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Quoique l’on dise ou que l’on propose, on a forcément tort. La majorité refuse d’admettre que la vérité des urnes ne vaut pas vérité universelle. La journée d’hier fut révélatrice du mépris dans lequel les députés majoritaires tiennent l’opposition. Mon groupe a défendu 4 textes inspirés par le bon sens, dont la résolution que j’ai déposée visant à créer une commission d’enquête contre les groupuscules violents (cf. vidéos ci-après). Chacun de ces 4 textes a connu le même sort : rejet pur et simple. Parfois sans que le débat puisse même se tenir jusqu’à son terme. La majorité use des motions de rejet (procédures qui bloquent l’examen du texte avant que les articles soient discutés) comme d’un vrai droit de veto. Le débat parlementaire est tué dans l’œuf. Et qu’importe l’objet du texte présenté ou l’intention de son auteur.

Ma proposition de résolution était dépourvue de toute ambition polémique. Je l’ai dit et répété. Son unique but était d’étudier les moyens d’éradiquer ces groupuscules qui, à chaque manifestation, mettent à sac nos quartiers et s’en prennent aux forces de l’ordre. Et rien d’autre.
Sur quel motif valable peut-on s’opposer à une telle initiative ? Aucun. Et comme les refus de principe sont toujours difficiles à justifier, les députés de la majorité ont dû convoquer contre moi des arrière-pensées politiciennes que ne j’ai jamais eues. Au-lieu de débattre du fond de ma proposition, le débat s’est déporté sur mon prétendu désir de déstabiliser le gouvernement et mes intentions cachées. Si bien cachées, d’ailleurs, que les députés de la majorité sont les seuls à les avoir vues. Tous les groupes de l’opposition (sauf la France Insoumise) ont soutenu ma proposition sans équivoque.

Cet épisode s’inscrit dans un mouvement plus général, et autrement plus inquiétant : l’affaiblissement du Parlement. La révision constitutionnelle qu’envisage Emmanuel Macron se pare des vertus du nouveau monde : efficacité, responsabilité, modernité, mais emprunte pourtant le chemin cabossé de l’antiparlementarisme. Tout est bon pour limiter les prérogatives de ce vieux Parlement qui colle si mal avec l’image tant convoitée de la « startup nation ». Mais là encore, le pouvoir fait fausse route. Le régime parfait n’existe pas. « La démocratie est le pire des régimes, à l’exception de tous les autres », disait Winston Churchill. La démocratie exige de ses dirigeants une concession majeure : le débat. Et donc du temps. Mais surtout du respect.

 

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