Suivez-moi sur Twitter
Recevez la newsletter

Chaque nouvel attentat donne lieu au même débat : faut-il ou non que les médias divulguent le nom et les photographies du terroriste impliqué ? N’existe-t-il pas un risque d’octroyer à l’assassin une gloire posthume auprès de personnes radicalisées et en quête de modèles ? Importe-t-il vraiment au public de connaître l’identité complète et le visage d’un individu que ses actes ont déjà mis hors de la communauté des hommes ? N’y a-t-il pas une inacceptable distorsion entre la surexposition médiatique dont il bénéficie et l’anonymat où demeurent le plus souvent ses victimes ?

Les médias se sont déjà posées en conscience ces questions. Ils ont parfaitement compris de quelle manière ils pouvaient être instrumentalisés. Comment dès lors concilier des impératifs d’apparence contradictoire : le droit à l’information et la sécurité publique ? A la demande du Parlement, le CSA a édicté, en juillet 2016, un code de bonne conduite qui préconise « une vigilance particulière dans le traitement des sujets relatifs à la personnalité ou au parcours des auteurs de ces actes ». Des recommandations sans nul doute utiles mais trop imprécises pour susciter une pratique unique et constante au sein des médias français.

J’ai déposé une proposition de loi qui vise à clarifier les choses. Elle suggère un principe simple : interdire la diffusion du nom de famille (ce qui n’empêche pas la divulgation du prénom ou des initiales) et/ou des photographies des personnes poursuivies pour un acte de terrorisme ou ayant été jugées coupables d’un acte de terrorisme. Une restriction, comme il en existe d’autres dans la loi (par exemple, le nom d’un enfant suicidé ou l’image d’une personne menottée), qui n’entrave pas le travail d’investigation des journalistes, mais limite les risques de glorification et de mimétisme. Les crimes perpétrés portent déjà une signature : Daech et Al-Qaïda, il n’est pas utile de leur octroyer une identité supplémentaire.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *