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Il faut bien rire un peu. Cette semaine, la divulgation de la liste LREM pour les élections européennes nous en a offert une occasion franche. Et, disons-le, unique dans les annales de la communication politique. Comme dans les meilleurs sketchs, l’humour s’est déployé en deux temps. L’on a d’abord ri, et d’un rire bon enfant, des déboires de ce pauvre directeur de campagne incapable de citer sans l’écorcher le nom ou la profession d’un seul de ses colistiers. Et quand l’estrade du dernier rang s’est affaissée, le burlesque l’a alors définitivement emporté ! Difficile de faire pire entrée en campagne…

Pourtant, en 2nde analyse, le rire s’est fait soudain plus grinçant. Les erreurs de communication, fussent-elles bénignes, ont de terrible qu’elles révèlent au grand jour ce que l’on a pris le plus grand soin de dissimuler. En l’occurrence le caractère totalement artificiel de cette liste où, pour ne citer qu’un exemple, un ancien ministre écolo de François Hollande partage l’affiche avec un agriculteur pro glyphosate.

Emmanuel Macron n’a-t-il pas lui-même participé à entretenir cette formidable confusion ? Volontiers fédéraliste au début de son quinquennat, le président trouve désormais des vertus à des idées – le rôle central des nations, le contrôle accru des frontières – qu’il qualifiait hier de rétrogrades. Face à l’hostilité de ses partenaires, les ambitions du président de la République pour l’Europe, et peut-être faut-il le regretter, se sont réduites comme peau de chagrin. En atteste la vidéo de campagne du parti présidentiel qui proclame : face aux populistes, « vous n’avez pas le choix » : c’est nous ou le chaos.

Insuffisant pour bâtir un projet cohérent. Et, manifestement, plus encore pour constituer une équipe soudée.

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