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Et soudain le dialogue s’est noué. Le mur d’incompréhension qui s’était dressé entre le pouvoir et son peuple s’est fissuré par la seule magie du verbe. Le plan de com’ de l’Elysée est parfaitement ciselé : après la pluie, voilà le beau temps. On aimerait y croire tant la crise des gilets jaunes finit par lasser, y compris les plus magnanimes. On serait même tenté d’y croire tant le talent du débatteur en chef saute aux yeux. Nul doute qu’au grand oral de l’ENA, Emmanuel Macron a dû faire des étincelles ! Et pourtant…

Et pourtant, une discussion n’a jamais fait une ligne politique. Pas davantage que des succès d’estrade n’apportent de résultats tangibles. Le problème d’Emmanuel Macron, ce n’est pas le débat mais ce qu’il en fera après. La consultation peut opérer comme un baume apaisant sur l’estime cabossée de millions de Français qui, depuis des décennies, n’ont plus voix au chapitre. Mais après ? La dette française vaut 100% de la richesse produite en un an. Le niveau des prélèvements obligatoires (48,4%) est le plus élevé du monde occidental. Le coût de nos dépenses publiques s’établit à 57%. Et aucune des réformes d’ampleur – baisse du train de vie de l’Etat, retraites, etc. – n’a pour l’heure franchi le seuil des promesses. Pire, en dépit de ce que dit le gouvernement, les impôts augmenteront l’an prochain (+12,6 milliards dans les caisses de l’Etat), le nombre d’emplois publics aussi (aux alentours de 1000 nouveaux postes) et le déficit frôlera les 100 milliards d’euros… L’on peut gloser à l’infini sur ce qu’il conviendrait de faire ou non, mais la réalité est là, implacable : les marges de manœuvre n’existent pas. Et si le grand débat peut avoir une utilité, c’est bien de faire comprendre au plus grand nombre que notre modèle économique et social est à bout de souffle.

Emmanuel Macron manifeste une énergie hors-du-commun quand il s’agit de débattre avec des maires, mais que n’a-t-il fait preuve de la même détermination pour réformer le pays ? Sans doute n’en serions-nous pas arrivés là…

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