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La colère des retraités et la réforme de la SNCF sont les sujets qui ont dominé la semaine, et sur lesquels je veux vous apporter mon éclairage.

Colère des retraités : A entendre le président de la République les retraités seraient des privilégiés, les enfants bénis des trente-glorieuses, du plein emploi, de la croissance et des conquêtes sociales. Vu de loin, on serait tenté de lui donner raison : à leur entrée dans la vie active, les baby-boomers ne connaissaient pas le chômage de masse, le coût de la vie était incomparablement plus faible et les acquis sociaux se multipliaient plus vite que les pains évangéliques. Pour autant, tenir les retraités pour comptables des difficultés que rencontrent les actifs n’a pas de sens. Ils ont pour la plupart effectué le gros de leur carrière dans un contexte social et économique dégradé (la France flirte régulièrement avec les 10% de chômeurs depuis plus de 30 ans) et ils contribuent beaucoup plus que ne l’imagine le gouvernement à la solidarité entre les générations. Vers qui se tourne un jeune ménage qui peine à payer son loyer ou à faire garder les enfants, sinon les parents et les grands-parents ? Affaiblir le pouvoir d’achat des non-actifs pour favoriser celui des actifs est une erreur considérable. D’abord parce que les retraités, à la différence des actifs, n’ont désormais plus aucune chance de voir leurs revenus augmenter. Ensuite parce qu’il est possible de faire progresser les salaires autrement que par des artifices comptables, et chacun sait comment : en baissant massivement les charges qui pèsent sur les entreprises, ou encore en rétablissant la défiscalisation des heures supplémentaires. Enfin parce qu’avec 1200 euros de pension (seuil à partir duquel s’applique la hausse de la CSG) au terme d’une carrière complète, on ne mérite pas les leçons de solidarité du gouvernement…

Réforme de la SNCF : Le statut des cheminots, bientôt centenaire, est presque aussi vieux que les méthodes dont vont user les syndicats pour défendre leurs droits acquis. Les usagers vont être confrontés à une forme de grève perlée (2 jours sur 5) qui va s’étendre indéfiniment dans le temps (du 3 avril au 28 juin). Et le pire dans cette affaire, c’est que la réforme que propose le gouvernement n’a rien d’un chamboule-tout : la suppression du « statut » ne vaut que pour les nouveaux salariés, et certains privilèges, comme la gratuité des billets (qui coûte 100 millions d’euros par an à la SNCF), seront maintenus. Une nouvelle manifestation de l’archaïsme du syndicalisme en France… Mais aussi d’une forme de naïveté de la part du gouvernement. Vouloir réformer par ordonnance sur un dossier qui ne figurait pas dans le programme présidentiel d’Emmanuel Macron est une erreur que n’a pas manqué d’exploiter ses opposants. A peine les négociations ont-elles débuté que les syndicats affichent déjà une ligne extrêmement dure. Le temps gagné au Parlement n’est rien à côté de celui qui risque d’être perdu dans la rue…

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