Suivez-moi sur Twitter
Recevez la newsletter

Il y a des silences particulièrement éloquents. Celui des députés de la majorité écoutant le discours du président de la Cour des Comptes l’était pour le moins. Il faut dire que c’est à un réquisitoire implacable que s’est livré Didier Migaud contre la dérive financière du gouvernement. En cause : les mesures de pouvoir d’achat accordées aux gilets jaunes (+11 milliards entièrement financés par de l’argent public), mais pas seulement. La stratégie gouvernementale est globalement remise en cause : trop de dépenses publiques et pas assez de mesures dopant l’économie.

Résultats : notre dette publique, à la différence des autres pays européens, continuera de progresser en 2019, et dans une mesure sans équivalent depuis le début du quinquennat. La croissance, quant à elle, tourne au ralenti (1,25% pour les plus optimistes en 2019) sur fond de conjoncture internationale dégradée. Chacun peut s’en rendre compte : notre pays n’est pas sorti de la spirale du « toujours plus » où elle s’enfonce depuis 3 décennies. Toujours plus de dépenses publiques, toujours plus d’impôts et de charges, toujours plus de chômage de masse…

On l’a souvent écrit ici, la stratégie économique du gouvernement est un échec. D’entrée, Emmanuel Macron a mis la charrue avant les bœufs. Les lois Pénicaud sur le code du travail, pour utiles qu’elles soient, n’étaient pas la priorité. La priorité, c’était de baisser les coûts du travail et de production, et donc de réduire drastiquement les charges de nos entreprises qui partent sur les marchés les pieds lestés de plomb. De ce côté-ci, rien ou si peu.

Au-lieu de quoi, Emmanuel Macron a privilégié une politique de transferts de charges – actifs vers retraités, détenteurs d’un patrimoine mobilier vers les propriétaires, etc. –, dont il paie aujourd’hui les conséquences politiques, et qui n’a produit ni ruissellement des richesses, ni regain d’investissement dans l’économie. Et pour cause : même répartie différemment, la masse des prélèvements obligatoires collectés n’a jamais été aussi forte (+1000 milliards).

Contribuables, entreprises, tous crèvent de ce fardeau fiscal dont la France ne pourra se sortir qu’au prix de réformes drastiques, à commencer par celle de l’Etat. Avec 5,6 millions de fonctionnaires – 1 million de plus qu’en Allemagne, plus peuplée de 16 millions d’habitants que la France –, notre pays est non seulement suradministré mais mal administré, puisque les services publics prioritaires (hôpitaux, justice, police, etc.) sont au bord de l’implosion. Mais de ce côté-là non plus, le gouvernement n’esquisse pas le début d’une solution…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *