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A la faveur du mouvement mondial « #Meetoo », le tabou des violences faites aux femmes a été comme pulvérisé par un déluge de révélations. Et, comme souvent, l’ampleur du phénomène a provoqué des réactions politiques en cascade, à commencer par celles du président de la République qui a fait de la lutte contre ces violences une priorité de son quinquennat. Mais des mots aux actes, le fossé est toujours difficile à franchir. C’est ainsi que la France s’est dotée l’an dernier d’un nouvel arsenal législatif dont l’objet principal est de pénaliser « l’outrage sexiste » dans l’espace public. Effet médiatique garanti ! Mais limité en termes d’efficacité : 332 PV ont été dressés depuis le mois d’août… Le système judiciaire est déjà en peine d’authentifier une agression physique ou sexuelle (3/4 des plaintes sont classées sans suite), alors pour ce qui est de qualifier un outrage sexiste, on vous laisse imaginer…

Et comment accepter que 30 femmes soient mortes sous les coups d’un conjoint ou d’un proche depuis le 1er janvier ? Elles étaient 18 l’an dernier à la même époque. Ces violences sont-elles irréductibles ? Comment expliquer que l’on ne parvienne pas à les combattre avec efficacité ?  Des femmes qui ont, de plus en plus souvent, le courage d’aller porter plainte, mais qui, parfois, s’entendent dire : « on n’est pas là pour régler des problèmes de couple ». Comment peut-on tolérer qu’une femme soit assassinée malgré les multiples mains courantes qu’elle a déposées ? Pourquoi faut-il attendre qu’adviennent les pires atrocités pour adopter des mesures de protection ? C’est au stade de la formation et de la prise en charge des victimes qu’il faut repenser l’action publique. Et sans doute faut-il envisager que, dans chaque commissariat ou bridage, des policiers ou gendarmes spécifiquement formés se consacrent à ces dossiers extrêmement sensibles.

J’ai la conviction profonde qu’il faut inverser la logique : la priorité doit aller à la victime. Il faut protéger et mettre à l’abri avant même de vouloir établir les responsabilités judiciaires. Il n’y a pas de présumée victime, il y a une victime qui s’en remet entièrement à la puissance publique. Il faut s’en tenir au principe de précaution qui vaut pour tant d’autres choses, alors pourquoi pas pour l’essentiel : la vie ?

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