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Dix jours auront suffi pour que ce qui devait être un moment de catharsis nationale se transforme en campagne électorale. Rien ne nous est épargné : meetings dans les gymnases, visites inopinées à la MJC du coin, tapes dans le dos et selfies. Le tout sous le regard bienveillant des chaînes d’information. Et comme toujours le décorum écrase l’essentiel : les problèmes de fond comme les citoyens relégués au rang de simples spectateurs. Même les noms des villes et villages traversés par la caravane présidentielle – Bourtheroulde, Souillac et Bourg-de-Péage – fleurent bon la France profonde, enracinée et délaissée… et la com électorale. On finirait par se croire dans un roman de Michel Houellebecq !

Mais derrière quelle victoire court Emmanuel Macron avec un tel empressement ? La plus dure qu’il soit donné à un homme politique d’obtenir de son peuple : le droit à l’oubli. L’oubli pour ces 18 mois d’une présidence marquée par l’autosatisfaction et le mépris. L’oubli pour l’aveuglement qui lui a fait balayer du revers de la main les alertes que l’opposition n’a eu de cesse de lui lancer sur les fractures qui minent le pays. L’oubli pour ces mots qu’un président ne devrait pas dire. L’oubli surtout pour l’échec d’une politique qui ne porte pas, ou ne porte pas encore, de fruits.

Bien sûr les images sont belles et l’acteur doué. Et puis les campagnes ont toujours le don de susciter l’espoir en des jours meilleurs. Mais la campagne à laquelle nous assistons est d’une nature singulière. C’est celle d’un président contre lui-même, d’un président qui tente de sauver son quinquennat dans un face-à-face inédit avec les Français. Et cette campagne-là, mieux vaut ne pas la perdre !

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