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Les vents tièdes de la croissance ont tendance à nous faire prendre une embellie pour un été sans nuage. La Cour des Comptes vient de dresser un bilan éclairant de l’année budgétaire 2017. Eclairant à deux titres.

D’abord en ce qu’elle confirme l’effarante dérive du quinquennat de François Hollande. A la façon d’un vulgaire voleur de voitures, le pouvoir socialiste a maquillé les comptes de la Nation pour couvrir des hausses somptuaires de crédits destinées, on l’imagine, à préserver ses chances pour l’élection présidentielle ; avec le succès éclatant que l’on sait. Celui – patron ou indépendant – qui s’essaierait à ce type de bricolage comptable encourrait à coup sûr de très lourdes peines. Mais au sommet de l’Etat, l’impunité la plus absolue règne toujours. Emmanuel Macron, qui réfléchit actuellement à l’avenir de nos institutions, serait bien inspiré de consacrer un volet de sa réforme à la responsabilité des dirigeants, qu’ils soient haut-fonctionnaires, ministres ou même président, qui, non contents de creuser les déficits, faussent la sincérité des comptes publics.

L’autre enseignement du rapport, c’est que le gouvernement macroniste a dû sabrer dans les dépenses pour éviter la banqueroute. Il l’a fait de façon parfois brutale (baisse des APL), souvent inappropriée (coupes claires dans le budget des armées), mais il est parvenu à maintenir le navire à flots. Cependant, une fois l’opération de sauvetage terminée, les juges de la Rue Cambon notent que la dépense publique est immédiatement repartie de plus belle ! Et que l’équilibre tout relatif de nos déficits (parmi les plus élevés de la zone euro) repose exclusivement sur des rentrées fiscales en plein boom, et en aucune manière sur une baisse de la dépense.

La croissance remplit les caisses du Trésor, mais le gouvernement s’emploie à les vider à un rythme frénétique. Il ne met absolument pas à profit le bol d’air économique dont il bénéficie pour réformer le train de vie de l’Etat (qui pèse 57% du PIB). Et, par conséquence, il s’expose à de terribles déconvenues si la conjoncture internationale venait à se retourner. Un retournement que certains annoncent déjà en raison, notamment, de la hausse des taux d’intérêt (qui alourdirait considérablement le prix de la dette publique) et de l’incertitude que la politique commerciale américaine fait peser sur l’économie mondiale.

« La cigale, ayant chanté Tout l’Été, / Se trouva fort dépourvue / Quand la bise fut venue », écrivait La Fontaine. L’été est là, mais l’hiver n’est jamais loin.

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