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Deux sujets ont dominé la semaine : la grève et la réforme constitutionnelle.

Grève : Quitte à subir une grève dure autant que ça en vaille la peine ! La réforme de la SNCF ne va pas au bout des choses. Un agent de la SNCF embauché actuellement l’est au statut de cheminot. Un statut qui ne s’éteindra donc qu’en… 2058. Au mieux ! Idem pour un certain nombre de privilèges qui demeureront, comme la gratuité des transports pour les familles. Le gouvernement n’a pas non plus osé ouvrir le dossier des retraites – départ à 52 ans pour les agents de conduite et à 57 ans pour les agents dits sédentaires – qu’il a renvoyé à la réforme de l’ensemble des régimes en 2019. On sait déjà à quoi s’attendre pour l’année prochaine… « La grève aurait été encore plus dure », nous rétorque-t-on au gouvernement. On en doute : comment pourrait-elle l’être plus qu’aujourd’hui ?

Réforme constitutionnelle : Que retient-on des annonces du Premier ministre ? 30% de parlementaires en moins et 15% des députés élus au scrutin proportionnel. Une 1ère remarque : toujours se méfier des chiffres ronds. La carte électorale n’est pas une abstraction technocratique, mais le résultat d’un équilibre démographique et territoriale. Le gouvernement nous dit : désormais, il y aura 404 députés, dont 60 élus à la proportionnelle. On sort les ciseaux et on découpe 344 circonscriptions de 200 000 habitants. 200 000 habitants à Paris, c’est le 18e arrondissement ; en Moselle, ce sont 400 communes et 2 heures de voiture pour traverser la circonscription d’un bout à l’autre. Je ne suis pas contre la baisse des parlementaires, mais pas de cette manière, pas au mépris des territoires, et notamment les plus reculés. Idem pour la proportionnelle. Le gouvernement tente de nous rassurer : 15%, ça ne change rien aux équilibres institutionnels. Alors pourquoi introduire dans la loi électorale un élément d’instabilité, fût-il infime, et à plus forte raison lorsque les partis (FN, Modem, France Insoumise) censés en bénéficier critiquent la mesure ?

Emmanuel Macron commet une erreur en tentant d’affaiblir le pouvoir législatif. C’est lorsque le Parlement est fort que le détenteur du pouvoir exécutif est fort. C’est même ce qui fait de la démocratie un régime tout à fait unique. Et ô combien précieux.

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