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Menace sur la culture

Laissons de côté le triste spectacle que nous offre actuellement la politique, et intéressons-nous plutôt à un vrai sujet de préoccupation : l’avenir de notre culture. Jamais ce qu’il est convenu d’appeler l’« exception culturelle française » n’a été à ce point menacée. Les dernières décennies ont été marquées par la prédominance de la culture populaire américaine. Une prédominance qu’il a bien fallu que le législateur encadre afin de garantir une certaine diversité des programmes et de sauver un écosystème indispensable. S’il existe encore un cinéma français de qualité, c’est précisément en raison de la « régulation » que les pouvoirs publics ont su instaurer. Mais ce modèle de protection meurt à petit feu face à l’ultra puissance des Google, Amazon, Facebook et autres Netflix (les fameux GAFAN). Ce qui ne fut longtemps qu’une prédominance de la culture US risque de se transformer en un monopole absolu.

La France est à pied d’œuvre pour inventer une nouvelle régulation à l’ère numérique. Une mission parlementaire conduite à ce sujet par Pierre-Yves Bournazel vient de s’achever. Ses travaux, auxquels j’ai participé, montrent parfaitement à quel point notre législation est dépassée. Les géants du numérique échappent à la plupart des contraintes qui régissent le secteur culturel, et pas uniquement celles d’ordre fiscal. Non seulement nos opérateurs nationaux ne disposent pas des mêmes moyens financiers, mais ils doivent appliquer des règles – comme l’obligation faite aux chaînes de TV de consacrer une part de leur chiffre d’affaires à la création audiovisuelle – auxquelles ne sont pas soumis les GAFAN. La position de la France est claire : les plateformes américaines doivent se plier aux normes françaises, et notamment au respect des quotas de diffusion d’œuvres européennes.

L’Europe, parlons-en justement. Rien n’est possible en la matière sans une Europe unie. Le Parlement de Strasbourg a récemment ouvert la voie à une réglementation plus exigeante à l’endroit des GAFAN. Une 1ère étape indispensable qui en appelle beaucoup d’autres. Car ce qui est en jeu, c’est notre identité culturelle française et européenne.

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