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Chaque drame recèle toujours le pire et le meilleur. Face au déluge de flammes, le courage inouï des pompiers pour sauver Notre-Dame. Face à la dévastation, l’incroyable générosité des puissants et des modestes pour rebâtir la cathédrale. Face à la désolation, l’unité d’un peuple pour témoigner de son attachement à un lieu qui, mieux qu’aucun autre, dit ce qu’il est et d’où il vient. Dans cette lutte des contraires, l’incendie de Notre-Dame a marqué une forme d’apothéose, dont le meilleur – le courage, la générosité et le patriotisme – l’a emporté sur le pire et son cortège de destructions. Du moins dans un premier temps.

Car les polémiques n’ont pas tardé à rompre l’élan positif et spontané qui a suivi l’incendie. L’abondance des dons et la prodigalité des grands mécènes ont été conspués. Le régime fiscal qui encourage les donations a été mis en cause. Trop généreux, a-t-on entendu. C’est mal connaître le sujet. D’abord parce que les réductions d’impôts sont plafonnées à 0,5% du chiffre d’affaires ; ce qui empêche de facto les abus. Ensuite parce que le mécénat joue un rôle essentiel dans la sauvegarde du patrimoine. Ce que l’Etat ne peut plus financer, certaines entreprises le peuvent à sa place. C’est sans doute désolant sur le plan des principes – et surtout révélateur de l’état de nos finances ! –, mais que préfère-t-on : voir nos édifices s’effondrer ? ou faire payer toujours plus d’impôts à des groupes qui en paient déjà énormément ? A choisir, je préfère qu’ils restaurent nos monuments historiques !

Le mécénat n’est rien d’autre qu’une façon d’intéresser le secteur privé à des causes d’intérêt général. Et contrairement à ce qui a pu être dit, le patrimoine ne compte que pour une portion limitée (7%) des dons consentis par les mécènes. Pourtant, les besoins en la matière sont criants. Avec un budget dédié au patrimoine de 350 millions d’euros, l’Etat est très loin d’être en capacité d’assumer seul l’incroyable demande qui s’exprime à travers le territoire. L’heure est donc à l’inventivité : loto du patrimoine, mécénat, etc., ce qui implique d’associer plus étroitement les entreprises et les particuliers au destin de notre patrimoine.

Au fond, cela tombe très bien : comme en atteste l’incroyable émotion qui a parcouru le pays lors de l’incendie de Notre-Dame, les Français sont un peuple profondément attaché à l’histoire et au patrimoine. Reste à leur permettre d’exprimer pleinement cet attachement !

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