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N’y a-t-il pas un paradoxe fâcheux à ce qu’un président réputé plus europhile que ses prédécesseurs soit aussi celui qui ait le plus détérioré la relation franco-allemande ? Les mots d’Angela Merkel pour qualifier sa relation avec Emmanuel Macron sont durs : « relation conflictuelle, confrontations, différences de mentalité, etc. ». Ils font écho à ceux prononcés plus tôt par le président français sur le modèle économique allemand finissant. Mais cette fois, le flegme de la chancelière, éprouvé par 14 ans de pouvoir et pas moins de 4 présidents français, n’a pas résisté à la saillie. Outre-Rhin les leçons d’économie de la France ne font plus rire personne. Serions-nous incapables d’admettre que la position dominante qu’exerce l’Allemagne en Europe est tout autant le fruit des réformes accomplies là-bas que de celles non réalisées ici ? C’est la parabole de la paille et de la poutre.

Les racines de la discorde remontent loin : dès l’origine. A l’instar des chancelleries européennes, Angela Merkel n’a pas apprécié le discours d’Emmanuel Macron à la Sorbonne, au lendemain de son élection. Pourquoi agiter le chiffon rouge d’une Europe fédérale sous le nez des nationalistes déjà gonflés à bloc ? Avec le calme des vieilles troupes, elle a bien essayé de lui faire entendre raison ; en vain. Emmanuel Macron a redoublé d’ardeur pour défendre « son » Europe ; une Europe toujours plus intégrée et toujours plus éloignée des peuples. Et s’est heurté avec fracas au mur des oppositions. Résultat : la France se trouve isolée sur le continent, et son président sous la menace interne d’un vote sanction. Et quand la panique monte, on cède à la facilité : tirer à vue sur le meilleur élève de la classe. Mais attention, jeu dangereux !

Angela Merkel n’est pas éternelle, et la relève politique s’annonce autrement moins conciliante. Il faut voir avec quelle vigueur le parti de la chancelière défend le départ du Parlement européen de Strasbourg ! Impensable, il y a encore quelques années… Ne soyons pas dupes, la teinte anti-allemande qui colore de nombreux discours en France n’est pas sans équivalent anti-français de l’autre côté de la frontière. Un engrenage détestable…

Emmanuel Macron a cru qu’il ferait l’Europe tout seul, comme il a cru qu’il réformerait le pays sans personne. En France, il a dû se rendre à l’évidence qu’il n’y arriverait pas. Quand fera-t-il le même constat en Europe ?

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