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Le pouvoir semble envisager le « Grand débat » comme une absolution. Et tous vos péchés seront pardonnés ! Ce n’est plus un acte II du quinquennat qui débute, mais l’an zéro d’une ère nouvelle. C’est du moins ce que l’on était tenté de croire en écoutant le Premier ministre, lundi, sous la verrière du Grand Palais, lors de la restitution du « Grand débat ». Ce discours tonique, où il fut question d’exaspération fiscale et de lutte contre les déficits, les dirigeants de la droite le répètent depuis des mois. Et plutôt deux fois qu’une !

Mais les mots n’emportent pas la réalité. Voilà deux ans qu’Edouard Philippe seconde Emmanuel Macron dans l’exercice du pouvoir, et rien de ce qu’il dit aujourd’hui n’a été ne serait-ce qu’esquissé. La fiscalité galope (1000 milliards de prélèvements obligatoires), sans jamais parvenir à couvrir des déficits (100 milliards l’an prochain) qui abondent une dette plus considérable chaque jour (2300 milliards d’euros). Et quoi qu’en dise le Premier ministre, les choses semblent parties pour durer. Pour preuve : cette semaine, la France a adressé à Bruxelles son « programme de stabilité » qui acte le renoncement du gouvernement à baisser énergiquement les déficits.

Pire, se joue actuellement au sein de la majorité un jeu très « vieux monde » qui oppose deux lignes immémoriales ; devinez lesquelles ? L’une de droite qui entend mettre à profit la sortie du « Grand débat » pour faire ce qui aurait dû être fait depuis longtemps (bien avant même qu’Emmanuel Macron soit élu) : unifier les régimes de retraite et reporter l’âge de départ, chasser les gaspillages dans l’administration, réformer l’aide sociale, etc. Autant de mesures indispensables pour qu’enfin la France entre dans le cercle vertueux : baisse des dépenses / baisse des impôts / baisse du chômage. Et l’autre de gauche qui entend faire l’inverse, c’est-à-dire rien ou à peu près, et dont le conservatisme ne lasse pas de surprendre…

Pris en tenaille de cet « en même temps » qu’il a théorisé, Emmanuel Macron joue la montre et tergiverse. Avec son Premier ministre, on aimerait lui dire : « hésiter serait pire qu’une erreur, ce serait une faute. Le besoin de changement est si radical, que toute frilosité serait impardonnable ».

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