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Mercredi sur TF1, Emmanuel Macron a concédé un regret : ne pas avoir « réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants ». Un terrible aveu d’échec pour celui qui se faisait fort de rétablir la confiance en l’action politique. Et quand la clé de voûte rompt, c’est l’édifice tout entier qui s’effondre. Et provoque des dégâts bien au-delà de sa seule personne ou de son propre camp.

D’après un récent sondage, 59% des Français préféreraient que la direction de l’Etat soit confiée à des experts, et non des élus. Plus grave : 41% se disent favorables à un pouvoir politique autoritaire, quitte à devoir renoncer à certaines libertés individuelles… C’est dire l’état d’épuisement démocratique où se trouve notre pays.

Il serait absurde de tenir Emmanuel Macron pour seul responsable de cette situation. Le mal est beaucoup plus ancien. Mais sa pratique du pouvoir n’arrange rien. Casser les corps intermédiaires est aussi facile – eux aussi sont l’objet de la défiance des Français – que commode : le pouvoir s’exerce en solitaire et les réformes passent sans encombre. Du moins est-ce l’illusion que cela donne dans un 1er temps. Mais la colère cherche d’autres canaux d’expression et finit par les trouver. Et alors plus personne ne peut dire sur quoi elle va déboucher.

Le Président est l’arbitre des équilibres institutionnels. L’homme par qui le rassemblement de tous les Français est possible. La Constitution de la Vème République n’a pas été écrite pour autre chose. Mais lorsqu’Emmanuel Macron jette l’opprobre – « la lèpre populiste » – sur une partie des Français, en l’occurrence ceux qui ont peur de voir leurs repères culturels disparaître, il choisit de ne plus être le Président de tous les Français. Et la violence qu’il récolte n’est qu’une réponse au fossé qu’il a creusé.

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