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Au nombre des revendications des « gilets jaunes », le référendum d’initiative citoyenne (RIC) est celle qui revient avec le plus d’insistance. Cette soif de démocratie est certes encourageante, mais surtout révélatrice d’un malaise. Car qui dit soif dit manque. Et pour cause : voilà presque 14 ans que les Français n’ont pas été consultés par référendum.

L’exercice a fini par ressembler à un saut démocratique dans le vide. Rares sont effectivement les référendums qui ne tournent au plébiscite contre le pouvoir en place. Plus rares encore sont ceux qui exhaussent le dessein politique de leurs promoteurs. Et les exemples sont légion : Charles de Gaulle et la réforme du Sénat en 1969 ; Jacques Chirac et le traité constitutionnel européen en 2005 ; et, pour ne citer qu’un exemple étranger, mais quel exemple !, David Cameron et le Brexit en 2016.

Donnons acte aux « gilets jaunes » d’un constat lucide : en l’état de nos institutions, il est peu probable que le président de la République convoque de nouveau un référendum. Ni aujourd’hui, ni demain. Le peuple se trouve donc amputé d’une voix d’expression pourtant conçue comme essentielle par les rédacteurs de la 5ème République. Un paradoxe à l’heure où il n’a jamais été aussi facile de donner son point de vue sur tout et tout le temps.

Dès lors, quelle alternative proposer ? Le fameux RIC ? Chacun voit bien à quel type de surenchère mènerait une telle initiative. Qui doute qu’il puisse exister une majorité de Français favorable à un SMIC à 2000 euros, au rétablissement de la peine de mort, et probablement à la sortie de l’UE ? Grand bien leur fasse, mais que ferons-nous alors du principe de réalité, celui que nous dictent l’intérêt général, nos accords internationaux, les contraintes budgétaires, économiques et sociales. Ce principe qui entre quotidiennement en confrontation avec l’empire des intérêts particuliers, et sans le respect duquel aucun gouvernement des hommes n’est possible.

Que faire alors ? Comment remettre le peuple au cœur de la décision politique ? Je fais une proposition simple : sur le modèle irlandais, créer une assemblée citoyenne, composée de 100 membres tirés au sort, qui serait associée au travail législatif et qui, à l’instar du Conseil d’Etat ou du Conseil économique et sociale, émettrait sur chaque projet et proposition de loi un avis, certes consultatif mais dont on imagine quel poids politique il pourrait avoir.

Au-lieu d’opposer démocratie représentative et démocratie directe, pourquoi ne pas essayer d’améliorer la 1ère qui, rappelons-le avec Churchill, est sans doute « le pire des systèmes, mais à l’exclusion de tous les autres ».

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