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Le 100ème congrès des maires de France s’est ouvert dans un climat plombé. La défiance entre le président de la République et les maires est à son paroxysme ; et ce ne sont pas les 14 ministres dépêchés sur place en fanfare qui calmeront les esprits. Depuis son arrivée à l’Elysée, Emmanuel Macron traite les collectivités avec un mépris qui en dit loin sur sa méconnaissance des territoires.

Des territoires à qui l’on demande d’assumer toujours plus (et notamment en matière de prestations sociales : RSA, APA, etc.) et à qui l’on impose toujours plus d’efforts : 13 milliards de baisse des dotations en 5 ans (en plus des 10 milliards déjà consentis sous François Hollande), surgel des crédits pour la ruralité et la politique de la ville, réduction drastique du financement des emplois aidés et, ce n’est pas le moindre, suppression de la taxe d’habitation pour 80% des ménages. Des efforts, et c’est là tout le paradoxe, que l’Etat est parfaitement incapable de s’imposer à lui-même ; n’oublions pas que le déficit public se creusera de 83 milliards d’euros supplémentaires en 2018 (+7,3 milliards par rapport à 2017).

Mais outre le manque-à-gagner pour les communes, il s’agit en réalité d’une atteinte caractérisée au principe constitutionnel de libre administration des collectivités ; puisqu’une partie substantielle de leurs recettes budgétaires, dont dépend la capacité des élus locaux à mener les politiques pour lesquelles ils ont été choisis, sera désormais aux mains de l’Etat. Ce nouveau jacobinisme est un contresens historique absolu. Les territoires jouent, dans un monde de plus en plus global, un rôle capital pour atténuer les inégalités et tenter d’attirer à eux les opportunités de développement. Affaiblir l’échelon local dans un contexte où les fractures territoriales vont en s’aggravant ne peut conduire qu’à la catastrophe.

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