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Le budget de la France se présente sous la forme d’un gigantesque pavé de plusieurs milliers de pages. Un labyrinthe où il n’est pas rare que les plus aguerris se perdent. Autant dire que pour le commun sa lecture est impossible. C’est alors que la communication gouvernementale prend le relai. Puisqu’il est par trop fastidieux d’étudier les crédits en détail, tenons-nous en à l’essentiel : le pouvoir d’achat des Français progresse à la faveur des baisses d’impôts et le déficit public diminue sous l’effet des vigoureuses politiques de baisse de dépenses. Question suivante ?

Pas si vite ! Si, à la différence de ses prédécesseurs socialistes, le gouvernement d’Edouard Philippe ne peut être taxé d’insincérité dans la présentation de son budget, l’optimisme éclatant dont il fait preuve frise le déni de réalité.

Prenons la fiscalité et les charges qui pèsent sur les ménages : comment le Premier ministre peut-il affirmer que 6 milliards d’euros seront rendus aux Français en 2019 ? En additionnant ce qui baisse : la taxe d’habitation et certaines cotisations salariales, et en omettant de soustraire tout ce qui augmente : la CSG (+ 28 milliards d’euros en 2 ans), les taxes sur les carburants (+2 milliards), les cotisations de retraites complémentaires (+1,8 milliards). Sans compter la désindexation des pensions et des prestations familiales. Le gouvernement invente un budget à 2 colonnes, celle des + et celle des -, qui jamais ne se croisent ! Les ménages aimeraient pouvoir en faire autant…

Prenons maintenant le déficit public. Lui aussi semble être exonéré des règles classiques de la comptabilité. « Le déficit va encore diminuer », martèle-t-on à Bercy. Curieux car la dépense publique va encore augmenter de 22 milliards l’an prochain. Par quel miracle peut-on être, en même temps, à la hausse et à la baisse ? La réalité est plus prosaïque : le déficit augmentera en 2019 – un peu – moins vite qu’en 2018.

Mais ne jouons pas sur les mots…

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