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#JusticeMélenchon. Laissons de côté les outrances du personnage – elles le disqualifient pour longtemps ! –, et posons-nous la question sous-jacente à cette triste affaire : la justice doit-elle traiter un opposant politique (lui ou un autre) avec des prévenances qu’elle n’aurait pas forcément s’agissant d’un citoyen classique ? Poser la question est déjà en soi choquant, me dira-t-on. Le droit n’est-il pas le même pour tous ? Certainement et, pourtant, je revendique une analyse différente.

Je m’explique : certaines professions – avocats, journalistes – bénéficient de protections judiciaires spécifiques. Ce n’est pas l’individu en tant que tel qui est protégé, mais les droits qui se rattachent à sa profession : les droits de la défense pour un avocat, ou ceux des sources pour un journaliste. Qui peut nier qu’à la figure d’un dirigeant politique (d’opposition qui plus est) se rattache des valeurs connexes à la démocratie : liberté d’opinion, pluralité des expressions, etc. Cela ne l’exonère en rien de ses responsabilités (bien au contraire), mais faut-il pour autant faire fi de tout ce qu’il représente ? Je ne le crois pas. Et moins encore lorsque les procédures sont diligentées par des procureurs (nommés par le Garde des Sceaux) et qu’elles semblent à géométrie variable. En somme, ne peut-on pas obtenir le même résultat sur le plan judiciaire, sans risquer le battage médiatique qui entoure désormais chaque dossier mettant en cause un politique ?

Est-il nécessaire, par exemple, d’exiger de Marine Le Pen qu’elle se soumette à un examen psychiatrique dans une affaire d’emplois fictifs ? Et de mobiliser, pour des faits équivalents, une centaine de policiers pour perquisitionner chez Jean-Luc Mélenchon et au siège de son mouvement ? Faut-il absolument tout connaître d’un responsable politique – son agenda, ses activités, ses contacts, etc. – pour élucider des faits a priori circonscrits ? N’existe-t-il pas des méthodes plus appropriées pour faire émerger la vérité, tout en veillant au respect dû à l’opposition ? Cela n’éviterait-il pas à la justice le procès en instrumentalisation que ne manquent pas d’instruire contre elle ceux qui s’en croient, parfois fort opportunément, les victimes ? Evidemment.

Que l’on me comprenne bien, le sort judiciaire de ces personnalités m’indiffère. Qu’elle soient punies si elles ont fauté, et qu’elles le soient sévèrement. Mais j’en appelle à un minimum de bon sens. Qui a quoi que ce soit à gagner dans ces affrontements lamentables ? Ni la politique ni la justice, et moins encore la vérité. Mais qui s’en soucie vraiment ?

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