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Jamais personne ne reprochera au gouvernement de faire ce pour quoi il a été nommé. Mais si la détermination est une chose appréciable, l’obstination l’est nettement moins. Nos institutions sont ainsi faites que l’offre politique du gouvernement peut être améliorée et enrichie : c’est le rôle des députés qui, par leur expérience et leur connaissance du terrain, portent sur les réformes conçues dans les ministères un œil neuf et concret. Cette majorité semble parfaitement l’ignorer. La semaine qui vient de s’écouler en a apporté l’illustration de diverses manières.
Sur le budget 2018, la même règle d’airain s’applique depuis le début de la législature : ce que le gouvernement veut, le Parlement l’exécute. On sent pourtant au sein de la majorité de vraies tensions sur des sujets comme la suppression de l’ISF ou la création d’une flat tax. Elles sont tues. Ou plutôt anesthésiées par une discipline de groupe sans équivalent sous la Vème République (un député LREM ne peut déposer ni amendement ni question écrite sans l’aval de son président de groupe). Comment de temps cela va-t-il durer ainsi ?
Mais une majorité aphone ne porte pas seulement préjudice au débat parlementaire, elle nuit également à la représentation des territoires. Emmanuel Macron entend proposer – ou vaudrait-il mieux dire imposer – un « pacte girondin » aux collectivités. Une belle formule qui se résume d’un chiffre : 13 milliards d’économies. Un régime sec que les collectivités ne sont pas en capacité de supporter. Elles ont déjà assumé l’essentiel des efforts budgétaires réalisés au cours des dernières années et voient l’Etat imposer ce qu’il n’est pas capable de s’appliquer à lui-même (en 2018, le déficit public progressera de 83 milliards d’euros). Et là encore, on s’étonne de ne pas entendre les députés de la majorité relayer l’inquiétude des maires et des présidents de collectivité. Mais pour bon nombre d’entre eux, élus pour la 1ère fois en juin dernier, les politiques locales sont un continent inexploré.
Qu’elle soit cadenassée au Parlement ou coupée des réalités sur le terrain, la majorité LREM ne parvient pas à remplir son rôle institutionnel. Il en ressort un débat parlementaire à sens unique et une fracture grandissante entre le pouvoir central et les territoires.

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