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Retour sur deux sujets qui ont occupé, cette semaine, le devant de la scène politique et parlementaire : la grève des fonctionnaires et des cheminots, ainsi que l’avenir du quotient familial.

La grève des cheminots et des fonctionnaires. D’un côté, 25 millions de salariés contraints de s’adapter aux règles et aux évolutions du marché et de l’autre, 5,7 millions de fonctionnaires et 150 000 cheminots pour qui rien ne devrait jamais changer. Une société à deux vitesses : voilà ce qu’hier des syndicats archaïques et ultra-minoritaires (que je ne confonds pas avec l’écrasante majorité des fonctionnaires et salariés de la SNCF) ont défendu dans la rue. Et voilà précisément ce que les Français ne supportent plus. Qu’est-ce qui justifie aujourd’hui qu’en matière de retraite, un euro cotisé dans le privé rapporte moins qu’un euro cotisé dans le public ? Qu’est-ce qui justifie qu’un employé du public bénéficie de 42 jours de congés annuels quand un salarié du privé n’en a « que » 29 ? Qu’est-ce qui justifie que l’avancement dans la carrière se fasse à l’ancienneté dans le public quand le seul critère qui prévaut dans le privé est la performance ? Aucun pacte social ne peut durer éternellement dans un système qui génère de telles disparités. Et moins encore lorsque la faillite le guette : la dette de la France dépasse 2200 milliards d’euros et celle de la SNCF culmine à 54,5 milliards. Défendre le statut quo n’est pas seulement irresponsable, mais contraire à l’esprit même du service public qui est d’agir dans l’intérêt du pays.

Quotient familial. Sigmund Freud aurait parlé d’un acte manqué. Le gouvernement a dû faire machine arrière après que la publication d’un rapport a donné à croire qu’il envisageait la suppression du quotient familial. Le porte-parole de l’exécutif a eu beau protester du contraire, le doute est permis. Et pour cause : en continuateur de François Hollande, Emmanuel Macron poursuit l’affaiblissement des politiques familiales et de leur principe directeur, l’universalité. A l’instar de son prédécesseur qui a modulé les allocations en fonction des revenus des foyers, l’actuel président de la République est tenté de considérer les aides aux familles (59 milliards d’euros par an, soit 3% du PIB) non plus pour ce qu’elles ont toujours été : un dispositif de soutien à la natalité, mais comme un mécanisme de redistribution. Bien sûr, rien n’interdit de soutenir plus activement les familles modestes (à travers les aides sous conditions de ressources de la CAF, notamment), mais il est essentiel de préserver – sinon de rétablir – l’universalité des allocations et d’augmenter le quotient familial. Renouer, en somme, avec une politique nataliste qui irrigue toute la société. Sans quoi rien n’altérera la préoccupante érosion de notre natalité

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