Suivez-moi sur Twitter
Recevez la newsletter

« Tout ce qui est excessif est insignifiant », écrivait Talleyrand. Insignifiant peut-être, révélateur surement. Le refus de l’Italie d’accueillir les 629 passagers de l’Aquarius a été accueilli par une salve d’injures du Président de la République. Un excès de langage qu’il faut mettre sur le compte de son embarras : ce que Macron l’humaniste dit, Macron le Président le contredit. La France n’est pas davantage que l’Italie résolue à accueillir des migrants par milliers ; et c’est d’ailleurs mieux ainsi.

S’il existe une forme de « cynisme », elle serait plutôt à rechercher de ce côté-ci des Alpes. En réalité, rien ne distingue notre politique à l’égard de ces naufragés de celle que prône l’Italie ; hormis peut-être dans le choix des mots. Emmanuel Macron dénonce « l’irresponsabilité » du gouvernement transalpin mais, à cette heure, l’Aquarius navigue vers l’Espagne et non la France ; et c’est d’ailleurs mieux ainsi.

Cette affaire met cruellement en lumière les paradoxes du Président. Paradoxe entre la fermeté défendue aujourd’hui – et qu’il faut saluer ! – et les élans de générosité de sa campagne. Paradoxe encore entre ses appels à une Union Européenne plus ouverte et la fermeture à double-tour de notre frontière avec l’Italie. Paradoxe toujours entre ses plaidoyers pour l’unité de l’Europe et son réquisitoire intempestif contre un de ses membres fondateurs et plus proche allié.

La crise migratoire fracture le continent de part en part, et jusqu’en son cœur (la coalition allemande est au bord de la rupture). Il n’y a pas d’autre enjeu plus important pour l’Europe aujourd’hui que celui-là. Et pourtant, la France et l’Allemagne sont comme pétrifiées, prises en tenaille par leurs contradictions et incapables d’assumer un leadership. L’arrogance d’Emmanuel Macron vis-à-vis de l’Italie ne va certainement pas arranger les choses.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *