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Que retenir de ces dernières semaines ? D’abord que l’indéniable engouement qu’a réussi à susciter Emmanuel Macron a fait long feu. Et je ne le dis pas pour m’en réjouir. Les montagnes russes de popularité où se trouve balloté le président de la République disent beaucoup de notre époque. On adhère aussi vite et fort – jusqu’à l’aveuglement parfois ! – que l’on rejette subitement et brutalement. Tout ceci ne participe pas à rendre plus gouvernable ce pays déjà réputé pour ne pas l’être.

A mes yeux, la raison de ce soudain désamour est simple : l’image qu’a projetée Emmanuel Macron pendant sa campagne est aux antipodes de la politique qu’il mène actuellement. Les Français n’ont pas congédié le « vieux monde politique » pour le voir resurgir sous les traits du nouveau président. Que constatent-t-ils pourtant ? Que le pouvoir s’est mué en comptable qui dissémine ici et là ses coups de rabot. L’affaire des APL est symptomatique. Tous les experts le reconnaissent : l’aide au logement participe au renchérissement des loyers. Le système, qui engloutit chaque année 40 milliards d’euros (par comparaison, le budget de la Défense s’élève à 32 milliards), accentue les difficultés qu’il est censé résoudre. Réformer de fond en comble la politique du logement est donc une priorité. Au-lieu de quoi, le gouvernement opte pour une mesure insignifiante sur le plan budgétaire et parfaitement injuste sur le plan social. Où sont la nouveauté et l’audace ?

Il en va de même au sujet de la moralisation de la vie publique. Les députés et les sénateurs endossent presqu’à eux seuls la responsabilité de toutes les dérives du système. Les syndicats ? pas un mot. Les hauts-fonctionnaires ? rien. Les ministres ? si peu. Et pour couronner le tout, le gouvernement supprime la réserve parlementaire qui finance la vie associative, au nom de la lutte contre le clientélisme. Les associations bénéficiaires apprécieront… Et que dira-t-on aux plus démunis qui bénéficient de la Soupe de la Solidarité, servie l’hiver à la mairie du 17e, et financée en partie par ce fonds parlementaire ?

Plus globalement, le gouvernement n’a engagé aucune des réformes susceptibles de sortir le pays de l’ornière où il se trouve. Un 1er pas a bien été fait en matière de modification du code du travail, mais qui doit encore être confirmé. Pour le reste, il faut attendre 2018 comme si la France pouvait se permettre d’attendre encore. Il va falloir d’urgence que le gouvernement sorte d’une vision purement comptable et qu’il engage les réformes indispensables au redressement du pays. Ce sera l’enjeu prioritaire de la rentrée.

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