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La semaine a été consacrée à l’examen du projet de loi pour la confiance dans la vie publique. Une ambition très élevée que ni le contenu du texte, ni encore moins la discussion parlementaire n’ont permis d’atteindre.

Sur le fond, le projet ne vise rien d’autre qu’à répondre aux événements extrapolitiques qui ont émaillé la campagne présidentielle. Un texte de circonstances qui laisse de côté des sujets essentiels, comme les allers-retours des hauts fonctionnaires dans le secteur privé ou la question de l’inflation délirante des candidatures aux législatives. Sur ce point qui nuit très clairement à la qualité du débat démocratique dans notre pays, j’ai déposé un amendement visant à rehausser les seuils d’accès au financement public qui constitue, pour nombre de candidats et leurs partis, l’unique motivation. L’amendement a été rejeté au motif qu’à l’occasion de la modification de la Constitution prévue à l’automne, les élections législatives vont connaître des changements profonds, dont le principal sera l’introduction d’une dose de proportionnelle. Un argument dénué de sens : chacun sait que ce mode de scrutin encourage la multiplication des candidats… Autre déception : le rejet de mon amendement visant à interdire la candidature à une élection à toute personne disposant d’un casier judiciaire. Quel moyen plus efficace, pourtant, de s’attaquer à la racine du mal ? Et quel message plus clair adressé aux Français qui désirent, à juste titre, choisir leurs élus parmi des personnalités irréprochables ? Le gouvernement s’y est opposé au motif que le dispositif contreviendrait à la loi fondamentale. Un argument, là encore, très largement discutable…

 

Sur la forme enfin, les débats ont souvent tourné à la cacophonie, quand ce n’est pas à la foire d’empoignes, comme au beau milieu de la nuit passée où la confusion la plus complète a régné de longs moments. Des errances dues pour l’essentiel à la méconnaissance de la procédure législative de ceux qui dirigent et animent la séance. Nul ne peut bien sûr faire le reproche à de parfaits novices en politique de ne pas maîtriser les subtilités du règlement de l’Assemblée, mais pourquoi alors les avoir parachutés aux postes les plus sensibles ? Et pourquoi les laisser ainsi livrés à eux-mêmes ? Le président de l’Assemblée, le secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement et le président du groupe En Marche ! brillent surtout par leur absence.

Au mépris des usages républicains les mieux respectés, les députés macronistes se sont emparés de tous les postes de responsabilités, et ils voudraient maintenant que nous fassions preuve de tolérance et de compréhension à leur égard. Ils comprennent, mais un peu tard, que le respect du pluralisme n’est pas seulement une tradition bien ancrée, mais aussi et surtout une condition essentielle au bon fonctionnement des débats du Parlement. Le nouveau monde a encore beaucoup à apprendre de l’ancien.

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