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Apprécier le degré de gravité des faits survenus le 1er mai est finalement secondaire. L’affaire Benalla stricto sensu a bien vite déserté les pavés de la Contrescarpe pour gagner le cœur du pouvoir républicain. Ce qui n’aurait pu être qu’un très regrettable fait divers s’est transformé en affaire politique par la faute d’un seul homme : Emmanuel Macron. Le président de la République s’est cru au-dessus des lois. Ce qui vaut pour le commun des mortels ne vaut pas pour Jupiter et ses affidés. Un policier mis en cause pour des faits équivalents serait promis à la rétrogradation voire à la révocation. A l’Elysée, le fautif se voit gratifier d’une promotion et d’un appartement de fonction au terme de seulement 15 jours de mise à pied ; ou plutôt de vacances puisqu’il a perçu l’intégralité de son salaire durant cette période. Inutile d’aller jusqu’à parler de scandale d’Etat pour être profondément choqué par un tel traitement.

Mais quittons un peu les affres de l’actualité. Projetons-nous un instant vers les mois qui viennent. Les réformes les plus difficiles restent à accomplir : retraites et réduction des dépenses publiques en tête. Le gouvernement va exiger des efforts importants de la part des Français, y compris les plus modestes. En aura-t-il seulement la légitimité ? Comment peut-on exiger du plus grand nombre ce que l’on n’est pas capable de s’imposer au sommet de l’Etat ? Cette affaire est en cela une véritable bombe à fragmentation. Elle promet d’affaiblir durablement le pouvoir exécutif.

Mais le scandale Benalla peut aussi avoir une vertu, et ce serait bien la seule : empêcher le gouvernement d’aller au bout de la révision constitutionnelle qu’il a préparée. Affaiblir le Parlement au moment où ses pouvoirs de contrôle n’ont jamais été aussi utiles, comme en atteste les travaux des commissions d’enquête, serait une erreur grave et dangereuse.

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