où commencent et où s’arrêtent les responsabilités ? Hier ? Il y a 1, 5, 10 ans ?

Il est temps de nous arrêter sur les raisons profondes de nos échecs successifs. Il nous appartient de redonner du sens à notre mouvement politique et d’être à nouveau crédible comme force d’alternance. Si pour certains cela passe avant tout par une interrogation sur notre gouvernance, d’autres interrogations doivent nous interpeller, comme notre capacité à être force de propositions tant sur le régalien que sur le sociétal ou l’environnement.

Partout en France, des élus réalisent des projets utiles et agissent pour améliorer le quotidien des Français, quand l’appareil partisan semble enfermé dans une logique d’opposition. Valorisons ce que l’on fait plutôt que ce que l’on veut défaire. Sachons dire quelle société nous voulons plutôt que celle que nous refusons. Battons-nous pour le meilleur plutôt que contre le pire. En un mot : soyons positifs !

Car rappelons-nous cette évidence trop longtemps perdue de vue : la politique n’est rien d’autre que la manifestation d’une espérance collective.

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