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Vrai duo/faux duel, ou l’inverse ? Si les invectives entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen s’intensifient à l’approche du 26 mai, c’est pour mieux cantonner le scrutin européen à un choix : populistes contre progressistes, qui, en réalité, en est tout sauf un.

D’abord parce qu’il existe autant de populistes et de progressistes que d’hommes ou de femmes politiques qui se réclament de ces postures sans fondement idéologique.

Ensuite parce qu’à l’échelle du continent, n’en déplaise à nos duettistes, le débat s’articule autour du clivage traditionnel droite/gauche. Les formations de Marine Le Pen et d’Emmanuel Macron sont des poids plumes dans le jeu politique européen. Le camp des nationalistes espère décrocher un quart des sièges à Strasbourg. C’est beaucoup – beaucoup trop ! –, mais très loin de suffire pour atteindre la majorité. Du côté des centristes – entendu ceux qui ne siègent pas déjà au côté de la droite européenne –, les espoirs de victoire sont plus minces encore. RN et LREM prétendent au titre de Champion d’Europe, mais se battent, en réalité, pour éviter la relégation. Là se situe le grand escamotage du débat politique et médiatique franco-français…

Si l’on parvient à s’extraire de ces contingences, et je crois que François-Xavier Bellamy nous y aide grandement, alors on s’aperçoit que l’Europe est face à des enjeux de 1er ordre : la concurrence déloyale que mènent la Chine et un certain nombre de pays émergents, la crise migratoire qui n’en est qu’à ses balbutiements, la menace islamiste qui monte ou le regain de tensions diplomatiques et militaires à l’est du continent. Toute affaire qui interroge la crédibilité de l’Union et, à plus long terme, sa survie même si elle ne parvient pas à y répondre efficacement.

Une gravité qui, jusqu’à présent, n’est pas la tonalité générale de cette campagne pourtant ô combien capitale.

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