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C’est à se demander si Emmanuel Macron ne fait pas un complexe d’autorité vis-à-vis du général Pierre de Villiers. Le chef d’état-major des armées (CEMA) a eu l’heur de juger « non tenables » les économies imposées (850 millions d’euros sur un budget total de 32 milliards) à nos armées dans le huis clos de la commission de la défense de l’Assemblée nationale. Il n’a fait que répondre aux députés dans le cadre du contrôle qu’ils exercent sur l’action du gouvernement, et n’a donc commis aucune faute qui puisse lui être reprochée. Il n’en fallait pourtant pas plus pour provoquer l’ire du président de la République qui s’est permis de le recadrer devant un parterre de hauts-gradés, avant d’affirmer d’une formule aussi déplacée qu’insultante : « je suis votre chef ! ». Mais pour beaucoup les mots d’Emmanuel Macron ont résonné comme un aveu de faiblesse, et non comme la marque d’une quelconque autorité.

Pierre de Villiers est un officier général estimé et respecté. Certes, sa liberté de parole détonne parfois – François Hollande a pu en faire l’expérience -, mais il l’a toujours mise au service de l’intérêt général. L’honneur d’un dirigeant est d’entendre ce que ses subordonnées lui disent, et non de chercher à imposer ses vues à tout prix. Surtout lorsque les enjeux sont de cette nature. Le CEMA est aujourd’hui sur la sellette. D’aucuns disent qu’il pourrait démissionner ; ce qui constituerait un précédent inédit, qui plus est dans le contexte sécuritaire que nous connaissons.

Emmanuel Macron crée de l’instabilité et de la division là où précisément il faut de la constance et de la confiance. Ce n’est pas le sort d’un homme qui est en cause ici, mais celui des milliers d’hommes qui, en France et à l’étranger, se battent pour notre liberté. La Constitution place le président de la République au sommet de la hiérarchie militaire. Mais ce que le droit édicte, l’exemple et l’action doivent le prouver. Ce n’est pas le cas ici.

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