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A la veille du grand raout budgétaire, chaque camp affûte ses arguments. A gauche, la ligne de combat est toute trouvée : attaquer un budget pour les riches. A droite, à en croire certains observateurs, nous devrions marcher sur des œufs : après tout, le gouvernement ne mène-t-il pas la politique que nous aurions rêvé de mettre en œuvre ? Au risque de les décevoir, la réponse est non.

On se souvient que, lors de sa déclaration de politique générale, Edouard Philippe avait renvoyé à plus tard certaines promesses-phares du candidat Macron (exonération de la taxe d’habitation, surpression de l’ISF sur les valeurs mobilières), au motif qu’avec « 2147 milliards de dettes, nous dansons sur un volcan qui gronde de plus en plus fort ». Une semaine et un début de grogne plus tard, l’Elysée apportait un démenti cinglant à Matignon : « nous ferons tout, tout de suite ». Il en ressort un budget très déséquilibré et qui n’atteint pas ses objectifs, dont le 1er est la réduction de la dépense publique (+83 milliards l’an prochain).

L’exécutif joue à opposer les catégories de contribuables. Et à « qui perd gagne », ceux sont toujours les mêmes qui perdent. Sur l’ISF, au mépris de la règle selon laquelle plus vous êtes riche et moins la part de l’immobilier pèse dans votre patrimoine, le gouvernement exonère la détention de valeurs mobilières. Les catégories moyennes supérieures, et notamment celles dont le prix de la résidence principale a flambé au cours des dernières années (et qui, par définition, n’en tirent aucun avantage pécuniaire au quotidien), sont en 1ère ligne. Les voilà non seulement considérés comme nantis, mais désormais les derniers contribuables à acquitter un impôt sur la fortune en Europe. Triste privilège. Et on peut poursuivre avec la hausse de la CSG : le gouvernement se félicite d’épargner les 40% de retraités les moins riches ; la richesse commençant à partir de… 1200 euros par mois. Ou encore avec la flat tax (au demeurant utile) : les produits les plus convoités par les épargnants, et jusqu’alors assez protégés de l’insatiable appétit de Bercy (PEL, livret A), se trouvent plus lourdement taxés ; et une fois encore au détriment des mêmes.

Ce budget, malgré de réelles avancées en termes de baisse du coût du travail, par exemple, ne déroge pas à la déplorable tradition française qui consiste à faire porter l’essentiel des efforts sur la frange de la société la plus laborieuse, autrement dit les classes moyenne et moyenne supérieure.

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